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RDC

RDC: divergence entre Sénat et Assemblée nationale autour de la loi électorale

Kengo Wa Dondo, le président du Sénat de la République Démocratique du Congo

Le Sénat a adopté vendredi un texte de la loi électorale divergent de celui voté en début de semaine par l’Assemblée Nationale à la base des violences au cours desquelles au moins 48 personnes ont été tuées durant trois jours de manifestation à Kinshasa.

Le texte voté au Sénat élague l’obligation d’un recensement avant les prochaines élections tel que le reprenait le libellé venant de l’Assemblée nationale.

Que se passera-t-il donc par la suite?

La VOA a posé la question à un constitutionnaliste congolais, membre de la commission politique, admirative et juridique de l’Assemblée Nationale et membre de la majorité Kabiliste, Christophe Lutundula.

M. Lutundula explique que le deux chambres du parlement devront se retrouver samedi en commission paritaire en fin d’harmoniser leurs vues.

Au cas où la divergence subsisterait, la Constitution prévoit que le texte de l’Assemblée nationale prélaverait, a prévenu Christophe Lutundula.

« Mon vœu est que nous passions une loi qui tiennent compte des aspirations profondes du peuple mais aussi des exigences constitutionnelles », a-t-il expliqué.

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Durant quatre jours, du lundi à jeudi, des manifestants sont sortis dans les rues à Kinshasa comme dans les principales villes du pays pour protester contre le projet de la loi électorale en examen au niveau du parlement.

Au moins 48 personnes ont été tuées à Kinshasa au cours de ces manifestations qui ont dégénéré en des affrontements contre les forces de l’ordre qui ont tiré à balle réelle selon l’opposition et les ONG.

Une accalmie est observée depuis jeudi soir. Le collectif des partis de l’opposition qui a appelé à occuper le parlement en début de semaine a dit vouloir attendre le résultat du vote au Sénat.

Joseph Olenghankoy, un des leaders de l’opposition a expliqué que l’espoir était que le Sénat rejette ladite loi.

Toutefois, l’opposition a programmé d’autres manifestations lundi prochain, jour de clôture de la saison parlementaire en cours.

La loi électorale à l'origine des violences en RDC, modifiée

Suite aux manifestations en RDC, le Sénat congolais a modifié vendredi l'article de la nouvelle loi électorale sur le recensement

L'opposition congolaise craignait qu'elle ait pour conséquence de repousser de plusieurs années le scrutin prévu pour 2016, permettant à Joseph Kabila de rester au pouvoir.

KINSHASA (Reuters) - Le Sénat de la République démocratique du Congo (RDC) a modifié vendredi l'article de la nouvelle loi électorale qui prévoyait l'organisation d'un recensement de la population en préalable à la tenue de la prochaine élection présidentielle, à l'origine des violentes manifestations des derniers jours.

L'opposition congolaise craignait que cette clause ait pour conséquence de repousser de plusieurs années le scrutin prévu pour 2016 et de permettre ainsi au président Joseph Kabila, qui ne peut se représenter une troisième fois, de se maintenir plus longtemps au pouvoir. Le sénat a voté une version modifiée de l'article 8 de la loi, qui précise que la mise à jour de la liste électorale devra être terminée dans le délai prévu par la constitution pour la tenue des élections législatives et présidentielle.

L'adoption de la loi originelle par la chambre basse du Parlement le week-end dernier a provoqué de violents heurts entre manifestants et forces de l'ordre, qui ont fait au moins 42 morts, selon la Fédération internationale des ligues de droits de l'homme (FIDH). "Nous avons écouté la rue. C'est pourquoi le vote d'aujourd'hui est un vote historique", a déclaré le président du Sénat, Léon Kenga Wa Dondo, à l'issue du vote des sénateurs. "Les amendements contenus dans cet article sur les données démographiques ne parlent plus de recensement (...) car le recensement aurait peut-être excédé la limite de temps prévue par la constitution", a-t-il dit.

Une commission mixte est désormais chargée de fusionner les deux textes avant un vote définitif de la loi qui devrait intervenir d'ici à la fin de la session parlementaire, lundi prochain. Mais les partisans de l'opposition n'ont pas attendu pour exprimer leur satisfaction dans les rues de Kinshasa. Plusieurs dizaines d'entre eux ont investi la rue du Commerce, au coeur de la capitale, aux cris de "Victoire, victoire!" après la retransmission du vote du Sénat à la télévision. "Le Sénat a montré sa sagesse en épargnant le sang du peuple congolais qui s'apprêtait à couler", a déclaré l'un d'eux, un commerçant de 45 ans se faisant appeler Mbuyi.

La France, les Etats-Unis et le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon avaient appelé les autorités congolaises à ne pas repousser les élections. "C'est un coup dur pour Kabila et ses partisans", estime l'analyste politique Pascal Kambalé, ancien directeur pour la RDC de l'Open Society Initiative for Southern Africa. "Leur seul objectif est de faire en sorte que Kabila reste au pouvoir après 2016. Mais ils n'ont pas de stratégie claire pour parvenir à ce résultat", souligne-t-il.

RDC : Ban Ki-moon propose la reprise du dialogue politique sous les auspices de Kobler

Ban Ki-moon

Ban Ki-moon a appelé au calme et proposé jeudi la reprise du dialogue politique sous les auspices de son représentant et chef de la mission onusienne en République Démocratique du Congo, Martin Kobler.

Pour lui, le dialogue pourra rapprocher les positions des principaux protagonistes dans la crise congolaise.

Le secrétaire général de l'ONU a appelé à la retenue les manifestants et les forces de l'ordre congolaises en vue de "privilégier le dialogue", rapporte l’Afp.

Le numéro un des Nations Unies a rappelé au gouvernement congolais la responsabilité de celui-ci à fournir un espace politique pour l'expression pacifique des opinions.

Il a par ailleurs mis en garde contre la violence qui « n’est pas acceptable » et a en même temps souligné que « la réponse à des manifestations violentes doit aussi être proportionnée ».

Ban est aussi revenu sur « la nécessité que le processus électoral soit crédible, pacifique et en accord avec la Constitution ».

De son côté, le Conseil de sécurité a tenu jeudi des consultations à huis clos.

L’ambassadeur chilien Cristian Barros Melet qui préside le Conseil en janvier a révélé que le Conseil de sécurité a invité le gouvernement de Kinshasa à "établir un cadre légal consensuel et un calendrier pour des élections organisées en temps opportun, en conformité avec la Constitution".

"La réponse du gouvernement (aux manifestations violentes) doit respecter les droits de l'homme et être proportionnée", ont souligné aussi les 15 pays membres.

A Kinshasa, le Sénat a renvoyé à vendredi le vote du projet de révision de la loi électorale à la base des affrontements qui ont déjà fait au moins 48 morts dans la ville.

Le calme est revenu jeudi dans la ville. L’opposition estime que la population attend plutôt la décision du Sénat. Le collectif d l’opposition a plutôt appelé à d’autres manifestations lundi.

RDC: Ladsous évoque un retrait « progressif » de la MONUSCO

Hervé Ladsous (AP)

« Des défis subsistent et en dépit de la défaite militaire du M23, des groupes armés congolais et étrangers ... continuent de représenter une menace », a dit Hervé Ladsous.

Le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, s'est félicité jeudi des progrès réalisés par la République démocratique du Congo (RDC) en matière de sécurité au cours des dernières années. Néanmoins, il a estimé que le retrait de la Mission de l'ONU dans le pays (MONUSCO) devrait être progressif, et moins important que celui réclamé par le gouvernement du président Joseph Kabila.

Il s’exprimait à l’occasion d'une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies sur la situation en RDC, signale le Centre d’actualités de l’ONU.

« De grands progrès ont été réalisés en RDC au cours de ces dernières années : le retrait des forces armées étrangères, la réunification du pays, l'établissement du gouvernement de transition et deux élections nationales », a-t-il noté. « Toutefois, des défis subsistent et en dépit de la défaite militaire du M23, des groupes armés congolais et étrangers, en particulier le FDLR et l'ADF, continuent de représenter une menace pour la population civile et pour la stabilité et le développement de l'est de la RDC et de la région des Grands Lacs », a poursuit M. Ladsous, toujours cité par le Centre d’actualité de l’ONU.

M. Ladsous s’est par ailleurs inquiété des incidents survenus ces derniers jours, qui sont liés à une tentative de modification de la Constitution par l’administration Kabila. Selon certaines sources, ils auraient coûté la vie à une cinquantaine de personnes. « Le peuple congolais a le droit de manifester pacifiquement. Nous exhortons le gouvernement à garantir que toute réponse aux manifestations violentes soit proportionnée », a-t-il dit.

Si la MONUSCO continue de jouer « un rôle important dans la stabilisation de la situation en RDC », l'ONU envisage de réduire les effectifs militaires de la Mission de 2.000 Casques bleus. Une réduction souhaitée par le président Kabila et son gouvernement, qui « ont plaidé pour une réduction plus importante ».

RDC : violences à Goma, les écoles fermées

Vidéo de la manifestation de Goma, 22 janvier 2015
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Les violences qui se poursuivaient en fin d’après-midi entre manifestants et policiers à Goma, principale ville de l’Est de la République Démocratique du Congo, ont poussé le maire de la ville a ordonné la fermeture des écoles.

Le maire de Goma, Naason Kubuya Ndoole, a annoncé dans un message diffusé sur les radios locales que tous les établissements d'enseignements fermaient leurs portes jusqu'à lundi "le temps de nous assurer que la situation est redevenue calme".

Malgré une pluie fine, des affrontements entre manifestants usant des pierres et policiers recourant au gaz lacrymogène et tirant par en l’air ont été constatés notamment autour des barricades érigées par des jeunes.

L’Afp rapporte que dans la matinée, les forces de l'ordre avaient ouvert le feu à plusieurs reprises sur quatre cortèges de manifestants hostiles au président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001. Deux étudiants qui étaient à d’un des cortèges qui se dirigeant à l’université, ont été blessés par balles.

De violentes manifestations ont lieu depuis le début de semaine dans beaucoup d’autres villes du pays.

Kinshasa, la capitale congolaise a été le théâtre de violences meurtrières de lundi à mercredi. A l'origine de ces troubles : un projet de loi contesté susceptible de permettre au président Kabila de se maintenir au pouvoir au-delà de la fin de son mandat, fin 2016, alors que la Constitution lui interdit de se représenter.

Déjà adopté par les députés, le projet devait être soumis au vote des sénateurs jeudi à partir de 13H00 GMT mais à 15H00 GMT le sénat ne s'était toujours pas réuni.

Ces violences ont fait 12 morts selon le gouvernement, 28 selon une ONG congolaise et 42 selon la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH ). Les troubles s'étaient étendus mardi et mercredi à Goma, où l'on n'a déploré aucun mort, ni aucun pillage, contrairement à ce qui s'est passé à Kinshasa.

Ville stratégique à la frontière du Rwanda, Goma est la capitale du Nord-Kivu, province déchirée par les conflits armés depuis plus de vingt ans.

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