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Niger

Opérations terrestres et aériennes contre Boko Haram dans le bassin du lac Tchad

Des soldats dans le camps militaire de Bosso, au Niger, le 17 juin 2016. Archives

L'armée du Niger a lancé des opérations terrestres et aériennes contre le groupe jihadiste Boko Haram dans le bassin de lac Tchad dans le sud-est du pays, tuant plus de 200 "terroristes", indique mercredi soir un communiqué du ministère de la Défense.

"Les actions combinées des troupes au sol et de l'aviation ont donné le bilan provisoire suivant à la date du 2 janvier 2019: côté ennemi plus de 200 terroristes mis hors d'état de nuire suite aux frappes aériennes et 87 (autres) neutralisés par les troupes au sol", précise le communiqué lu à la télévision d'Etat.

Cette "vaste opération de ratissage" lancée le "28 décembre 2018", est concentrée "le long de la rivière Komadougou" (qui sert de frontière naturelle entre le Niger et le Nigeria) et "sur les îles du lac Tchad", poursuit le texte.

Les zones visées sont des espaces très marécageux qui servent de repères aux combattants de Boko Haram. "Aucune perte, ni en vie humaine ni en matériel, n'est à déplorer" dans les rangs des militaires nigériens, assure le ministère.

Les jihadistes ont également subi des pertes matérielles avec huit pirogues détruites, trois véhicules dont celui de la société française Foraco, emporté lors de l'attaque des jihadistes le 22 novembre contre la localité de Toumour dans la même zone, souligne le communiqué.

En outre, l'armée a saisi deux mitrailleuses, deux lance-roquettes RPG, des armes d'assaut, 2.000 cartouches de divers calibres ainsi que des téléphones portables.

Cette offensive des forces nigériennes intervient un mois après que l'armée nigérienne a dit craindre des attaques de Boko Haram contre ses positions dans cette zone début 2019.

Niamey reste surtout "préoccupée" par la "situation au Nigeria" voisin où "des bases militaires ont été défaites" récemment par Boko Haram, avait déclaré début décembre Kalla Moutari, le ministre de la Défense du Niger devant le Parlement.

Les combattants de "Boko Haram ont pu se ravitailler en matériel, ils ont pu se revigorer", a souligné M. Moutari qui "craint" des attaques des jihadistes contre les forces nigériennes "à partir de janvier 2019, (période) qui correspond au début du retrait des eaux de la Komadougou".

La rivière empêche généralement les incursions des insurgés nigérians sur le sol nigérien.

Le 29 novembre, les présidents des quatre Etats riverains du lac Tchad, Nigeria, Niger, Tchad et Cameroun, ont demandé lors d'une réunion à N'Djamena, "le soutien" de la communauté internationale dans la lutte contre Boko Haram.

Bilan de l'année 2018 au Niger

Des manifestants marchent dans les rue de Niamey pour protester contre la loi de finance, le 31 décembre 2017.

En cette fin d'année 2018, nous vous proposons de revenir sur les faits saillants qui ont marque l'actualité au Niger sur les plans politique, social et sécuritaire.

Procès sur la tentative de coup d'Etat

Le procès des militaires accusés de tentative de coup d'Etat en décembre 2015 aura été un des faits majeurs qui a marque l'année 2018 au Niger.

À l'issue de trois jours d'audiences, le tribunal militaire rend le 27 janvier son verdict : quinze ans de prison ferme pour le cerveau du push manque constitue du général Salou Souleymane, du capitaine Issa Amadou Kontche et du lieutenant Ousmane Awal Hamabaly.

''Personne ne sait ce que demain fera, Dieu est grand'', déclara ce dernier avant de monter à bord du véhicule pénitentiaire. Le 19 décembre 2018, la Cour de cassation a confirmé cette décision du tribunal militaire.

Contestations contre les mesures fiscales

Sur le plan social, ce sont les contestations des mesures fiscales jugées antisociales contenues dans la loi des finances 2018, par les organisations de la société civile, qui ont dominé l'actualité.

Le 25 mars, alors qu'ils s'apprêtaient à braver une nième interdiction de leurs manifestations, les principaux acteurs de la société civile sont arrêtés. Avec eux une vingtaine d'autres manifestants. Ils passent plus de quatre mois de prison avant de passer devant un juge qui les condamna à trois mois de prison avec sursis.

"Nous n'allons pas nous arrêter à ce niveau. Nous n'allons ni faiblir ni renoncer'', déclarait Ali Idrissa, un des responsables de la société de civile a sa sortie de prison. Le procès en appel de cette condamnation est encore attendu.

Controverse du code électoral

Sur le plan politique, c'est essentiellement la controverse autour du code électoral et la Céni en vue des élections générales de 2021 qui a retenu l'attention. Reste longtemps intransigeant le pouvoir fini par accepter de dialoguer avec l'opposition.

Un comité de révision du code électoral est mis en place. Après quelques semaines de travail, il vole en éclats. Les débats sont notamment achoppé autour de l'article 8 du code électoral qui en l'état exclu le chef de file de l'opposition Hama Amadou de la course à la présidentielle.

"Les représentants du pouvoir nous disent que l'on ne pas faire une loi pour un seul individu, nous avons répondu oui, mais que l'on ne peut pas non plus faire une loi contre un seul individu", a déclaré Soumana Sanda, vice-président du parti de Hama Amadou.

Pour Bazoum Mohamed, président du parti au pouvoir, cet article a de tout temps existé dans les différents codes électoraux du Niger depuis 1992.

"C'est ce que l'opposition veut que nous changions". Le président Issoufou Mahamdou a récemment appelé a une reprise du dialogue entre majorité et opposition.

Boko Haram

Sur le plan sécuritaire, à l'Est du pays où sévit la secte Boko Haram, c'est le triple attentat kamikaze du 5 juin à Diffa et le récent enlèvement de 15 jeunes filles à Toumour qui ont constitues les événements majeurs de cette année qui s'achève.

Ces quinze jeunes viennent s'ajouter aux 39 femmes et les enfants enlevées à Ngalewa depuis juillet 2017 et dont on est sans nouvelles. Il y a eu également une tentative d'évasion de sept éléments repentis de Boko Haram du centre de radicalisation dans lequel ils sont internes.

À l'Ouest du pays, sur la frontière avec le Mali et le Burkina Faso, la situation s'est totalement dégradée.

Meurtres, assassinats, vols de bétails, enlèvements de citoyens, prêches forces et prélèvements d'impôts par des groupes jihadistes auprés de populations décrivait un député de la région qui a interpelle le ministre de l'Intérieur devant le parlement. Le ministre a rassuré que des mesures sont prises pour gérer la situation.

Quelques jours après trois gendarmes sont tues par des motos venus à bord de motos au niveau du poste frontalier de Makalondi prés du Burkina Faso. Aussi, l'on a aucune nouvelle du prêtre italien enlevé au niveau de la même frontière nigéro-burkinabé en septembre 2018.

Epidémie de choléra et grève des enseignants

Une épidémie de choléra a été déclarée à Maradi en août. Elle a fait une vingtaine de morts. Toujours à Maradi une humanitaire travaillant pour MSF Suisse a été expulse du pays pour avoir gonfler des chiffres sur la prévalence de la malnutrition.

Le début de l'année scolaire a été fortement perturbé par une grève illimitée des enseignants de l'université après une altercation entre un enseignant et un groupe d'étudiants. Le gouvernement a temporairement ferme le campus universitaire.

Tillabery: mesure d'urgence dans la région frontalière avec le Mali et le Burkina Faso

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Une centaine d'écoles fermées après des menaces jihadistes

Elèves d'une école coranique de Bosso dans le sud-est du Niger, le 25 mai 2015.

Une centaine d'écoles ont fermé ou suspendu leurs cours au Niger en raison de menaces des groupes jihadistes, a annoncé jeudi l'ONU.

Dans la région de Tillabéri (sud-ouest), "33 écoles ont temporairement suspendu leurs activités" et "18 écoles ont dû fermer" à cause "des menaces et exactions des groupes armés non étatiques", indique le bulletin du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (Ocha) de Niamey.

Ces établissements se trouvent dans la commune de Torodi, près du Burkina Faso, et dans les zones d'Ayorou et Abala, proches du Mali.

Pour "assurer la continuité des cours", les autorités ont "regroupé" certaines écoles dans les endroits "les plus calmes" et ont entrepris "la sécurisation des zones" pour "rassurer les populations effrayées", explique l'agence onusienne.

De nombreuses zones de la région de Tillabéri sont le théâtre "d'effroyables violences" de "groupes armés tuant, enlevant des civils" et "brûlant les écoles et pillant les maisons, les entreprises et le bétail", a déploré la semaine passée la représentation locale du Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

En revanche, les écoles où l'arabe est enseigné "ne sont pas inquiétées" par les assaillants, selon des habitants de ces zones.

Dans le sud-est du Niger, plusieurs dizaines d'écoles scolarisant notamment des enfants déplacés nigériens et des réfugiés nigérians sont restées fermées depuis 2017 face à la persistance des violences de Boko Haram dans la région de Diffa, frontalière du fief des insurgés islamistes dans le nord-est du Nigeria, selon l'ONU.

Dans cette même région, 44 écoles "ont fermé provisoirement" à cause "du faible effectif d'élèves", déplore l'ONU.

Certains établissements ont fermé après les toutes premières attaques de Boko Haram - nom qui signifie "l'école occidentale est un péché" - en février 2015, avait expliqué un élu local.

Des écoles avaient été "mises à sac ou brûlées" par Boko Haram et "des enseignants avaient reçu des menaces de mort", ce qui les avait "poussé à fuir", selon cet élu. En octobre 2017, le directeur d'une école primaire a même été égorgé par des hommes de Boko Haram, d'après le ministère nigérien de l'Enseignement.

Colère des réfugiés soudanais pris en charge par le HCR

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