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Sénégal

Un partisan du parti au pouvoir tué dans des heurts

Les Sénégalais lisent les nouvelles du matin à Dakar, le 27 février 2012.

Un militant du camp du pouvoir a été tué lundi dans l'est du Sénégal lors de heurts entre des partisans du chef de l'Etat sortant Macky Sall et de l'opposition, a-t-on appris de source policière et auprès de la majorité présidentielle.

Il s'agit du premier mort signalé dans des violences électorales depuis le début le 3 février de la campagne pour le scrutin présidentiel dans ce pays réputé pour sa stabilité et présenté comme un modèle de démocratie en Afrique.

"Il y a eu des échauffourées entre des militants du PUR (Parti de l'unité et du rassemblement du candidat Issa Sall, NDLR) et de la coalition présidentielle. Quelqu'un a été poignardé. Son corps se trouve présentement à l'hôpital de Tamboucounda", capitale régionale à 420 km à l'est de Dakar, a déclaré à l'AFP un responsable de la police.

Trois morts dans des violences avant la présidentielle
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L'information a été confirmée par le service de communication de la majorité présidentielle, joint par l'AFP, selon lequel la personne tuée est un de ses militants.

Cet incident survient après la mort dimanche de quatre gendarmes dans un accident routier dans la région de Sédhiou, en Casamance (sud), selon un communiqué de la coalition présidentielle.

Par ailleurs, au moins deux personnes ont été "grièvement blessées" dimanche à Fatick, un fief du président Sall dans le centre-ouest du pays, à la suite de heurts entre partisans du pouvoir et du candidat Ousmane Sonko, une figure montante de l'opposition, selon la presse locale.

Des heurts entre militants du pouvoir et de l'opposition avaient également le 4 février fait au moins "quatre blessés graves" parmi les militants de M. Sonko à Saint-Louis (nord), selon la campagne de de celui-ci.

Accusé, le camp présidentiel avait nié toute implication dans ces heurts.

Depuis le début de la campagne, les appels au calme et des prières pour préserver la paix dans ce pays où les campagnes électorales sont souvent émaillées d'accusations de corruption, de trafic d'influence, de désinformation voire de violences se sont multipliés, de la part notamment de chefs religieux musulmans et chrétiens et de la société civile.

Un partisan du pouvoir a été tué dans l'est du pays

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L'ex-maire de Dakar s'allie au candidat Idrissa Seck

Une banderole avec la photo de l'ex-maire de Dakar, Khalifa Sall, Sénégal, le 31 juillet 2017.

L'ex-maire de Dakar Khalifa Sall, écarté de l'élection présidentielle au Sénégal pour raisons judiciaires, a annoncé vendredi son soutien au candidat d'opposition Idrissa Seck, qui apparaît de plus en plus comme le principal concurrent du sortant Macky Sall.

Cette prise de position d'un des deux plus grands rivaux potentiels de Macky Sall éliminés de la course en raison de condamnations judiciaires, avec l'ex-ministre Karim Wade, intervient au lendemain du retour au Sénégal de l'ex-président Abdoulaye Wade (2000-2012), père de Karim Wade, qui a appelé à empêcher une élection "verrouillée".

Dans une déclaration écrite, Khalifa Sall, qui purge une peine de cinq ans de prison pour escroquerie portant sur des fonds publics --des déboires judiciaires qu'il a toujours imputés à son statut d'opposant-- annonce avoir décidé, avec les mouvements qui le soutiennent, "d'accepter l'offre d'alliance du candidat Idrissa Seck".

Dans ce texte publié quelques heures après le rejet par la Cour de justice de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) d'un recours pour lui permettre d'être candidat malgré sa condamnation, Khalifa Sall dit chercher ainsi à "défaire ce régime qui veut s'imposer sans gloire et à tout prix".

Idrissa Seck, 59 ans, ancien Premier ministre de M. Wade et brillant orateur, qui se présente pour la troisième fois à la magistrature suprême, a enregistré ces dernières semaines des ralliement de poids, dont ceux d'anciens chefs de gouvernement et d'un ancien président de l'Assemblée nationale et du Sénat.

Douchant les espoirs des candidats qui convoitaient l'électorat de Karim Wade, son père a réitéré jeudi soir devant les militant de sa formation, le Parti démocratique sénégalais (PDS), son appel au boycott du scrutin, sans rencontrer davantage d'écho que lors de son message vidéo diffusé deux jours auparavant.

"Macky Sall a déjà son pourcentage, 55% ou 65%. Le sachant, ne vous ridiculisez pas en participant à cette élection", a-t-il lancé à l'intention des quatre autres candidats, en référence à l'objectif du camp présidentiel de réélection au premier tour.

M. Wade a annoncé un programme de "meetings et marches" dans tout le pays, avant, pendant et après le jour du scrutin, appelant à "brûler les cartes d'électeur et les bulletins de vote"

Le pouvoir comme l'opposition ou la société civile, notamment les autorités religieuses, sont restés jusqu'à présent sourds à ces appels, exhortant les protagonistes à contribuer à la tenue d'élections libres, transparentes et apaisées.

Portrait de candidat : Macky Sall, seul contre tous

L'affiche de campagne Macky Sall.

Dans une série spéciale, le correspondant de VOA Afrique à Dakar présente les portraits des cinq candidats à la présidentielle du 24 février 2019. Président sortant, Macky Sall veut passer au premier tour face à quatre challengers. Il mise sur ses réalisations pour briguer un second mandat. Mais il fera face à une opposition déterminée.

Macky Sall a su s’imposer en 2012 pour battre son mentor Abdoulaye Wade au second tour de la présidentielle. Le 25 mars 2012, il accède à la magistrature suprême.

"Je jure de remplir fidèlement la charge de président de la République du Sénégal", avait-il déclaré.

A 51 ans, il devient le premier président né après les indépendances.

Le président sortant Macky Sall, Seul contre Tous
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Ingénieur géologue et géophysicien diplômé de l’Institut des sciences de la terre de Dakar, Macky Sall est un pur produit du système éducatif sénégalais.

Issu d’une famille modeste, le natif de Fatick est très tôt repéré par Abdoulaye Wade. En mai 2001 il est nommé ministre des mines, de l’Industrie et de l’Hydraulique. C’est le début d’une rapide ascension politique.

Ministre d’État, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, porte-parole du gouvernement, Premier ministre puis président de l’Assemblée nationale, Macky a occupé presque tous les postes au sommet de l’Etat.

Mais brusquement son cheminement avec le Président Abdoulaye Wade prend une mauvaise tournure. Il avait décidé de convoquer son fils Karim Wade à l’Assemblée nationale pour une audition sur les travaux de l’Agence nationale de l’organisation de la conférence islamique. C’est la rupture.

Son poste de numéro 2 du PDS au pouvoir est supprimé. Le mandat du président de l’hémicycle est réduit de cinq à un an. Il est accusé de blanchiment d’argent avant d’obtenir un non-lieu. Touché dans son orgueil, Macky Sall claque la porte de l’Assemblée.

"J’ai choisi de me départir de toutes les fonctions obtenues sous les couleurs du PDS", avait-il lancé.

Avec une trentaine de cadres du PDS, il lance sa propre formation politique nommée Alliance Pour la République (APR).

Homme de conviction, rigoureux dans le travail et persévérant selon ses proches Macky Sall arrive au pouvoir en déclarant sa ferme intention de servir la patrie avant le parti. Il crie haut et fort sa volonté de gouvernance "sobre et vertueuse".

A son accession à la magistrature suprême, il annonce sa volonté de prendre des mesures fortes parmi lesquelles celle de réduire le mandat présidentiel : "J’ai décidé de ramener à cinq ans le mandat de sept ans pour lequel je suis élu".

Macky Sall traine également des défauts. Il est jugé impulsif, manquant de sérénité et surtout acceptant difficilement les critiques selon ses opposants.

Il est aussi jugé comme un obsédé du pouvoir et limité dans le discours. L’homme des grandes réalisations comme l’appellent certains.

Macky Sall profite de cette période de campagne électorale pour inaugurer plusieurs infrastructures. Pour l’observateur politique Ibrahima Bakhoum, cela est une force qui cache une faiblesse.

"Les deux derniers mois, il les a très fortement utilisé en terme d’inauguration. Les infrastructures inaugurées n’ont pas forcément d’impact sur le quotidien des sénégalais mais le fait est là, il a obtenu une bonne communication autour de cela", explique Ibrahima Bakhoum. "Maintenant, il y a le bilan matériel et le bilan immatériel. Le bilan immatériel est catastrophique, la gouvernance zéro."

Pour autant, Macky Sall est confiant. Il défie ses adversaires comme le font les champions de lutte dans les arènes sénégalaises. Une manière pour lui de montrer qu’il compte réussir la passe de deux au soir du 24 février 2019.

Le président sortant Macky Sall, Seul contre Tous

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