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Moyen-Orient

Syrie: près de 100 combattants tués dans des combats à Idleb

En dépit de la trêve annoncée le 31 août, les combats au sol, d'abord sporadiques, se sont intensifiés ces dernières semaines en Syrie.

Les forces du régime syrien sont engagées lundi dans de violents affrontements avec des groupes rebelles et jihadistes dans la province d'Idleb, où le bilan de ces combats ces deux derniers jours est monté à 96, selon une ONG.

Les affrontements qui secouent cette province du nord-ouest de la Syrie dominée par les jihadistes sont les plus meurtriers depuis un fragile cessez-le-feu entré en vigueur fin août, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"Les combats font rage lundi à l'aube sur plusieurs axes au sud-est d'Idleb", a précisé l'Observatoire.

Ces dernières 48 heures, 51 membres des forces du régime et 45 combattants dans le camp adverse ont été tués, selon l'OSDH.

La province d'Idleb est dominée par les jihadistes du groupe Hayat Tahrir al-Cham (HTS), ex-branche syrienne d'Al-Qaïda. Cette région, et des secteurs adjacents des provinces d'Alep, Hama et Lattaquié, échappe toujours dans sa vaste majorité au régime.

Ces zones abritent aussi plusieurs autres groupuscules jihadistes et des rebelles affaiblis.

Entre fin avril et fin août, la région avait été pilonnée par l'armée syrienne, appuyée par l'aviation russe. Près d'un millier de civils ont péri durant cette période, selon l'Observatoire, et plus de 400.000 personnes ont été déplacées, d'après l'ONU.

En dépit de la trêve annoncée le 31 août, les combats au sol, d'abord sporadiques, se sont intensifiés ces dernières semaines. En outre, plus de 160 civils, dont 45 enfants, sont morts dans les bombardements depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, selon l'OSDH.

En octobre, le président syrien Bachar al-Assad a effectué sa première visite dans la province depuis le début de la guerre en 2011, affirmant que la bataille d'Idleb était la clé pour y mettre fin.

Le conflit en Syrie, déclenché en 2011 par la répression de manifestations prodémocratie par le régime de Damas, a fait a fait plus de 370.000 morts et des millions de déplacés.

Avec AFP

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Le sud de l'Irak à feu et à sang, 28 manifestants tués

Les manifestatnts irakiens enterrent les victimes de la répression, le 28 novembre 2019, à Najaf. (Photo by Haidar HAMDANI / AFP)

Le sud de l'Irak était à feu et à sang jeudi, la mort de 28 manifestants dans la répression des forces de l'ordre ne faisant pas faiblir les attaques des protestataires contre des bâtiments officiels dont le consulat d'Iran dans la ville sainte chiite de Najaf.

Pour tenter de contenir la violence qui s'est déchaînée lors d'une des journées les plus meurtrières en deux mois de contestation, les autorités ont limogé un général qu'elles avaient initialement dépêché pour "rétablir l'ordre" dans le sud de l'Irak.

Avec l'incendie du consulat iranien, le mouvement qui conspue le pouvoir à Bagdad et son parrain iranien a franchi un palier, après des violences qui ont fait en deux mois plus de 380 morts et quelque 15.000 blessés selon un bilan de sources médicales et policières compilé par l'AFP.

A Nassiriya, dont est originaire le Premier ministre Adel Abdel Mahdi, 25 manifestants ont été tués et plus de 200 blessés en quelques heures, après l'arrivée des renforts de la police depuis Bagdad, selon des médecins.

Mais les manifestants ne se replient pas. Ils ont d'abord incendié un QG de la police puis encerclé le commandement militaire de la province où se trouvent les ruines de la ville antique d'Ur. Ils ont formé par milliers un cortège funéraire aux "martyrs" dans le centre-ville, défiant un couvre-feu imposé plus tôt.

Là, ils ont crié qu'ils resteraient "jusqu'à la chute du régime".

Des dizaines de combattants tribaux en armes se sont eux déployés sur l'autoroute venant de Bagdad, déterminés ont-ils dit, à empêcher l'arrivée de plus de renforts.

Evoquant des "scènes de guerre" à Nassiriya, Amnesty International a accusé les forces irakiennes de se livrer à "une violence consternante" et appelé la communauté internationale à intervenir car "le bain de sang doit cesser".

- "Iran dehors!" -

Plus au nord, dans la ville sainte chiite de Najaf, visitée chaque année par des millions de pèlerins iraniens, des centaines de manifestants ont brûlé puis investi le consulat iranien mercredi tard le soir, aux cris de "Iran dehors!" et "victoire à l'Irak!".

Jeudi, trois manifestants ont été tués par balles près du consulat, selon des médecins.

Bagdad a dénoncé des personnes "étrangères aux manifestations" voulant "saper les relations historiques" entre l'Iran et l'Irak, d'avoir incendié le consulat. Téhéran a réclamé "une action décisive".

Les violences ont aussi touché Kerbala, l'autre ville sainte chiite, où des heurts ont opposé manifestants aux forces de l'ordre.

Pour les manifestants, le système politique conçu par les Américains qui ont renversé Saddam Hussein en 2003 est à bout de souffle dans un des pays les plus riches en pétrole du monde mais aussi l'un des plus corrompus.

Et surtout, le pouvoir est sous la mainmise de l'Iran, qui a pris l'avantage face aux Etats-Unis, et de son puissant émissaire, le général Qassem Soleimani. Ce dernier est parvenu à réunir les partis irakiens pour resserrer les rangs autour de M. Abdel Mahdi, un temps sur la sellette.

Depuis le début le 1er octobre du mouvement inédit depuis des décennies en Irak, les manifestants réclament le renouvellement du système et de la classe dirigeante dans un pays où un habitant sur cinq vit sous le seuil de pauvreté et où, officiellement, 410 milliards d'euros ont été détournés ces 16 dernières années, soit deux fois le PIB.

- L'or noir -

Revenant à la charge, le turbulent leader chiite irakien Moqtada Sadr a prévenu que si le gouvernement ne démissionnait pas, "ce serait le début de la fin de l'Irak".

La répression a été lancée après la nomination jeudi de commandants militaires pour "restaurer l'ordre".

Mais à Nassiriya, le gouverneur Adel al-Dekhili qui a déclaré trois jours de deuil dans sa province a menacé de démissionner si le général tout juste nommé, Jamil al-Chemmari, n'était pas limogé.

Le Premier ministre a finalement limogé ce haut-gradé qui était en charge de la sécurité à Bassora lors de manifestations dispersées dans le sang et l'incendie d'un consulat iranien en 2018, selon la télévision d'Etat.

Cette fois-ci encore, Bassora, l'immense cité pétrolière, est au rendez-vous. Là, comme dans les autres villes du Sud, les écoles sont fermées, de même que de nombreuses administrations.

Et les grands axes routiers sont coupés par des manifestants qui tentent de toucher le gouvernement à son talon d'Achille, l'or noir.

Jusqu'ici toutefois, ils n'ont atteint ni la production ni la distribution de pétrole, unique ressource en devise du pays et qui représente 90% des recettes d'un gouvernement surendetté.

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