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Tchad

Quatre militaires tués par Boko Haram dans l'Ouest

Des soldats camerounais patrouillent le Lac Tchad le 1er mars 2013.

Le groupe jihadiste Boko Haram a tué quatre militaires de l'armée tchadienne lors d'une attaque menée lundi contre un poste récemment établi sur les rives du lac Tchad (Ouest), a appris l'AFP lundi auprès de l'armée et de l'administration.

"Nous avons tué 13 éléments de Boko Haram et nous déplorons la mort de quatre militaires et trois blessés" après une attaque survenue vers une heure du matin, a déclaré à l'AFP une source militaire. Ce bilan a été confirmé à l'AFP par le gouverneur de la province du lac Tchad, Nouki Charfadine.

Autour du lac Tchad, où se rejoignent le Tchad, le Niger, le Nigeria et le Cameroun, Boko Haram maintient des camps d'entraînement et multiplie enlèvements et attaques.

"Nous avions créé ce poste militaire, entre (la localité de) Ngouboua et (le village de) Bagassoula après l'enlèvement" d'un médecin, d'un infirmier et de leur chauffeur dans cette zone le 31 octobre, a précisé le gouverneur.

Outre ces enlèvements, cinq villageois avaient été tués mi-novembre.

Début septembre, Boko Haram avait tué sept personnes en une semaine, quatre civils et trois militaires, dans cette province.

Le 14 août, une kamikaze de Boko Haram, selon l'armée, avait tué six personnes en faisant exploser sa veste piégée dans la cour d'un chef traditionnel de la province.

Depuis 2015, les pays de la région luttent contre ces jihadistes au sein de la Force multinationale mixte (FMM), une coalition militaire régionale engagée autour du lac Tchad avec l'aide de comités de vigilance composés d'habitants.

Un ancien Premier ministre interpellé après une plainte pour escroquerie

Kalzeubé Pahimi Deubet, ministre d'Etat et secrétaire générale de la présidence à N'Djamena, le 27 octobre 2018. (VOA/ André Kodmadjingar)

L'ancien Premier ministre du Tchad, Kalzeubé Pahimi Deubet, actuellement ministre d'Etat, a été interpellé dimanche matin par la police judiciaire à N'Djamena, a annoncé le porte-parole de la police tchadienne, le colonel Paul Manga.

"Le ministre d'Etat a été interpellé pour être entendu à la suite d'une plainte de l'inspection générale d'Etat pour escroquerie", a-t-il dit à l'AFP.

"Il est toujours dans les locaux de la police judiciaire, alors que son audition est terminée", a précisé le porte-parole vers 21H00 (20H00 GMT).

Kalzeubé Pahimi Deubet est actuellement secrétaire général de la présidence, où il est chargé de coordonner l'action gouvernementale. Il a été Premier ministre entre 2013 et 2016, et plusieurs fois ministres.

Immense pays s'étendant de l'Afrique centrale à la bande sahélo-saharienne, le Tchad est dirigé par le président Idriss Déby Itno depuis 1990.

Avec AFP

Les victimes de Hissène Habré revendiquent leurs indemnisations

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Premières Assises d'architecture à N'Djamena

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Les victimes d'Hissène Habré manifestent pour exiger leurs indemnisations

Marche pacifique des victimes d'Hissène Habré dans la rue de N'Djamena, Tchad, le 19 novembre 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Une marche pacifique des victimes de l’ancien président Hissène Habré a été organisée lundi à N’Djamena. Après huit mois de sit-in, les victimes ont décidé de protester dans la rue pour l’exécutif de la décision de justice en leur faveur. Elles ont été dispersées par la police.

Prévue pour une distance de plus de 2 kilomètres sur l’avenue principale de la ville de N’Djamena, la marche des victimes de l’ancien dictateur tchadien Hissène Habré pour exiger du gouvernement leur indemnisation a très vite tourné à l’émeute.

Marche pacifique des victimes de l’ancien président Hissène Habré
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Ces victimes, brandissent des banderoles et pancartes sur lesquelles on peut lire entre autres "Nous, victimes du régime d’Hissène Habré​, revendiquons notre indemnisation... Payez impérativement notre argent, ne continuez pas à nous tuer". A quelques mètres du point de départ, et la police surgit et tente de convaincre les manifestants de renoncer à la marche. Mais la tension était vive.

Les victimes s’entêtent et avancent progressivement vers le centre-ville, notamment l’hôtel de ville, choisi comme point de chute de cette manifestation pacifique. Le renfort de la police arrive et stoppe le cortège devant deux grands lycées de la capitale.

Quelques élèves et des badauds entrent dans la danse et les deux voies sont bloquées. La police fait usage de gaz lacrymogène. Colère et indignation des victimes. Elles déclarent : "Les victimes d’Hissène Habré​ deviennent les victimes d’Idriss Déby. Et c’est exactement ce que Hissène Habréa dit. Il dit qu’il a laissé une paire de sa chaussure ici au Tchad. Voilà l’exemple qui est là devant vous".

Ces victimes insistent :"nous sommes pacifiques mais c’est la police elle-même qui a créé cette situation", déplore une autre victime.

Les victimes d'Hissein Habré face à lacrymogène de la police nationale à N'Djamena, Tchad, le 19 novembre 2019. (VOA/André Kodmadjingar)
Les victimes d'Hissein Habré face à lacrymogène de la police nationale à N'Djamena, Tchad, le 19 novembre 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Repliées dans leur quartier général, l’émotion est à son comble. Les femmes âgées qui aspirent le gaz lacrymogène, respirent à peine. Le président de l’association des victimes des crimes du régime d’Hissène Habré. Clément Ndokot Abaifouta, qualifie d’inhumain, l’acte perpétré contre ces personnes de troisième âges.

Pour lui, "si les gens qui manifestent pacifiquement les mains sur la tête, réclamant leur droit, on peut les violenter jusqu’à ce que nous ayons dans nos rangs 5 personnes qui sont alitées, je crois que c’est de l’horreur. Ces gens qui tirent des grenades, sur les pauvres victimes seront traqués en justice", averti M. Clément.

Il interpelle le président de la République qui dit qu’il est victime lui aussi, de s’investir pour que les victimes aient leurs droit immédiatement et sans délai.

Pour rappel, au-delà de la condamnation à des travaux forcés allant de 5 à 20 ans pour les uns et la perpétuité pour d’autres, les 20 ex-agents de la DDS doivent également payer à ces victimes, une somme de 75 milliards de FCFA à titre de dommages et intérêts.

L’Etat tchadien est civilement responsable et doit s’exécuter à hauteur de 50%. Le ministre de la Justice, garde des Sceaux, chargé des droits humains se veut rassurant.

Djimet Arabi d’indiquer que "le gouvernement est conscient de la situation de ces victimes et toutes les dispositions sont en train d’être prise pour que ces victimes soient satisfaites le plus rapidement possible. Pour le ministre, la volonté politique est claire et que l’ensemble des Tchadiens doivent compatir avec les victimes qui ont souffert dans leur corps et dans leur sang sous le régime d’Hissein Habré. Ça fait 40.000 morts donc ça doit concerner tout le monde selon le garde des Sceaux".

Les victimes quant à elles, trouvent que cette sortie est une victoire et n’entendent pas baisser les bras.

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