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RDC

RDC: des opposants interpellés pour avoir distribué des tracts appelant à un meeting

In this Thursday, Sept. 1, 2011 photo, an unidentified journalist from an opposition television station is detained and roughed up by police while covering an opposition protest in Kinshasa, Congo. Minutes after this picture was taken, the photographer wh

Un mouvement d'opposition congolais a dénoncé mardi l'interpellation à Kinshasa de dix de ses membres, retenus selon lui pendant plusieurs heures par les forces de l'ordre.

La plateforme politique Sauvons la RDC a affirmé que dix militants, dont un ancien ministre, Mathieu Kalele, ont été retenus "pendant plus de six heures" après avoir distribué des tracts appelant à un réunion politique.

"Les dix ont été relâchés au camp militaire Kokolo", dans le nord de la capitale congolaise, a déclaré par téléphone en début de soirée à l'AFP Martin Fayulu, député d'un petit parti d'opposition et principal animateur de Sauvons la RDC.

Aucun porte-parole de l'armée n'avait pu être joint en début de soirée pour confirmer ou infirmer les dires de M. Fayulu.

Interrogé par l'AFP, le directeur de l'information de la police congolaise, le colonel Pierrot Mwana Mputu, a indiqué qu'il ne pouvait parler au nom de l'armée et que, pour sa part, la police avait interpellé brièvement "un monsieur qui jetait des tracts [appelant à un] meeting".

La plateforme politique Sauvons la RDC, qui regroupe des partis de l'opposition et des organisations de la société civile, a été constituée pour empêcher toute velléité du président congolais, Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, de se maintenir au-delà de la fin de 2016, quand s'achèvera son deuxième et, aux termes de la Constitution, dernier mandat.

Après avoir longtemps soupçonné M. Kabila de vouloir modifier la Constitution pour parvenir aux fins qu'elle lui prête, l'opposition accuse désormais le chef de l'Etat de chercher à retarder les prochaines échéances électorales afin de rester en place plus longtemps.

FDLR: la Monusco prépare une offensive

Un char de la Monusco (Mission des Nations Unies au Congo).

Les soldats de l'ONU se préparent à mener une offensive, en appui à l'armée congolaise, contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR, rebelles hutus rwandais) dans l'est de la République démocratique du Congo, ont indiqué lundi les Nations unies.

Selon le porte-parole de l'ONU Stéphane Dujarric, la Monusco (mission de l'ONU en RDC) a "prépositionné des troupes et des équipements pour soutenir des opérations offensives contre les FDLR, en conformité avec son mandat".

La Monusco et l'armée congolaise, a-t-il ajouté, ont "mis au point un plan militaire conjoint en vue de mener des opérations contre les FDLR", à la suite de l'expiration vendredi dernier d'un ultimatum lancé aux rebelles pour qu'ils se rendent.

Malgré cet ultimatum, "il n'y pas eu un nombre significatif de redditions supplémentaires depuis juin", a souligné le porte-parole. Dans ces conditions, a-t-il ajouté, "les préparatifs militaires ont d'ores et déjà commencé".

Il a cependant souligné que "la situation ne peut pas être résolue uniquement par des opérations militaires" mais qu'elle réclame une "stratégie globale". La neutralisation des rebelles "prendra du temps étant donné la manière dont les FDLR sont dispersés" dans l'est de la RDC, a-t-il expliqué.

Martin Kobler, chef de la Monusco, a rendu compte de la situation au Conseil de sécurité lundi matin par vidéo-conférence.

Vendredi, le gouvernement congolais avait annoncé que "l'option militaire est devenue inévitable et (...) que toutes les dispositions opérationnelles requises ont été et seront prises à cet effet".

Considérablement affaiblies, les FDLR n'ont plus lancé d'attaque d'envergure contre le Rwanda depuis les années 2000, mais Kigali les considère toujours comme une menace.

Les FDLR, dont certains des chefs sont accusés d'avoir participé au génocide des tutsis en 1994 au Rwanda (800.000 morts selon l'ONU), commettent depuis des années en toute impunité de graves exactions contre les civils congolais et se livrent à de nombreux trafics, notamment d'or et de charbon de bois.

Mi-2014, la communauté internationale, dont les États de la région, leur avait donné jusqu'au 2 janvier, pour se rendre, faute de quoi ils s'exposeraient à des attaques de l'armée et de la Monusco. Mais seuls environ 350 ont déposé les armes.

Toujours au sujet de la Monusco, et en dépit des sempiternelles rébellions dans l'Est du pays, le secrétaire général de l'ONU propose de diminuer de 2.000 hommes, soit 10 pour cent environ, les effectifs de cette force. Ban Ki-moon veut toutefois la rendre "plus efficace dans l'accomplissement de son mandat", à savoir la protection des populations civiles des attaques perpétrées par les groupes armés. Le patron de l’ONU a fait part de ses recommandations dans un rapport soumis au Conseil de sécurité, en vue du renouvellement du mandat de la force onusienne en RDC en mars prochain.

RDC : un ancien député accusé d’incitation à la haine et emprisonné après s’être opposé à la révision constitutionnelle

Joseph Kabila, le président de la RDC

Un ancien député congolais, membre de la majorité opposé à une révision de la Constitution qui permettrait au président Kabila de briguer un troisième mandat, a été inculpé vendredi d'incitation à la haine tribale et incarcéré, a indiqué l'un de ses avocats.

Vendredi, il a été déféré au niveau du parquet général de la République. « On l'a inculpé d'incitation à la haine tribale et, tout à l'heure, il a été déféré au centre pénitentiaire de Makala", la prison centrale de Kinshasa, a déclaré à l'AFP la défense de Vano Kalembe Kiboko.

Arrêté lundi, M. Kiboko est poursuivi après "son point presse" de samedi concernant notamment "la protection des droits des autochtones de Kolwezi", dans la province minière du Katanga (sud-est). L'ancien député s'était opposé à ce que "le district de Kolwezi soit intégré dans le Lualaba" dans le cadre d'un redécoupage territorial.

"Pour moi, il n'y a pas d'éléments constitutifs de l'infraction. Le dossier est vide", a dit l'avocat, tout en souhaitant conserver l'anonymat.

Dans un communiqué, l'Association congolaise pour l'accès à la justice (Acaj) avait affirmé de son côté que l'ex-député a été arrêté pour s'être "opposé" à une "révision constitutionnelle" qui permettrait au président Joseph Kabila de briguer un troisième mandat, et pour "avoir dit soutenir la candidature du gouverneur de province du Katanga, Moïse Katumbi", à la présidentielle de 2016.

Selon un proche de M. Kiboko, l'ancien député estime pour sa part avoir été arrêté pour avoir suggéré à la majorité de penser à choisir un dauphin à M. Kabila et déclaré que M. Katumbi pouvait remplir ce rôle.

Le gouverneur Katumbi est rentré le 23 décembre 2014 dans sa province minière, poumon économique du pays, après trois mois passés à l'étranger. Accueilli triomphalement, il a prononcé un discours où il semblait s'opposer à un troisième mandat de M. Kabila.

Le président congolais a succédé en 2001 à son père assassiné, Laurent-Désiré Kabila. Il a ensuite été élu en 2006 au terme des premières élections démocratiques du pays, puis en 2011 lors d'un scrutin contesté par l'opposition et la communauté internationale.

Selon la Constitution actuelle, il ne peut briguer de troisième quinquennat en 2016. Mais l'opposition accuse son camp de vouloir réviser la Loi fondamentale ou de chercher à retarder le scrutin via un long recensement de la population, pour permettre à M. Kabila de rester au pouvoir au-delà de 2016.

Lundi, l'Acaj a affirmé que des membres de la majorité, de l'opposition et de la société civile sont la cible de "menaces" et d'"intimidations" de la part des "services de sécurité (...) à cause de leur opposition à toute révision constitutionnelle".

Congo-Brazza : le parti de Sassou Nguesso prône plutôt pour une nouvelle constitution

Congo's President Denis Sassou Nguesso (R) and Central African Republic President Catherine Samba Panza (L) attend talks gathering key players in the Central African conflict, July 21, 2014, in Brazzaville, to end more than a year of sectarian bloodshed.

Le Parti congolais du travail (PCT) propose désormais une nouvelle constitution en lieu et place d’un amendement, selon les responsables du parti.

Michel Odzocki, le porte-parole l’a récemment déclaré à la presse.

Mais de l’avis des experts légaux, la Constitution de la République du Congo ne prévoit pas son remplacement.

Pour Me Maixent Hanimba, juriste indépendant, « il y a des articles qui sont verrouillés, en l’occurrence l’article 85 qui limite les mandats du président à deux ».

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« Nous supposons que le parti du président de la République a bien compris que la révision constitutionnelle ne permettrait pas au chef de l’Etat de briquer un troisième mandat, » a indiqué Me Hanimba à la VOA.

Le juriste estime aussi que l’implication de toutes les parties sera nécessaire pour la mise en place d’une nouvelle Constitution, « qui signifierait la suspension de toutes les institutions du pays, y compris la présidence ».

Et, cette option requiert un consensus national.

RDC : des opposants accusent Kabila de vouloir se maintenir au pourvoir avec le recensement annoncé

Vital Kamerhe, leader of DRC party Union pour la nation congolaise and former president of DRC National Assembly

Deux grands partis de l'opposition en République démocratique du Congo ont accusé vendredi le président Joseph Kabila de vouloir se maintenir au pouvoir au-delà de 2016, jugeant que le recensement annoncé va entraîner un "glissement" du calendrier électoral.

"L'année qui s'annonce sera marquée par l'organisation des élections locales, municipales et provinciales ainsi que le démarrage des opérations de recensement de la population", avait annoncé le président de la RDC dans son allocution de Nouvel An.

Réagissant à cette annonce, l'opposant Vital Kamerhe, président de l'Union pour la nation congolaise (UNC), troisième force politique au Parlement, s'est inquiété d'une "menace de glissement" du calendrier électoral.

"On ne peut pas conditionner les élections au recensement. C'est une astuce trouvée pour le glissement, et c'est inacceptable", a-t-il affirmé à l'AFP.

"Comme ils se sont rendus compte que la communauté internationale ne veut pas entendre parler de révision constitutionnelle, ils mettent en place d'autres stratégies pour dépasser le délai" de 2016 et permettre à M. Kabila de rester au pouvoir après la fin de son mandat, a renchéri Augustin Kabuya, porte-parole de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), premier parti d'opposition.

Arrivé au pouvoir en 2001 après l'assassinat de son père Laurent-Désiré Kabila, Joseph Kabila a été élu président en 2006 au terme des premières élections démocratiques organisées dans le pays depuis son indépendance de la Belgique en 1960.

Il a été reconduit pour un nouveau mandat de cinq ans en 2011 lors d'un scrutin dont les résultats ont été contestés par l'opposition, et dont la communauté internationale a dénoncé de nombreuses irrégularités.

La Constitution, qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels, interdit actuellement à M. Kabila de briguer sa succession en 2016.

Le 15 décembre devant le Parlement, M. Kabila avait affirmé que le résultat du recensement général de la population était "nécessaire pour la bonne fin du processus électoral", laissant entendre qu'aucune élection ne pourrait avoir lieu tant que celui-ci ne serait pas achevé.

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