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RDC : Le Sénat déclare recevable le projet de modification de la loi électorale à la base des heurts à Kinshasa

Kengo Wa Dondo, le président du Sénat de la RDC.

Le Sénat congolais a déclaré recevable, mardi, le projet de modification de la loi électorale à la base des heurts qui, à leur deuxième journée consécutive, ont causé au 28 morts à Kinshasa, selon les ONG, et dans d’autres villes de la RDC.

Les leaders de l’opposition ont dénoncé les morts, des cas d’arrestation des opposants et des manifestants et ont appelé les congolais à maintenir la pression sur le pouvoir jusqu’à l’obtention du retrait du projet de la loi pouvant retarder l’organisation des élections et laisser le président au pouvoir au-delà de son deuxième mandat, pourtant limité par la Constitution.

Le gouvernement n’a pas répondu aux appels téléphoniques de la VOA pour donner un bilan des heurts de mardi à Kinshasa. Mais les activistes des droits de l'homme disent avoir comptabilisé 28 personnes tuées lors de deux journées de manfestation.

Des cas d’arrestation sont signalés. Comme celle du bâtonnier Jean-Claude Muyambo, opposant proche de Moise Katumbi, le gouverneur Kabiliste de la province du Katanga qui a récemment fait revirement déclarant dans un discours imagé que « les supporters plus nombreux ceux du Burkina Faso devait envahir l’aire de jeu pour empêcher qu’un troisième faux penalty ne soit tiré ». M. Muyambo a été arrêté mardi matin de sa résidence.

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Vital Kamerhe de l’Union pour la Nation Congolaise, un des leaders le plus en vue de l’opposition, a qualifié « d’arbitraire » l’arrestation de M. Muyambo opérée par des hommes en cagoule. « On a d’abord accusé Muyambo d’appel à la révolte puis une fois au parquet il a été informé que son arrestation était plutôt due à un abus de confiance pour un dossier pour lequel il était avocat, » a indiqué M. Kamerhe, dénonçant la tentative du pouvoir d’installer un état de terreur en RDC.

Comme lui, Etienne Tshisekedi, leader historique de l’opposition, en convalescence à Bruxelles, a lancé un appel à poursuivre la pression contre le pouvoir de Joseph Kabila.

« Je lance un appel solennel à notre peuple de demeurer mobilisé, de manière permanente, pour contraindre ce régime finissant à quitter le pouvoir, en usant de tous les moyens que nous confère l'article 64 de notre Constitution, » affirme Etienne Tshisekedi à travers un communiqué remis mardi à la VOA.

La modification de la loi électorale contestée conditionne la tenue des élections de 2016 à un recensement et à l’identification de la population.

L’opposition estime que ces deux opérations ne pourront pas se faire avant la date du 19 décembre 2014 prévue pour les élections. Ce qui aura pour conséquence de maintenir M. Kabila au pouvoir au-delà de son deuxième mandat, selon la limite fixée par la Constitution.

Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en République démocratique du Congo (RDC) a déploré mardi le lourd bilan suite aux violentes manifestations qui ont eu lieu à Kinshasa.

« Je déplore les morts et les blessés suite aux incidents qui se sont produits … à la suite de violentes manifestations, et l'usage de la force létale par les forces de sécurité qui s'en est suivi », a déclaré Martin Kobler dans un communiqué relayé par le Centre d’actualités de l’ONU, il a rappelé que « l'usage de la force par les forces de l'ordre doit toujours être proportionné, imposé par la nécessité, et en dernier recours ».

Les violences de lundi et mardi à Kinshasa ont fait 28 morts, selon un bilan avancé mardi soir par une organisation de défense des droits de l'Homme congolaise.

Ce chiffre n'a pas pu être confirmé dans l'immédiat de source indépendante. Interrogé, la Croix rouge congolaise s'est refusée à donner un bilan, s'en remettant aux autorités.

"Nous avons consolidé les chiffres suivants: 20 morts dont deux policiers lundi, et huit morts" civils mardi, a déclaré à Me Georges Kapiamba, président de l'Association congolaise pour l'accès à la justice (ACAJ).

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Me Kapiamba a expliqué que ces chiffres avaient été obtenus par des observateurs déployés dans la capitale congolaise par son association et un collectif d'autres ONG. Ce nombre a été obtenu auprès de sources dans différentes morgues, mais l'ACAJ précise cependant ne pas avoir été en mesure d'établir une liste nominative de tous les morts.

Tshisekedi demande au peuple de contraindre le "régime finissant" de Joseph Kabila à "quitter le pouvoir".

Etienne Tshisekedi, leader de l'UDPS

L'opposant, toujours en convalescence à Bruxelles, s'est exprimé dans un communiqué

Pleinement informé des dramatiques événements survenus ce lundi 19 janvier 2015 en République Démocratique du Congo, je tiens à rendre un hommage mérité à la mémoire des nombreux compatriotes qui ont perdu la vie, pour avoir exercé pacifiquement leur droit d'expression démocratique.

"Je lance un appel solennel à notre peuple de demeurer mobilisé, de manière permanente, pour contraindre ce régime finissant à quitter le pouvoir", a déclaré le président du principal parti d'opposition, l'Union pour la Démocratie et le Progrès social.

Le leader de l'UDPS s'est aussi exprimé sur les violences qui perdurent depuis lundi à Kinshasa.

"A tout notre peuple opprimé et à toutes les familles qui sont éprouvées par la perte brutale de leur membre, je présente mes profondes et sincères condoléances. Aux nombreux blessés et victimes de ces actes barbares, j'apporte tout mon réconfort et je les exhorte à demeurer déterminés et constants dans le combat pour la libération. Je salue le courage et la détermination de tous nos compatriotes qui en bravant les armes et les intimidations de la dictature, ont répondu à l’appel au sursaut national que j'ai récemment lancé, dans le but de rétablir la vérité des urnes pour les élections de novembre 2011."

Etienne Tshisekedi en appelle à la Communauté internationale : "je l'invite à exercer son devoir de « responsabilité de protéger » la population congolaise en proie à des actes de barbarie qui privent nos concitoyens de leurs droits et de leurs espaces de liberté."

Internet coupé à Kinshasa

Des manifestations contre une modification de la loi électorale se sont poursuivies mardi pour la deuxième journée consécutive.

Les fournisseurs de service de télécommunication et d’Internet ont reçu l’ordre de couper l’Internet au deuxième jour de manifestations contre une modification de la loi électorale devant être adoptée au parlement de la République Démocratique du Congo.

"L'Agence nationale du renseignement (ANR) nous a donné l'ordre de couper internet pour Kinshasa jusqu'à nouvel ordre", a déclaré à l'AFP le responsable d'un opérateur sous le couvert de l'anonymat.

"A ma connaissance, cela s'applique à tous les opérateurs", a indiqué un autre.

VOA Afrique a tenté en vain de joindre les services de sécurité.

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En outre, les envois de sms étaient impossibles depuis le début de la matinée de mardi et les services 3G étaient indisponibles, selon des journalistes de l'AFP et de nombreux habitants.

Cette coupure de services de télécommunications intervient alors que Kinshasa était en proie mardi à de nouveaux troubles, avec des affrontements épars entre policiers et habitants dans les quartiers sud principalement.

Des journalistes de l'AFP ont vu un mini-bus brûler et ont assisté au pillage d'un magasin tenu par des Chinois, auquel des soldats ont rapidement mis fin en tirant en l'air.

A la mi-journée, des milliers de personnes quittaient le centre-ville pour regagner leur quartier, en l'absence de transports en commun, et alors que les boutiques qui avaient ouvert fermaient les unes après les autres.

Quatre personnes au moins, dont deux policiers, ont été tuées lundi à Kinshasa, selon un bilan gouvernemental, lors de violences qui ont éclaté alors que des opposants avaient appelé la population à "occuper massivement le Parlement" pour protester contre le projet de loi électorale en cours d'examen.

Le gouvernement a reconnu que ce texte risque d'entraîner un report de la présidentielle de 2016. Ce qui permettrait à M. Kabila, à la tête de la République démocratique du Congo depuis 2001, de se maintenir au pouvoir au-delà de la fin de son mandat.

La police tire en l'air à Kinshasa

Des manifestants anti-gouvernementaux à Kinshasa, République démocratique du Congo (AP)

Un chef de file de l'opposition, Jean-Claude Muyambo, a été arrêté à sa résidence de Kinshasa, a déclaré Vital Kamerhe, président de l'Union pour la nation congolaise (UNC).

KINSHASA, 20 janvier (Reuters) - Les policiers de RDC ont tiré en l'air mardi pour disperser à Kinshasa des manifestants qui protestaient pour la deuxième journée consécutive contre un projet de révision de la loi électorale, susceptible d'entraîner le report de l'élection présidentielle fixée à 2016.

Des étudiants ont mis le feu à des pneus et ont érigé une barricade sur la route menant à l'université de Kinshasa, dans le sud de la capitale de la République démocratique du Congo, ont rapporté des témoins.

Le projet de révision du code électoral a été adopté au cours du week-end par la chambre basse du parlement de RDC et il est en débat actuellement au Sénat. Lundi, au moins quatre personnes ont été tuées dans des heurts entre les forces de l'ordre et les manifestants à Kinshasa.

L'opposition, qui dénonce un "coup d'Etat constitutionnel", redoute que la réforme de la loi électorale ne soit une manoeuvre du président Joseph Kabila pour repousser de plusieurs années la tenue du prochain scrutin, prévu en 2016. Kabila, qui a remporté les élections présidentielles de 2006 et 2011, ne peut pas, en vertu de la Constitution, briguer un troisième mandat.

Autre signe de tension politique en RDC, un chef de file de l'opposition, Jean-Claude Muyambo, a été arrêté à sa résidence de Kinshasa, a déclaré Vital Kamerhe, président de l'Union pour la nation congolaise (UNC, opposition). Jean-Claude Muyambo avait quitté en novembre dernier les rangs de la coalition au pouvoir. Le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, a expliqué que son arrestation, ordonnée par le parquet de la république, découlait d'une plainte concernant une transaction immobilière et n'avait "aucun lien avec la situation politique".

Au moins quatre tués lors des heurts de lundi à Kinshasa

Au moins quatre personnes ont été tuées lors des heurts qui ont eu lieu lundi à Kinshasa, selon le porte-parole du gouvenement, Lambert Mende, que cite notre radio partenaire à Kinshasa Top-Congo.

Selon Lambert Mende, deux civils ont été tués mais aussi deux agents de force de l’ordre. Tous sont morts par balle.

Des scènes de pillage ont eu lieu à différents endroits au cours de la journée.

L’opposition avance un nombre plus élevé et accuse le gouvernement d’avoir ordonné l’usage des balles réelles.

« Dix corps ont été comptés et de nombreuses autres personnes blessées par balle réelle ont été conduites à l’hôpital, » a déclaré à la VOA Franck Diongo, député de l’opposition qui dit avoir bloqué par des policiers qui ont cadenassé le siège de son parti où il attendait avec des militants pour aller dans les rues au matin.

Selon lui, la police a été débordée et a fait appel à l’armée qui n’a pas hésité à tirer.

Les autorités policières n’ont pas répondu aux appels de la VOA pour confirmer le bilan.

Le calme semble revenir en fin de journée mais les forces de l’ordre restent déployées dans la ville et quelques poches de résistance des manifestants sont aussi perçues.

D’autres manifestations ont aussi signalées dans d’autres provinces mais elles ont été aussitôt dispersées comme à Goma, dans le Nord-Kivu.

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