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Moïse Katumbi récupère enfin son passeport congolais

Moïse Katumbi lors d’une conférence de presse à Bruxelles, le 21 août 2018. (Twitter/Olivier E. Kamitatu)

L’opposant congolais en exil Moïse Katumbi a récupéré son passeport auprès de l'ambassade de la République démocratique du Congo en Belgique. Accusé d’usurpation d’identité par le régime sortant de Joseph Kabila, il lui était interdit d’obtenir un passeport valide.

Son porte-parole a indiqué mercredi que l’opposant s'était rendu à l’ambassade de la RDC à Bruxelles pour entamer les démarches en vue de récupérer son passeport" congolais.

La RDC a un nouveau président depuis les élections du 30 décembre dernier.

Le nouveau Chef d’Etat, Félix Tshisekedi, a déclaré mercredi, à Windhoek en Namibie, où il était en visite, que tous les exilés devraient rentrer librement au pays.

La semaine dernière, les nouvelles autorités congolaises avaient annoncé des facilités pour les Congolais d’origine d'obtenir le visa d’entrée à l’aéroport ou le même jour dans les ambassades de la RDC.

M. Tshisekedi a affirmé qu’il compte sur la diaspora congolaise pour rentrer investir et contribuer au développement du pays.

Les autorités gouvernementales et judiciaires congolaises ont accusé M. Katumbi "d'usurpation de la nationalité congolaise", pour avoir acquis la nationalité italienne; ce qu'il a toujours nié.

Selon la loi congolaise, tout Congolais qui opte pour la nationalité d'un autre pays cesse d'être considéré comme Congolais.

M. Katumbi a été "injustement privé de ce passeport jusque-là, il doit être rétabli dans ce droit élémentaire dont jouit tout citoyen congolais," selon son porte-parole, Olivier Kamitatu. "Ce déni de droit s'expliquait par le harcèlement politique, judiciaire et physique de l'ancien régime congolais envers Moïse Katumbi", a écrit M. Kamitatu dans un Tweet.

Mais, "à ce stade, aucune date pour le retour au pays n'a été arrêtée. Les conditions politiques et sécuritaires ne sont pas remplies", a-t-il expliqué, ajoutant que M. Katumbi et ses partisans vont poursuivre leur combat au sein de l'opposition.

M. Katumbi et un autre poids lourd de l'opposition, l'ancien vice-président Jean-Pierre Bemba, avaient soutenu la candidature de Martin Fayulu à la présidentielle de décembre contre Félix Tshisekedi et Emmanuel Ramazani, dauphin désigné par le président sortant Joseph Kabila.

Ex-allié de taille de M. Kabila et ex-gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi est passé en 2015 à l'opposition. Il a quitté la RDC en mai 2016 pour des raisons médicales en pleines démêlés judiciaires.

Katumbi a été condamné par contumace à trois ans de prison dans une affaire immobilière dont il conteste tout fondement.

Les dirigeants du régime Kabila, qui promettaient de l'arrêter à sa descente d'avion en RDC, le poursuivaient également dans une affaire de recrutement de mercenaires.

Candidat déclaré à la présidentielle, Moïse Katumbi n'avait pu déposer son dossier. Il avait accusé les autorités congolaises de l'avoir empêché de passer la frontière dans les délais.

Katumbi rencontre l’Envoyé spécial américain pour les Grands Lacs

L'Envoyé spécial américain pour la région des Grands Lacs, Peter Pham, à gauche, et Moïse Katumbi à Bruxelles, Belgique, le 28 février 2019. (Twitter/Ensemble pour le Changement)

Moïse Katumbi s'est entretenu avec le nouvel Envoyé spécial américain pour la région des Grands Lacs, Peter Pham, jeudi à Bruxelles.

Peu de détails ont filtré de la rencontre. La plateforme Ensemble pour le changement a publié un seul message laconique sur Twitter : "Un échange productif sur la situation politique de la RDC".

M. Pham, nommé au poste d’Envoyé spécial pour les Grands Lacs le 9 novembre 2018, effectue une tournée dans la région et discute avec les acteurs impliqués dans les affaires politiques congolaises.

Dimanche, il a échangé avec l’opposant Martin Fayulu qui continue de contester la victoire du président Félix Tshisekedi. M. Fayulu était accompagné d’autres membres de la coalition Lamuka.

M. Pham a également eu des entretiens avec d’autres acteurs, comme Albert Moleka de l’UDPS (Union démocratie et le progrès social).

"Les Etats-Unis se tiennent aux côtés du peuple de la République démocratique du Congo, à la suite du transfert historique et pacifique du pouvoir en RDC," a déclaré M. Pham lundi après la série des réunions avec les acteurs congolais.

Il a félicité le nouveau président Félix Tshisekedi pour son élection.

"Il y a exactement un mois, et j'ai insisté que les États-Unis s'engagent à le soutenir, ainsi que ses efforts à satisfaire le désir clair de changement exprimé par le peuple congolais. Nous sommes encouragés par le nombre de mesures importantes que le Président Tshisekedi a déjà prises au cours de son premier mois de mandat pour lutter contre la corruption, accroître la transparence, promouvoir le principe d’obligation de rendre compte et améliorer le respect des droits de l'Homme," a noté M. Pham.

"Alors que le gouvernement est en train de se former, nous sommes impatients de coopérer avec une nouvelle équipe engagée à faire progresser ces valeurs communes. Les restrictions de visas imposées par les États-Unis, annoncées lors de ma visite, vont dans le sens de l'engagement du Président Tshisekedi à éradiquer la corruption, à faire progresser les droits de l'homme et à renforcer la démocratie en RDC," a indiqué le nouvel Envoyé spécial américain.

M. Pham s’est félicité, après sa nomination, de bien connaître les acteurs congolais. Il avait reçu beaucoup d'entre d’eux alors qu’il était encore vice-président du think thank Atlantic Council et spécialiste des questions africaines et des Grands Lacs.

M. Pham a également été, par ailleurs, reçu à Brazzaville par le président Denis Sassou Nguesso, président en exercice de la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs et médiateur des crises en RDC.

22 militants prodémocratie transférés au parquet

Des militants du mouvement de la société civile, Lutte pour le changement (Lucha),à la procession funéraire de l'activiste congolais pro-démocratie, Luc Nkulula, à Goma, le 14 juin 2018.

Vingt-deux militants prodémocratie arrêtés la veille à Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo, ont été transférés jeudi au parquet, a-t-on appris auprès du procureur.

"Les militants de la Lucha (Lutte pour le changement) sont ici, leur dossier est en instruction", a déclaré à l'AFP Dauphin Mawazo, procureur de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu.

"Ils sont arrivés au nombre de 22, mais un d'entre eux accusait des malaises au niveau des dents, je l'ai laissé aller se faire soigner" mais il reviendra.

Au terme de l'instruction, vendredi, "nous déciderons soit de les envoyer en prison, soit de les libérer, conformément à la loi", a-t-il promis.

Les 22 militants ont été arrêtés mercredi lors d'une "marche pacifique" organisée par Lucha pour "dénoncer la léthargie des autorités" face à l'insécurité qui a fait au moins 20 morts à Goma depuis le début de l'année, selon le mouvement.

Le maire de Goma avait accusé les manifestant d'avoir "troublé l'ordre public".

Le même jour, une trentaine d'autres militants ont été interpellés à Kinshasa, avant d'être libérés.

La Lucha réclame la libération immédiate de ses militants.

Ce mouvement né à Goma regroupe des jeunes indignés et se définit comme apolitique et non violent.

Depuis mars 2015, le mouvement a été à la pointe de la contestation contre le pouvoir de l'ancien président Joseph Kabila (2001-2018). Leurs manifestations étaient systématiquement interdites ou réprimées et plusieurs de ses militants ont été arrêtés, jugés et/ou condamnés.

Le successeur de M. Kabila, Félix Tshisekedi investi en janvier 2019 a promis de faire de l'instauration de l’État de droit et du respect des libertés fondamentales l'une de ses priorités.

Les partisans de Joseph Kabila disent considérer comme "héros" les personnalités sous sanctions américaines

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Un centre de traitement d'Ebola tenu par MSF attaqué dans l'Est

Le centre de traitement d'Ebola de MSF à Butembo en RDC le 3 novembre 2018.

Un centre de traitement d'Ebola tenu par Médecins sans frontières (MSF) a été attaqué mercredi à Butembo, épicentre de l'épidémie de la fièvre hémorragique qui sévit dans cette région de l'est de la République démocratique du Congo, a-t-on appris de sources concordantes.

"Le CTE (centre de traitement d'Ebola) de Butembo vient d'être attaqué par des assaillants munis d'armes à feu et flèches. Ils viennent de brûler les premières structures d'accueil du CTE, heureusement la police vient de stopper cette action. Les opérations sont en cours", a déclaré à l'AFP Sylvain Kanyamanda, le maire de la ville.

"Nous ne savons pas encore qui a fait ça", a dit de son côté un membre de l'Agence nationale de renseignements (ANR).

"MSF confirme qu'un incident sécuritaire a lieu en ce moment au CTE de Butembo. Nous n'avons pas plus d'information à partager pour le moment", a indiqué l'ONG.

"Les policiers commis à la garde du CTE de Butembo ont repoussé l'attaque des assaillants et ont réussi à éteindre le feu, une partie (du centre) est brûlé. Nous regrettons la mort d'un policier", a déclaré à l'AFP le colonel Richard Mbambi, chef de la police de Butembo.

Un autre CTE tenu par cette ONG avait été attaqué dans la nuit de dimanche à lundi à Katwa, non loin de Butembo, rendant impossible la prise en charge des patients.

La dixième épidémie d'Ebola a été déclarée le 1er août dernier à Beni, dans la province du Nord-Kivu (est), avant de toucher la province voisine de l'Ituri (nord-est). L'épicentre de l'épidémie s'est déplacé de Beni vers Butembo, un grand centre commercial de près d'un million d'habitants, depuis quelques semaines.

"Depuis le début de l’épidémie, le cumul des cas est de 875" et "il y a eu 551 décès" au total, selon les derniers chiffres du ministère de la Santé publié mardi.

La riposte contre l'épidémie dans la province du Nord-Kivu est compliquée par la présence de rebelles armés et par la mobilité de la population.

Elle se heurte également à des réticences d'une partie de la population envers la prévention, les soins et les enterrements sécurisés des victimes.

La province du Nord-Kivu est en proie à l'insécurité depuis deux décennies en raison de la présence de divers groupes armés locaux et étrangers.

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