Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

RDC

La coalition pro-Fayulu condamne les appels "à la haine tribale" anti-Tshisekedi

Les partisans de Martin Fayulu lors d'un meeting à la Place Sainte-Thérèse à N'Djili, Kinshasa, le 3 février 2019.

La coalition Lamuka formée autour de l'opposant Martin Fayulu a dénoncé mardi des appels à la "haine tribale" lancés par des "inconnus" en marge de son grand rassemblement samedi dernier à Kinshasa, en République démocratique du Congo.

Lors de ce meeting en présence de plusieurs milliers de personnes, des individus ont chanté des slogans hostiles à la communauté d'origine du nouveau président de la RDC, Félix Tshisekedi.

"Muluba zua ye Boma Ye" (Muluba, prends-le et tue-le), ont crié ces individus aux abords des lieux du meeting, selon des vidéos d'amateurs qui ont circulé sur les réseaux sociaux.

"La plateforme Lamuka est indignée par le comportement de quelques éléments inconnus qui se sont illustrés par des propos incitant à la haine tribale en marge de son meeting du 2 février", a écrit dans un communiqué son coordonnateur, Fidèle Babala.

Exigeant "une volonté républicaine et inaliénable de faire triompher la vérité des urnes", les amis de M. Fayulu condamnent également "des propos ou attitudes visant à saper l'unité nationale en véhiculant des propos haineux envers un quelconque groupe ethnique".

M. Fayulu conteste l'élection de M. Tshisekedi fruit selon lui d'un "putsch électoral" et revendique la victoire avec 61% des voix lors de l'élection présidentielle du 30 décembre.

Il revendique aussi des liens "fraternels" avec M. Tshisekedi, avec qui il a prié dans la même église Philadelphie à Kinshasa.

Lors de son discours, M. Fayulu avait également refusé le tribalisme, et salué sa coalition comme un exemple de diversité.

La réunion publique s'était terminée sans aucun incident majeur.

La grogne sociale, "baptême de feu" pour Tshisekedi

Le président congolais Félix Tshisekedi, le 5 février 2019. (TwitterPrésidence RDC)

Télévision, assurance, transports, pompiers... La République démocratique du Congo vit au rythme d'une série de grèves depuis l'élection présidentielle.

C'est le signe, selon des observateurs, des profondes attentes des Congolais envers leur nouveau chef de l'Etat, issu d'un parti d'opposition revendiquant le "progrès social".

"Grogne sociale: baptême de feu pour Félix Tshisekedi" anticipait dès jeudi dernier le quotidien le Potentiel. Le journal perçoit dans ces grèves multiples un "baromètre" pour évaluer les capacités du nouveau président "à gérer la RDC".

Les grèves concernent les salariés des entreprises publiques, soit une minorité de la population active dans le plus grand pays d'Afrique sub-saharienne, où la vaste majorité des 80 millions d'habitants travaillent dans les petits métiers du secteur informel.

Les salariés du secteur étatique réclament le paiement d'arriérés de salaires (parfois plusieurs années). Ils exigent aussi le départ de leur direction nommée par l'ancien président de la République Joseph Kabila, au lendemain de la première alternance pacifique à la tête du pays.

Trois jours après sa prise de fonction le 25 janvier, la toute première mesure de M. Tshisekedi avait un caractère social: désamorcer la grève des travailleurs de la Société de transport du Congo (Transco), dont les bus assurent le transport en commun à Kinshasa, mégalopole aux 10 millions d'habitants.

M. Tshisekedi a ordonné au Trésor public de payer les agents "en procédure d'urgence". Le gouvernement de son côté a suspendu le directeur général de Transco pour "mauvaise gestion".

Les Congolais prendraient-ils au mot leur nouveau président, issu du parti historique d'opposition "Union pour la démocratie et le progrès social" (UDPS)?

"Mauvaise gestion et clientélisme"

Dans la capitale Kinshasa, les pompiers ont débrayé lundi, réclamant 38 mois de salaires impayés, et manifestant leur colère envers le gouverneur André Kimbuta. "Nous demandons au nouveau gouvernement de s'impliquer en notre faveur. Qu'il presse Kimbuta pour qu'il nous paie avant la fin de son mandat (en mars)", déclare un pompier cité par la presse congolaise.

A la télévision d'Etat, RTNC, des dizaines d'agents sans contrat de travail, appelés "collaborateurs", ont manifesté lundi devant la résidence provisoire de M. Tshisekedi, revendiquant leur "réintégration" au sein de ce médias d'Etat.

Certains cumulent cinq ans ou plus de "prestation", a expliqué à l'AFP l'un des manifestants, Christian Kabeya. Les syndicalistes exigent quant à eux le limogeage du directeur général Ernest Kabila, pour "mauvaise gestion et clientélisme", selon un cadre contacté par l'AFP.

Au port de Matadi (ouest), l'un des rares débouchés maritimes du géant d'Afrique, l'activité est paralysée par la grève de la Société commerciale de transport et des ports (SCTP) depuis six jours, a constaté un correspondant de l'AFP dans la ville.

Les grévistes réclament "quatre mois de salaires non versés et le limogeage du directeur général soupçonné par les agents d'avoir détourné 30 millions de dollars", a déclaré Maxime Nzinga, président de l'Association des douaniers de la RDC. Une accusation que le DG Mukoko Samba a nié sur la radio Top Congo.

A Boma dans la même région, les travailleurs de la Congolaise des voies maritimes (CVM) sont aussi en grève et demandent le paiement de vingt mois d'arriérés de salaires, selon des témoins interrogés par l'AFP.

Défis à relever

Des mouvements sociaux pour le paiement des arriérés de salaires secouent également la société commerciale des postes et télécommunication (SCPT) et la Société nationale d'assurance (Sonas, publique).

"Vents de Grève en #RDC : Je me demande quelle institution a payé ses agents durant ces cinq dernières années", s'interroge un internaute en visant directement l'ancien président Kabila, avant d'interpeller son successeur: "Tu as des défis à relever! ("oza na ngambu" en lingala)".

En aura-t-il les moyens? Le nouveau président Tshisekedi doit partager le pouvoir avec les proches du président Kabila, restés très largement majoritaires au Parlement à l'issue des élections du 30 décembre.

Sa légitimité est contestée par l'autre candidat de l'opposition Martin Fayulu, qui revendique la victoire avec 61% des voix et s'estime victime d'un "putsch électoral".

"Je sais qu'il y a eu quelques imperfections, quelques irrégularités lors de ces élections, mais dans l'ensemble nous pouvons émettre un satisfecit parce que tout simplement (...) cette alternance s'est faite de manière pacifique", a commenté le président Tshisekedi mardi lors de son premier voyage à l'étranger en Angola.

Géant d'Afrique centrale, la RDC est riche en minerais mais le revenu moyen par habitant plafonne à 457 dollars par an, soit 1,25 dollar par jour (chiffre de la Banque mondiale pour 2017).

Premier voyage officiel de Félix Tshisekedi à l'étranger

Premier voyage officiel de Félix Tshisekedi à l'étranger
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:39 0:00

Le président Tshisekedi en Angola pour son premier voyage officiel

Le président congolais Félix Tshisekedi, à gauche, salue son homologue angolais João Lourenço à Luanda, Angola, le 5 février 2019. (TwitterPrésidence RDC)

Pour sa première visite à l'étranger, le nouveau président congolais a vanté "l'alternance pacifique" en RDC.

Félix Tshisekedi est arrivé mardi à Luanda pour son premier voyage officiel après son investiture comme 5e chef de l’Etat de la République démocratique du Congo (RDC) .

Le nouveau président a défendu la légalité de sa victoire contestée et vanté "l'alternance pacifique" dans son pays, tout en reconnaissant des "irrégularités" au cours du processus électoral.

"Je sais qu'il y a eu quelques imperfections, quelques irrégularités lors de ces élections, mais dans l'ensemble nous pouvons émettre un satisfecit parce que tout simplement (...) cette alternance s'est faite de manière pacifique", s'est réjoui M. Tshisekedi devant la presse, au cours de sa première visite à l'étranger depuis son investiture.

Il a discuté avec son homologue angolais João Lourenço de la relance de la coopération économique avec un accent sur le renforcement de l’emploi pour leurs citoyens respectifs et pour réduire l’immigration clandestine.

Ils ont aussi évoqué les problèmes sécuritaires qui touchent les deux pays.

Le président Lourenço a indiqué lors de la conférence de presse qu’il a conclu un accord avec son homologue congolais, indiquant que le temps est venu pour "des projets concrets".

Le chef de l’Etat angolais a rappelé que leurs deux pays se situent dans une région considérée comme "turbulente", obligeant l’un et l'autre à ne pas ignorer les problèmes communs de sécurité qui concernent aussi toute la région des Grands Lacs.

Parlant de l’expulsion des Congolais, le président Tshisekedi a reconnu que l’Angola était en droit de défendre sa souveraineté mais il a demandé que le rapatriement des Congolais se fasse avec une certaine dignité.

Félix Tshisekedi a déclaré qu’il était normal que les résultats des élections soient contestés car il s’agissait des toutes premières du genre tenues dans le pays mais il a noté qu’elles n’ont pas donné lieu à un bain de sang. Il a souligné que les contestataires n’ont présenté aucune preuve démontrant qu’ils ont gagné.

Proclamé élu par la Cour constitutionnelle le 20 janvier, Félix Tshisekedi a pris la succession de Joseph Kabila, resté au pouvoir pendant dix-huit ans, à l'issue des élections générales disputées le 30 décembre.

Cette première alternance pacifique dans l'histoire de la RDC est contestée par l'opposant Martin Fayulu, qui revendique la victoire avec 61% des voix et dénonce un "putsch" électoral.

Devant son homologue angolais Joao Lourenço, le chef de l'Etat congolais a balayé mardi la controverse.

"A ce jour, j'attends toujours la preuve de celui qui conteste le verdict de la Cour constitutionnelle, je n'ai toujours rien vu".

Félix Tshisekedi a confirmé qu'il était prêt à partager le pouvoir avec le camp de son prédécesseur, qui a gardé la majorité des sièges à l'Assemblée nationale.

"Il n'y a pas d'accord encore en ce moment, mais il y a des discussions (...), j'ai entrepris d'envoyer un message d'apaisement à M. Joseph Kabila et ses amis", a-t-il assuré, démentant toute volonté de "chasse aux sorcières".

"Nous allons gouverner le pays ensemble et pour cela nous allons nous mettre d'accord sur un programme déterminé", a poursuivi le nouveau président.

Félix Tshisekedi a également indiqué ne pas avoir "fait de proposition claire à Martin Fayulu" pour entrer au gouvernement mais lui a "donné des garanties quant à (son) comportement démocratique".

Le président congolais a par ailleurs demandé à Joao Lourenço un "soutien" au processus en cours dans son pays et l'a assuré de "sa parfaite collaboration" avec l'Angola.

Selon le ministre des Affaires étrangères, Manuel Augusto, cité par l’Agence angolaise de presse, les deux pays qui ont des liens séculaires et même de consanguinité, voudraient renforcer leur coopération.

Ils ont en commun la plus longue frontière qu’avec tout autre pays.

Selon M. Augusto, le chemin de fer de Lobito devrait recouvrer son importance. Il a été rétabli en 2018 après de nombreuses années de fermeture.

Les deux pays doivent aussi exploiter ensemble une portion du fleuve Congo du côté de l’enclave de Cabinda et la RDC pourra fournir l'Angola en électricité, a souligné M. Augusto.

L’Angola est en fait la première étape de la toute première tournée régionale du nouveau président congolais.

Félix Tshisekedi devra par la suite se rendre au Kenya et la conclure mercredi par le Congo-Brazzaville.

A l'investiture de M. Tshisekedi à Kinshasa le 24 janvier dernier, Uhuru Kenyatta, le président du Kenya, était le seul chef de l’Etat étranger présent.

Le Cash (Cap pour le changement), plateforme électorale qui a porté Félix Tshisekedi au scrutin, était né à Nairobi, capitale du Kenya, après la volte-face contre la désignation de Martin Fayulu comme candidat commun de l’opposition.

Tshisekedi rassure les forces de sécurité installées par Kabila

Félix Tshisekedi (droite) et Joseph Kabila lors de la cérémonie d'investiture de M. Tshisekedi, à Kinshasa, le 24 janvier 2019.

Le nouveau président de la République démocratique du Congo a rendu visite lundi aux militaires de la garde présidentielle

Félix Tshisekedi a confirmé sa volonté de rassurer l'appareil sécuritaire légué par son prédécesseur Joseph Kabila.

"N'ayez peur de rien. Vous êtes entre de bonnes mains, votre commandant suprême sera bienveillant envers vous comme son prédécesseur (Joseph Kabila)", a déclaré le premier président congolais issu d'une alternance pacifique à plusieurs centaines de militaires et leurs dépendants dans un camp militaire de Kinshasa.

"J'avais promis d'améliorer les conditions sociales des militaires. Je suis venu visiter le camp Tshatshi pour voir comment les soldats et leurs familles sont soignés afin d'améliorer (leur sort)", a-t-il indiqué, sous les applaudissements et des cris de joie des épouses et des enfants des militaires, rappelant l'une de ses promesses de campagne.

"Je vais vérifier la ration, comment mangent et dorment les militaires et leurs enfants. Ce qu'il faut améliorer dans l'école des enfants", a détaillé M. Tshisekedi, issu du parti historique de l'opposition Union pour la démocratique et le progrès social (UDPS).

Sans expérience militaire ni sécuritaire, M. Tshisekedi a donné d'autres gages à l'appareil sécuritaire mis en place par son prédécesseur, qui a visé plus d'une fois dans le passé des militants de l'UDPS.

M. Tshisekedi a nommé par ordonnance François Beya au poste de conseiller spécial en matière de sécurité à la présidence.

Patron de la Direction générale des migrations (DGM) pendant douze ans, ce professionnel du renseignement a travaillé avec les deux précédents présidents Kabila père et fils.

Le nouveau chef de l'Etat avait rencontré vendredi l'état-major de l'armée et les commandants des grandes unités ainsi que ceux de toutes les provinces.

Selon la Constitution congolaise, le président de la République est le président suprême des forces armées et préside le Conseil supérieur de défense.

Le président Félix Tshisekedi, proclamé élu par la Cour constitutionnelle le 20 janvier, a pris la succession de Joseph Kabila resté au pouvoir pendant 18 ans à l'issue des élections générales à un tour du 30 décembre.

Cette première alternance pacifique dans l'histoire de la RDC est contestée par l'autre opposant Martin Fayulu, qui revendique la victoire avec 61% des voix et dénonce "putsch" électoral.

Voir plus

XS
SM
MD
LG