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RDC

Le Kenya promet d'aider Tshisekedi à stabiliser la RDC

Le président kényan Uhuru Kenyatta accueille son homologue de la RDC, Félix Tshisekedi, à la State House, à Nairobi, au Kenya, le 6 février 2019. (Twitter/Uhuru Kenyatta)

Le président kényan Uhuru Kenyatta a proposé mercredi son aide pour ramener la paix et la stabilité en République démocratique du Congo, au cours d'une visite de son nouveau président, Félix Tshisekedi.

Uhuru Kenyatta a assuré à son interlocuteur qu'il avait tiré les leçons de la crise politique née de la contestation de sa réélection en 2017 par l'opposant Raila Odinga, qui avait fait plus de 90 morts.

Le président kényan propose son aide pour ramener la paix
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Les deux hommes ont depuis promis d’œuvrer ensemble pour la réconciliation dans le pays.

"Nous allons continuer à vous aider à atteindre la paix et la stabilité, parce que nous avons une expérience similaire à la vôtre, que nous pouvons vous faire partager", a assuré M. Kenyatta, cité dans un communiqué de la présidence.

Il a précisé que le Kenya était prêt à aider à former les fonctionnaires congolais, ainsi qu'à mettre en place des partenariats en matière de construction d'infrastructures et dans l'industrie minière.

Félix Tshisekedi a été proclamé élu par la Cour constitutionnelle le 20 janvier. Il a pris la succession de Joseph Kabila, resté au pouvoir pendant dix-huit ans et dont le camp a gardé la majorité des sièges à l'Assemblée nationale.

Cette première alternance pacifique dans l'histoire de la RDC est contestée par l'opposant Martin Fayulu, qui revendique la victoire avec 61% des voix et dénonce un "putsch" électoral.

Félix Tshisekedi a entamé en Angola sa première tournée à l'étranger dans ses nouveaux habits de chef d'Etat, depuis son élection contestée à la tête de la RDC après le scrutin du 30 décembre 2018.

Après le Kenya, il doit se rendre au Congo-Brazzaville.

Guterres estime qu'un départ rapide de l'ONU est une "illusion"

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, lors de la conférence des Nations unies sur les migrations, à Marrakech, le 10 décembre 2018.

Un départ rapide des Nations unies de la République démocratique du Congo est une "illusion", a estimé mercredi le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres.

"Les grands problèmes qui se posent sont surtout à l'Est, mais je crois que ce serait une illusion de penser qu’on pourrait rapidement fermer la mission. Je crois qu’il y a encore un travail à faire en étroite coopération avec les autorités et le peuple congolais", a déclaré M. Guterres à Radio France internationale (RFI) quelques jours avant de participer au sommet de l'Union africaine (UA) à Addis Abeba.

"Nous avons déjà entamé un dialogue avec le nouveau président", a-t-il dit au sujet de Félix Tshisekedi, officiellement proclamé vainqueur de l'élection présidentielle du 30 décembre. "Je crois qu’il y a une volonté mutuelle de coopération. Il faudra éventuellement revoir le dispositif qui existe en République démocratique du Congo".

Le renouvellement du mandat annuel de la Mission des Nations unies au Congo est prévu en mars.

M. Tshisekedi a succédé à Joseph Kabila, qui avait critiqué début 2018 l'inaction de la Monusco face aux groupes armés.

Son ministre des Affaires étrangères avaient ensuite demandé le départ de la Monusco à partir de 2020.

Les proches de M. Kabila ont officiellement conservé une large majorité à l'Assemblée lors des élections générales du 30 décembre.

Selon une source diplomatique occidentale, le Conseil de sécurité pourrait procéder à une légère réduction de sa force (16.000 militaires et policiers). Il se donnerait ensuite quelques mois pour une évaluation plus approfondie de la situation.

L'opposant Fayulu saisit la Cour africaine des droits de l’homme

L'opposant congolais Martin Fayulu lors d'une conférence de presse, à Kinshasa, le 18 janvier 2019.

Le candidat malheureux à la présidentielle congolaise a saisi la Cour africaine des droits de l’homme pour "réclamer la vérité des urnes", indiquent ses proches.

Martin Fayulu a déposé une requête au niveau de la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples "pour faire rétablir ses droits", indique Fidèle Babala, secrétaire général adjoint du Mouvement pour la libération du Congo (MLC) et porte-parole de la coalition électorale Lamuka.

Fayulu conteste toujours les résultats confirmés par la Cour constitutionnelle congolais
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"Cette cour a une jurisprudence. Elle a déjà condamné d’autres pays pour tricherie et pour cas de vol électoral. J’espère qu’elle sera constante dans sa jurisprudence et qu’elle fera en sorte qu’une recommandation et une résolution soient émises à l’endroit de la RDC pour qu’on respecte la vérité des urnes," affirme M. Babala.

Le pore-parole de Lamuka qualifie de "honteux" le fait que certains officiels, même de l'ONU, reconnaissent le président Félix Tshisekedi. La Cour constitutionnelle a confirmé M. Tshisekedi comme président suivant les résultats publiés par la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

"C’est le peuple congolais qui est souverain primaire. Il a choisi un président mais vous, vous dites : on fera autrement. C’est inadmissible. Mais nous, nous allons poursuivre notre combat pour la vérité des urnes jusqu’au bout," précise M. Babala.

"Il y a aujourd'hui une situation établie. Il faut à mon avis coopérer avec le Congo et ses autorités pour aider le pays à sortir de ses difficultés," avait dit le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres.

Martin Fayulu conteste les résultats de la Céni, confirmés donc par la Cour constitutionnelle, selon lesquels Félix Tshisekedi a remporté l’élection présidentielle avec 38,57%.

M. Fayulu s'est auto-proclamé chef de l'Etat "légitime" et a appelé à la désobéissance civile.

La coalition pro-Fayulu condamne les appels "à la haine tribale" anti-Tshisekedi

Les partisans de Martin Fayulu lors d'un meeting à la Place Sainte-Thérèse à N'Djili, Kinshasa, le 3 février 2019.

La coalition Lamuka formée autour de l'opposant Martin Fayulu a dénoncé mardi des appels à la "haine tribale" lancés par des "inconnus" en marge de son grand rassemblement samedi dernier à Kinshasa, en République démocratique du Congo.

Lors de ce meeting en présence de plusieurs milliers de personnes, des individus ont chanté des slogans hostiles à la communauté d'origine du nouveau président de la RDC, Félix Tshisekedi.

"Muluba zua ye Boma Ye" (Muluba, prends-le et tue-le), ont crié ces individus aux abords des lieux du meeting, selon des vidéos d'amateurs qui ont circulé sur les réseaux sociaux.

"La plateforme Lamuka est indignée par le comportement de quelques éléments inconnus qui se sont illustrés par des propos incitant à la haine tribale en marge de son meeting du 2 février", a écrit dans un communiqué son coordonnateur, Fidèle Babala.

Exigeant "une volonté républicaine et inaliénable de faire triompher la vérité des urnes", les amis de M. Fayulu condamnent également "des propos ou attitudes visant à saper l'unité nationale en véhiculant des propos haineux envers un quelconque groupe ethnique".

M. Fayulu conteste l'élection de M. Tshisekedi fruit selon lui d'un "putsch électoral" et revendique la victoire avec 61% des voix lors de l'élection présidentielle du 30 décembre.

Il revendique aussi des liens "fraternels" avec M. Tshisekedi, avec qui il a prié dans la même église Philadelphie à Kinshasa.

Lors de son discours, M. Fayulu avait également refusé le tribalisme, et salué sa coalition comme un exemple de diversité.

La réunion publique s'était terminée sans aucun incident majeur.

La grogne sociale, "baptême de feu" pour Tshisekedi

Le président congolais Félix Tshisekedi, le 5 février 2019. (TwitterPrésidence RDC)

Télévision, assurance, transports, pompiers... La République démocratique du Congo vit au rythme d'une série de grèves depuis l'élection présidentielle.

C'est le signe, selon des observateurs, des profondes attentes des Congolais envers leur nouveau chef de l'Etat, issu d'un parti d'opposition revendiquant le "progrès social".

"Grogne sociale: baptême de feu pour Félix Tshisekedi" anticipait dès jeudi dernier le quotidien le Potentiel. Le journal perçoit dans ces grèves multiples un "baromètre" pour évaluer les capacités du nouveau président "à gérer la RDC".

Les grèves concernent les salariés des entreprises publiques, soit une minorité de la population active dans le plus grand pays d'Afrique sub-saharienne, où la vaste majorité des 80 millions d'habitants travaillent dans les petits métiers du secteur informel.

Les salariés du secteur étatique réclament le paiement d'arriérés de salaires (parfois plusieurs années). Ils exigent aussi le départ de leur direction nommée par l'ancien président de la République Joseph Kabila, au lendemain de la première alternance pacifique à la tête du pays.

Trois jours après sa prise de fonction le 25 janvier, la toute première mesure de M. Tshisekedi avait un caractère social: désamorcer la grève des travailleurs de la Société de transport du Congo (Transco), dont les bus assurent le transport en commun à Kinshasa, mégalopole aux 10 millions d'habitants.

M. Tshisekedi a ordonné au Trésor public de payer les agents "en procédure d'urgence". Le gouvernement de son côté a suspendu le directeur général de Transco pour "mauvaise gestion".

Les Congolais prendraient-ils au mot leur nouveau président, issu du parti historique d'opposition "Union pour la démocratie et le progrès social" (UDPS)?

"Mauvaise gestion et clientélisme"

Dans la capitale Kinshasa, les pompiers ont débrayé lundi, réclamant 38 mois de salaires impayés, et manifestant leur colère envers le gouverneur André Kimbuta. "Nous demandons au nouveau gouvernement de s'impliquer en notre faveur. Qu'il presse Kimbuta pour qu'il nous paie avant la fin de son mandat (en mars)", déclare un pompier cité par la presse congolaise.

A la télévision d'Etat, RTNC, des dizaines d'agents sans contrat de travail, appelés "collaborateurs", ont manifesté lundi devant la résidence provisoire de M. Tshisekedi, revendiquant leur "réintégration" au sein de ce médias d'Etat.

Certains cumulent cinq ans ou plus de "prestation", a expliqué à l'AFP l'un des manifestants, Christian Kabeya. Les syndicalistes exigent quant à eux le limogeage du directeur général Ernest Kabila, pour "mauvaise gestion et clientélisme", selon un cadre contacté par l'AFP.

Au port de Matadi (ouest), l'un des rares débouchés maritimes du géant d'Afrique, l'activité est paralysée par la grève de la Société commerciale de transport et des ports (SCTP) depuis six jours, a constaté un correspondant de l'AFP dans la ville.

Les grévistes réclament "quatre mois de salaires non versés et le limogeage du directeur général soupçonné par les agents d'avoir détourné 30 millions de dollars", a déclaré Maxime Nzinga, président de l'Association des douaniers de la RDC. Une accusation que le DG Mukoko Samba a nié sur la radio Top Congo.

A Boma dans la même région, les travailleurs de la Congolaise des voies maritimes (CVM) sont aussi en grève et demandent le paiement de vingt mois d'arriérés de salaires, selon des témoins interrogés par l'AFP.

Défis à relever

Des mouvements sociaux pour le paiement des arriérés de salaires secouent également la société commerciale des postes et télécommunication (SCPT) et la Société nationale d'assurance (Sonas, publique).

"Vents de Grève en #RDC : Je me demande quelle institution a payé ses agents durant ces cinq dernières années", s'interroge un internaute en visant directement l'ancien président Kabila, avant d'interpeller son successeur: "Tu as des défis à relever! ("oza na ngambu" en lingala)".

En aura-t-il les moyens? Le nouveau président Tshisekedi doit partager le pouvoir avec les proches du président Kabila, restés très largement majoritaires au Parlement à l'issue des élections du 30 décembre.

Sa légitimité est contestée par l'autre candidat de l'opposition Martin Fayulu, qui revendique la victoire avec 61% des voix et s'estime victime d'un "putsch électoral".

"Je sais qu'il y a eu quelques imperfections, quelques irrégularités lors de ces élections, mais dans l'ensemble nous pouvons émettre un satisfecit parce que tout simplement (...) cette alternance s'est faite de manière pacifique", a commenté le président Tshisekedi mardi lors de son premier voyage à l'étranger en Angola.

Géant d'Afrique centrale, la RDC est riche en minerais mais le revenu moyen par habitant plafonne à 457 dollars par an, soit 1,25 dollar par jour (chiffre de la Banque mondiale pour 2017).

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