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Maroc

Un mort dans des affrontements entre supporters au Maroc

Mohammed Ounnajem du Wydad Casablanca face à Mohamed Benkhemassa de l'USM Alger, au stade Mohamed VI, Maroc, le 21 octobre 2017.

Des affrontements entre des supporters de deux clubs marocains de football, près de Casablanca, ont fait un mort et cinq blessés, ont annoncé les autorités locales mercredi.

"Un groupe de supporters du Wydad Casablanca a intercepté un véhicule transportant des fans de l'AS FAR Rabat, lui jetant des pierres, avant que la situation ne dégénère en affrontements", selon un communiqué officiel.

Ces affrontements sont survenus mardi soir après un match de la Coupe du trône marqué par une lourde défaite du Wydad (1-3). Cinq blessés ont été évacués à l'hôpital et "une personne a trouvé la mort en chutant du haut du véhicule", d'après la même source.

Six personnes ont été arrêtées pour leur implication présumée dans ces violences, ont précisé les autorités.

Par ailleurs, 22 supporters, dont cinq mineurs, ont été interpelés pour "possession de fumigènes, armes blanches (...) bouteilles en verre et bâtons", qu'ils "essayaient de faire entrer au stade" avant la rencontre, a annoncé mercredi la police.

Les affrontements entre supporteurs de football sont récurrents au Maroc, où deux fans avaient trouvé la mort en mars 2016.

Les autorités avaient dans la foulée dissous des groupes de supporters et interdit tout signe distinctif (slogans et banderoles) dans les stades. La présence des "ultras" a été à nouveau autorisée en mars 2018.

Les premiers groupes "ultras" ont fait leur apparition en 2005 dans les deux grands clubs de Casablanca (le Wydad et le Raja), avant d'essaimer dans le pays.

Archipel d'art féminin pour la première biennale de Rabat

Visiteurs regardant le documentaire "475: briser le silence" de la réalisatrice marocaine Hind Bensari, Rabat, 28 mars 2013.

"Un instant avant le monde", la première biennale d'art contemporain de Rabat propose un archipel d'art féminin réunissant 63 artistes peintres, cinéastes, vidéastes, chorégraphes, performeuses et architectes.

"Il s'agit de faire œuvre de réparation en marquant la présence des femmes dans l'art", a expliqué le commissaire d'exposition franco-algérien Abdelkader Damani en présentant l'événement programmé jusqu'au 18 décembre dans une dizaine de lieux de la capitale marocaine.

Symboliquement, la grande exposition proposée au musée d'art contemporain s'ouvre par des images d'un concert en 1968 à Rabat d'Oum Kalthoum, reine de la chanson arabe. Avec ce souvenir, "il faut nous rappeler de nous au lendemain de nos indépendances", dit Abdelkader Damani qui a conçu cette première biennale entre "rupture et obsession de la mémoire", autour d'une "histoire commune" sans déterminisme géographique et sans prisme national.

Il faut traverser l'écran géant d'Oum Kalthoum pour accéder à la première salle du musée. Là, un crâne d'Homo sapiens vieux de 300.000 ans découvert au Maroc côtoie un tapis planisphère rouge plaçant le continent africain au cœur du monde et un keffieh de la résistance palestinienne brodé de cheveux de femmes - deux œuvres de Mona Hatoum, artiste née au Liban de parents palestiniens et installée à Londres.

Tout au long du parcours, les autres artistes invitées évoquent le corps, la révolte, la vie, la mort, dans une profusion de formes, de matières et de couleurs. Le tout "sans aucune censure", selon les organisateurs de la biennale. Pour cette biennale, mise sur pied par un encadrement très masculin avec une majorité d'artistes femmes, la ligne a été "sélection libre, expression libre et cartes blanches", comme le dit Abdelkader Damani.

"C'est une chance d'être là", souligne ainsi la Marocaine Khadija Tnana qui a été censurée l'an dernier par les autorités pour une installation baptisée "Kamasoutra" - des vignettes de dessins érotiques placées dans des talismans traditionnels "main de Fatima". Pour cette biennale, la peintre a conçu une "Origine du monde" très personnelle, en référence à l'œuvre contestée produite par le français Gustave Courbet en 1866.

Le programme prévoit aussi des projections de cinéma et des créations littéraires, avec une touche de Street Art dans un parc de Rabat, autour du graffeur américain Futura.

Du travail dans l’agriculture pour les jeunes au Maroc

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Nouveau report du procès de la journaliste Hajar Raissouni

Manifestation en faveur de la journaliste détenue Hajar Raissouni, Rabat, Maroc, 9 septembre 2019.

Le tribunal de première instance de Rabat a reporté lundi au 30 septembre le procès de la journaliste marocaine Hajar Raissouni, poursuivie pour "avortement illégal" et "relations sexuelles hors mariage", une affaire qui suscite l'indignation.

Au cours d'une audience de plus de neuf heures, la journaliste a évoqué une expertise médicale "douloureuse" faite "sans son consentement" et sans anesthésie.

Les avocats de cette reporter de 28 ans ont plaidé pour son acquittement: "Une décision pareille montrerait que vous êtes indépendant et la justice en sortira grandie", a dit l'un d'eux en s'adressant au juge.

Journaliste du quotidien arabophone Akhbar Al-Yaoum, Hajar Raissouni risque jusqu'à deux ans de prison en vertu du code pénal marocain, qui sanctionne les relations sexuelles hors mariage et l'avortement quand la vie de la mère n'est pas en danger.

Devant le juge, elle a nié tout avortement, assurant avoir été traitée pour une hémorragie interne, ce que son gynécologue, arrêté et jugé en même temps qu'elle, a confirmé lundi devant le tribunal.

Interpellée fin août à l'entrée d'un cabinet médical de Rabat, la journaliste dit avoir été arrêtée par "douze policiers", puis "contrainte à faire un examen médical, sans son accord", dans un hôpital.

"L'examen a duré 20 minutes, sans anesthésie", a dit la jeune femme vêtue d'une djellaba noire et coiffée d'un foulard vert.

Quatre équipes de policiers se sont ensuite relayées pour l'interroger sur ses proches, sur son journal, sur ses écrits et sur un éventuel avortement, selon son récit. Un de ses oncles est un éditorialiste engagé du quotidien Akhbar Al-Yaoum, un autre un idéologue islamiste opposé au statut de "commandeur des croyants" du roi Mohammed VI.

La journaliste avait été arrêtée en même temps que son fiancé. Comme eux, le gynécologue de 68 ans qui l'a traitée, un anesthésiste de 82 ans et une secrétaire ont été placés en détention et sont jugés avec eux.

Le médecin a confirmé devant les juges l'avoir soignée pour une hémorragie, "un cas d'urgence", et a déclaré n'avoir pu relire le procès verbal accusateur dressé par les policiers.

En début d'audience, les avocats de la défense ont assimilé l'expertise imposée à la journaliste à de la "torture", pointant les "manquements de la police judiciaire". Les policiers ont "pris la liberté d'ordonner des examens médicaux sans passer par le procureur, dans le but de fabriquer des preuves coûte que coûte", selon eux.

Les demandes de remise en liberté de tous les prévenus et l'annulation des procès verbaux litigieux n'ont pas été retenues par le juge.

L'affaire suscite une vague de colère et indignation, soulevant des débats sur les libertés individuelles au Maroc et sur les poursuites judiciaires visant les voix critiques.

Des centaines de marocaines se déclarent "hors-la-loi" pour défendre leur liberté

Manifestation de solidarité pour la journaliste Hajar Raissouni, Rabat, Maroc, 9 septembre 2019.

Des centaines de Marocaines se sont déclarées "hors-la-loi" en proclamant avoir violé les lois "obsolètes" de leur pays sur les mœurs et l'avortement, dans un manifeste publié lundi au nom des libertés individuelles.

"Nous sommes hors-la-loi. Nous violons des lois injustes, obsolètes, qui n'ont plus lieu d'être. Nous avons eu des relations sexuelles hors mariage. Nous avons subi, pratiqué ou été complices d'un avortement", affirment les signataires.

"La culture du mensonge et de l'hypocrisie sociale génère la violence, l'arbitraire, l'intolérance. Ces lois, liberticides et inapplicables, sont devenues des outils de vengeance politique ou personnelle", déclare le manifeste lancé sous forme de pétition ouverte aux hommes.

Le texte co-rédigé par l'écrivaine franco-marocaine Leila Slimani porte symboliquement 490 signatures, en référence à l'article 490 du code pénal marocain qui punit de prison les relations sexuelles hors mariage.

Sa publication coïncide avec la troisième audience du procès de Hajar Raissouni, une journaliste en détention depuis fin août pour "avortement illégal" et "débauche". Cette reporter du quotidien arabophone Akhbar Al-Yaoum dénonce une "affaire politique" depuis son arrestation.

- "Défendre toutes les vies brisées" -

Sa demande de remise en liberté a été rejetée la semaine dernière par le tribunal de Rabat, tout comme celle de son fiancé, du médecin, de l'infirmier et de la secrétaire médicale, arrêtés en même temps qu'elle. L'audience de lundi doit être consacrée au fond, les "vices de forme" soulevés par la défense n'ayant pas été retenus.

Au-delà de ce cas, le manifeste des "Hors-la-loi" veut "défendre toutes les vies brisées par le déshonneur, l'infamie ou la prison", a déclaré Leïla Slimani. "C'est une campagne portée par des femmes de tous bords, enseignantes, banquières, femmes au foyer, étudiantes, artistes ou intellectuelles", a précisé la réalisatrice Sonia Terrab, co-autrice du texte.

"Je n'en peux plus. Car mon corps m'appartient, il n'appartient ni à mon père, ni à mon mari, ni à mon entourage, ni aux yeux des hommes dans la rue, et encore moins à l'Etat", affirment les signataires.

En 2018, la justice marocaine a poursuivi 14.503 personnes pour débauche, 3.048 pour adultère, 170 pour homosexualité et 73 pour avortements, selon les chiffres officiels. Entre 600 et 800 avortements clandestins sont pratiqués chaque jour au Maroc, selon des estimations.

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