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Wade à Dakar en adversaire résolu de la présidentielle

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Le retour de Wade à Dakar après un appel au boycott du scrutin

Abdoulaye Wade (à droite), alors président sénégalais, recevait le chef militaire mauritanien Ely Mohamed Ould Vall, à l'aéroport de Dakar, le 6 mars 2006.

L'ex-président Abdoulaye Wade est arrivé jeudi au Sénégal, où son appel à empêcher l'élection présidentielle du 24 février, "verrouillée", selon lui, pour assurer la reconduction de son successeur Macky Sall, rencontrait peu d'écho.

L'ancien chef de l'Etat (2000-2012), qui réside en France, est arrivé dans l'après-midi à bord d'un jet privé après deux ans d'absence, vêtu d'un boubou bleu et d'un châle blanc et coiffé d'un bonnet rouge.

Dans une vidéo diffusée mardi, il a appelé la population à s'"opposer à la tenue d'une élection entièrement fabriquée", dénonçant l'invalidation des candidatures des deux principaux rivaux potentiels de Macky Sall, son fils Karim et le maire déchu de Dakar Khalifa Sall, tous deux frappés par des condamnations judiciaires.

"Wade seul contre tous" ou "Me Wade recalé" titraient jeudi les quotidiens, constatant "l'échec" de l'ancien président, 92 ans, toujours chef de la formation qu'il a fondée, le Parti démocratique sénégalais (PDS), à convaincre les autres opposants à se rallier à sa stratégie.

Même parmi la poignée de militants venus l'attendre à l'aéroport avec des tee-shirts à l'effigie de son fils sur lesquels on pouvait lire: "Karim Wade président 2019" ou encore "je vote Karim Wade", certains pensaient que "le vieux", selon son surnom affectueux, allait devoir changer de discours.

"L'essentiel pour nous est que Macky Sall dégage. Nous sommes à son écoute mais je pense qu'il ne va pas réitérer la déclaration qu'il a faite pour empêcher l'élection. Les responsables qui sont venus l'accueillir vont le faire changer d'avis", a déclaré à l'AFP Boubacar Faye, la quarantaine qui se dit militant du PDS depuis 1998.

Un de ses alliés, le député Mamadou Diop Decroix, a d'ailleurs préféré annoncer mercredi son ralliement au candidat Idrissa Seck, ex-Premier ministre d'Abdoulaye Wade.

Macky Sall, en campagne dans le pays comme les quatre autres candidats, "ignore royalement Abdoulaye Wade", a assuré son service de presse dans un communiqué mercredi.

La société civile a également donné une fin de non-recevoir à cet appel, à l'image du mouvement citoyen Y'en a marre, qui se dit à "équidistance" entre le pouvoir et l'opposition.

"Dans tous les pays, s'il y a un boycott, c'est le parti au pouvoir qui en bénéficie", a dit mercredi son coordonnateur Fadel Barro, en appelant les Sénégalais à se rendre "massivement" aux urnes.

Plusieurs autres responsables de la société civile, dont ceux de la section sénégalaise d'Amnesty International et du Forum du justiciable, une ONG de défense des droits de l'Homme, ont rejeté l'appel de M. Wade.

Le premier tour de l'élection présidentielle approche

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L'appel au boycott de Wade ne convainc pas

Le président sortant Macky Sall et son épouse Marieme Faye Sall à la cérémonie de son investiture comme candidat à la présidentielle, à Dakar, le 1er décembre 2018.

L'appel lancé par l'ancien président sénégalais Abdoulaye Wade à s'opposer à la tenue de l'élection présidentielle le 24 février n'empêchera pas le scrutin de se dérouler normalement, a estimé mercredi le ministre de l'Intérieur, et est même contre-productif, selon le mouvement citoyen Y'en a marre.

"J'ai entendu le président Wade, que nous respectons (pour) tout ce qu'il a fait dans ce pays. Mais je pense que c'est des positions d'homme politique qu'il exprime (et que) le scrutin, inch Allah, aura lieu", a déclaré le ministre Aly Ngouye Ndiaye, lors d'une présentation à la presse du matériel électoral.

L'ex-président Wade, qui a dirigé le Sénégal de 2000 à 2012 et est le fondateur du principal parti d'opposition (PDS), a appelé mardi la population sénégalaise à s'"opposer à la tenue d'une élection entièrement fabriquée dans le seul but de faire réélire le président sortant" Macky Sall, dans une vidéo enregistrée à son domicile de Versailles (France).

L'ex-dirigeant sénégalais, 92 ans, a dénoncé l'élimination de la course à la présidence des deux principaux rivaux potentiels de Macky Sall, son propre fils Karim et le maire déchu de Dakar Khalifa Sall, tous deux frappés par des condamnations judiciaires, jugeant l'élection "verrouillée".

Il n'a pas donné de consigne de vote en faveur d'un des quatre candidats de l'opposition qui défieront l'actuel chef de l'Etat.

"Quiconque demande aux Sénégalais de ne pas voter est un allié de Macky Sall. Nous ne l'accepterons pas", a lancé dans une conférence de presse le rappeur Thiaat, de son vrai nom Cyril Touré, membre de Y'en a marre, un mouvement qui s'affirme à "équidistance" du pouvoir et de l'opposition

Selon le coordinateur du mouvement citoyen, Fadel Barro, l'ancien président fait fausse route. "Dans tous les pays, s'il y a un boycott, c'est le parti au pouvoir qui en bénéficie", a-t-il dit, en estimant que Macky Sall ne sera en rien ébranlé par un boycott. "Si le président Abdoulaye Wade est dans une posture de combattre Macky Sall, la meilleure manière c'est de ne pas boycotter", a dit Fadel Barro, en appelant les Sénégalais à se rendre "massivement" aux urnes.

Évoquant le retour au Sénégal, prévu jeudi, de M. Wade, le ministre de l'Intérieur, avait auparavant assuré qu'il serait accueilli "à bras ouvert". "C'est un ancien président, il mérite tous les égards", a-t-il affirmé.

L'acheminement du matériel électoral dans les 14 régions du pays a débuté et "nous pensons que d'ici le 9 (février), tout le matériel électoral sera à destination", a poursuivi Aly Ngouye Ndiaye, dont le rôle d'organisateur du scrutin est critiqué par l'opposition en raison de sa proximité avec le chef de l'Etat.

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