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Maroc

Plus de trois tonnes de haschisch saisies près de la Mauritanie

Un agriculteur expose un morceau de résine de cannabis (haschisch) près de la ville de Ketama dans la région nord du Rif au Maroc, le 13 septembre 2017.

Les Forces armées royales (FAR) du Maroc ont saisi 3,7 tonnes de haschisch marocain lors d'une opération menée mardi soir près de la frontière avec la Mauritanie, a rapporté mercredi l'agence de presse marocaine MAP.

Les forces armées marocaines ont fait avorter "une opération d'écoulement de stupéfiants au niveau de la +ligne de défense+ à Gueltat Zemmour, après avoir effectué des tirs de sommation sur deux véhicules", a rapporté la MAP qui cite une source militaire.

La cargaison saisie était composée de "148 colis" de résine de cannabis (haschisch) totalisant 3,7 tonnes, a ajouté cette source.

La localité de Gueltat Zemmour est située près de la frontière avec la Mauritanie, dans le territoire du Sahara occidental, une ancienne colonie espagnole contrôlée pour l'essentiel par le Maroc, mais revendiquée par le mouvement Polisario.

Le Maroc est le premier producteur mondial et l'un des principaux exportateurs de résine de cannabis, écoulée pour l'essentiel en Europe, selon l'Office de l'ONU contre la drogue et le crime (ONUDC).

En 2018, la police marocaine a saisi 52 tonnes de résine de cannabis, 1,65 tonne de cocaïne et 1,3 millions de "comprimés psychotropes hallucinogènes et d'ecstasy", selon un récent bilan officiel.

Ouverture du procès controversé d'un dirigeant politique au Maroc

Des étudiants de l'IDD en arabe moderne standard visitent l'ancienne ville de Fès, au Maroc. Environ 30% des étudiants de l'IDD passent quatre semaines à s'imprégner de la culture des langues qu'ils étudient à l'institut.

Le procès controversé d'Abdelali Hamieddine, un haut responsable du Parti justice et développement (PJD) qui mène la coalition gouvernementale au Maroc, s'est ouvert mardi à Fès.

Le procès a rapidement été renvoyé au 12 février, alors qu’un important dispositif policier était mobilisé aux abords de la Cour d'appel.

Il a débuté en présence de dizaines de personnes, incluant des soutiens de la partie civile et du dirigeant islamiste, Abdelali Hamieddine, poursuivi dans une affaire pour laquelle il avait déjà été jugé en 1993: des affrontements entre étudiants islamistes et de gauche qui avaient entraîné la mort d'un de ces derniers, Mohamed Ait Ljid.

Le haut responsable islamiste, alors étudiant à l'Université de Fès, dans le nord du pays, fut condamné à deux ans de prison pour "participation à une rixe au cours de laquelle sont exercées des violences ayant entraîné la mort".

En juillet 2017, des proches de la victime ont déposé une nouvelle plainte devant le juge d'instruction, qui a décidé en novembre dernier de poursuivre le responsable islamiste avec requalification des faits, selon le site d'information Médias 24.

"Ce procès n'a pas lieu d'être. Hamieddine a déjà été jugé et cette décision judiciaire est définitive", a argué mardi un de ses avocats, Abdessamad Idrissi, peu avant l'ouverture du procès.

"Selon les principes élémentaires du droit, on ne peut condamner une personne à deux reprises" pour les mêmes faits, a-t-il noté.

"Il faut laisser la justice faire son travail", a rétorqué l'un des avocats de la partie civile, Jaouad Benjelloun Touimi.

Le chef du gouvernement Saad Eddine El Othmani, issu du PJD, a qualifié d'"incompréhensible" la décision du juge d'instruction. Le parti a exprimé son "soutien unanime" à M. Hamieddine.

Le ministre de la Justice Mustapha Ramid, une autre figure du PJD, a remis en question l'indépendance de la justice, soulevant un tollé chez les magistrats. Plusieurs associations de magistrats ont dénoncé des "dépassements" et une "surenchère politique".

Comme d'autres caciques du PJD, l'ex-chef du gouvernement Abdelillah Benkirane était présent à la Cour d'appel pour apporter son soutien à Hamieddine, avec qui il est réputé très proche.

L'Université de Fès a par le passé été à maintes reprises le théâtre de heurts entre étudiants islamistes et des militants de la gauche radicale.

En avril 2014, de violents affrontements entre étudiants gauchistes et islamistes, avaient fait un mort parmi ces derniers.

Nouvelles arrestations dans le meurtre des deux Scandinaves

Les secouristes transportent les victimes d'un bus des touristes dans le nord du Maroc, 8 septembre 2010.

La police marocaine a annoncé vendredi avoir procédé à neuf nouvelles arrestations en lien avec le meurtre qualifié de "terroriste" de deux jeunes randonneuses scandinaves dans le sud du Maroc, dont les corps étaient en cours de rapatriement.

Les mis en cause ont été interpellés pour leurs "liens présumés avec les auteurs de l'acte terroriste" ayant coûté la vie à Louisa Vesterager Jespersen, une étudiante danoise de 24 ans, et Maren Ueland, une Norvégienne de 28 ans, selon un communiqué du Bureau central d'investigations judiciaires (BCIJ), une unité de police chargée de la lutte antiterroriste.

Les perquisitions dans plusieurs villes du Maroc dont Tanger (nord), Marrakech (centre) ou Essaouira (ouest) ont permis la saisie de "plusieurs équipements électroniques, d'un fusil de chasse, d'armes blanches (...) d'un uniforme militaire et de matériaux susceptibles d'être utilisés dans la fabrication d'explosifs", a ajouté le BCIJ.

Au total, treize personnes ont été arrêtées depuis lundi au Maroc pour leurs liens présumés avec le meurtre des deux touristes. Les quatre suspects directs du meurtre ont été interpellés entre lundi et jeudi à Marrakech, la capitale touristique du royaume.

Les corps de deux touristes avaient été découverts lundi sur un site isolé dans le Haut-Atlas (sud), dans un secteur prisé par les amateurs de marche. L'une d'elles a été décapitée, selon une source proche du dossier.

Un avion transportant les deux corps a quitté vendredi le Maroc à destination de Copenhague, a dit à l'AFP un porte-parole de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN).

Les enquêteurs marocains cherchent encore à authentifier une "vidéo relayée sur les réseaux sociaux, présentée comme montrant le meurtre d'une des deux touristes", selon le procureur de Rabat.

"A ce stade, il n'y a aucune preuve tangible que la vidéo n'est pas authentique", a indiqué de son côté la police criminelle norvégienne (Kripos).

A Rabat, le procureur a confirmé l'authenticité d'une autre vidéo montrant cette fois quatre hommes, présentés comme les suspects du meurtre, en train de prêter allégeance à Abou Bakr al-Baghdadi, chef du groupe jihadiste Etat islamique (EI).

- "Sous le choc" -

Les quatre suspects directs du meurtre avaient entre 25 et 33 ans et vivaient dans la région de Marrakech, dans la précarité.

L'un d'eux, Younes Ouaziyad, 27 ans, vivait avec ses parents dans le quartier populaire Al-Azzouzia, où de modestes immeubles à la construction inachevée font face à des résidences avec piscine.

Ses proches et ses voisins se disaient vendredi "sous le choc". "C'était un garçon sans histoire, discret. Rien ne pouvait laisser croire qu'il pourrait faire ça", déclare à l'AFP Abdelaati, 35 ans, un vendeur de légumes du quartier.

Le chef du gouvernement Saad-Eddine el Othmani a dénoncé un "crime odieux", alors que la presse locale faisait part de sa "colère" et son "horreur" devant un acte "barbare".

"Ces assassins nous font honte", écrit le quotidien l'Economiste, qualifiant le meurtre de "terrible choc, pour tout le monde".

"L'opinion publique crie vengeance" et "réclame la peine de mort", ajoute le quotidien marocain qui cite des pétitions en ce sens circulant sur les réseaux sociaux.

Des condamnations à la peine capitale sont toujours prononcées au Maroc, mais un moratoire est appliqué de facto depuis 1993 et son abolition fait débat.

Des médias marocains s'inquiètent par ailleurs des possibles répercussions du meurtre sur le tourisme, secteur clé de l'économie puisqu'il représente 10% de la richesse du pays et constitue le deuxième employeur après l'agriculture.

Épargné jusqu'ici par les attentats de l'EI, le royaume - qui revendique une politique très active en matière de lutte antiterroriste - avait été meurtri par des attaques à Casablanca (33 morts en 2003) et à Marrakech (17 morts en 2011).

Le village marocain d'Imlil ébranlé par l'assassinat de deux touristes scandinaves

Le village touristique d'Imlil, dans le Haut Atlas.au Maroc, une destination prisée des touristes le 18 décembre 2018.

L’assassinat de deux jeunes randonneuses scandinaves au pied du Mont Toubkal, dans le sud du Maroc, a ébranlé le village d'Imlil, inquiet d'une possible désaffection des touristes étrangers pour la région du Haut-Atlas.

Randonneurs ou montagnards locaux, rares sont ceux qui acceptent de parler aux journalistes dans ce bourg sans histoire qui, avec ses auberges et ses modestes gites, vit essentiellement du tourisme vert et de l'agriculture.

C'est plus haut dans cette vallée aride, réputée pour ses chemins de randonnée et ses cours d'eaux, que les corps de deux jeunes touristes scandinaves ont été trouvé lundi, sur un bivouac isolé où elles avaient décidé de planter la tente pour la nuit, selon les informations obtenues par l'AFP sur place.

Leurs corps portaient des "traces de violence à l'arme blanche" sur le cou, selon le premier communiqué des autorités marocaines, qui ont très vite annoncé l'arrestation d'un suspect dans la ville proche de Marrakech, la capitale touristique du royaume.

Depuis, rien n'a filtré de l'enquête confiée au Bureau central d'investigations judiciaires (BCIJ), les "super-flics" marocains en charge de la lutte antiterroriste et de la grande criminalité.

Louisa Vesterager Jespersen, une étudiante danoise de 24 ans et son amie norvégienne, Maren Ueland, 28 ans, étaient parties ensemble pour un mois au Maroc.

"J'ai discuté avec elles ici même", raconte à l'AFP un restaurateur local, anorak et bonnet vissé sur la tête.

"Elles étaient souriantes et énergiques. Elles m'ont dit qu'elles comptaient escalader le Toubkal", nom du plus haut sommet d'Afrique du Nord, à 4.167 mètres, dit-il sous couvert d'anonymat. Il affirme leur avoir "proposé de les mettre en contact avec un guide mais elles ont décliné".

Dans ce village de 10.000 âmes, beaucoup de locaux préfèrent se taire pour ne pas "nuire à l'image de la région". Certains disent avoir été sommés par les autorités de ne pas parler aux journalistes.

- "Pas d'ici" -

"Notre région est sûre, ceux qui ont fait ça ne sont pas d'ici", jure Mohamed, le patron sexagénaire d'une auberge familiale au bout de la route goudronnée qui conduit à Imlil, avant les pistes caillouteuses menant vers les cimes enneigées du Toubkal.

Un autre hôtelier d'Imlil accable "trois clochards" venus d'un quartier populaire de Marrakech qui, selon lui, avaient planté leur tente à proximité des victimes.

Les corps ont été trouvés "l'un à l'intérieur de la tente, l'autre à l'extérieur, décapité", assure cet homme qui s'est rendu sur les lieux "avant les gendarmes". Quelques médias marocains ont également évoqué une "décapitation", mais cette information n'a pas été confirmée de source officielle.

A ce stade, alors que le BCIJ mène l'enquête, la piste terroriste n'a pas non plus été évoquée.

Depuis qu'il a été meurtri par des attaques à Casablanca (33 morts en 2003) et à Marrakech (17 morts en 2011), le Maroc, qui met souvent en avant sa sécurité et l'hospitalité de ses habitants dans ses campagnes de promotion touristique, a été épargné par les attaques jihadistes.

- "Affecté" -

Les randonneurs venus du monde entier représentent une bonne part des revenus du bourg, niché à 90 kilomètres des riads et piscines de luxe de Marrakech, la plus connue des destinations marocaines.

"C'est très mauvais pour la région, il va sans doute y avoir des annulations" de séjours à l'approche des vacances de fin d'année, s'inquiète Hossein, un guide local.

"C'est vraiment triste, surtout que je sais que ce sont deux femmes", souffle Karen, une touriste néo-zélandaise de 26 ans venue faire du trekking. "Je suppose que je me sens plus en sécurité parce que je suis ici avec mon compagnon", dit-elle.

Celui-ci, prénommé Morgan envisage de renoncer à l'ascension du Toubkal. "On se sent affecté", dit ce néo-zélandais de 27 ans.

"J'y vais!", lance pour sa part Nicolas, un Suisse robuste et taciturne rencontré mercredi matin.

Cet ingénieur amateur de haute montagne attendait la réouverture des sentiers de randonnée pour repartir avec son sac sur le dos. Il "n'a pas changé ses plans" et compte bivouaquer cette nuit sur le chemin.

Deux touristes scandinaves tuées dans le sud du Maroc

Tourists ride camels in Merzouga, Morocco along what is called the route of a thousand kasbahs in the Atlas Mountains, Sunday, March 5, 2017.

Deux touristes scandinaves ont été retrouvées mortes dans le sud du Maroc avec des "traces de violence à l'arme blanche" sur le cou, ont annoncé lundi les autorités marocaines.

Les corps de deux femmes, l'une Danoise, l'autre Norvégienne, ont été retrouvés lundi matin dans une "région montagneuse isolée" à 10 km d'Imlil, un petit village du Haut-Atlas, selon un communiqué du ministère de l'Intérieur.

Une enquête a été ouverte pour "élucider les circonstances de cet acte criminel", a ajouté cette source, sans donner plus de détails. La presse locale a parlé d'un "crime crapuleux".

Un important dispositif de sécurité a été déployé sur place et les randonnées ont été suspendues, ont rapporté des médias marocains.

Aucune information supplémentaire n'a pu être obtenue auprès des autorités marocaines.

Le massif du Haut-Atlas est réputé pour ses chemins de randonnée et accueille chaque année des dizaines de milliers de visiteurs.

La commune rurale d'Imlil est, elle, considérée comme le point de départ pour l'ascension du plus haut sommet d'Afrique du Nord, le Mont Toubkal (4.167 m).

Le tourisme est un secteur clef de l'économie marocaine, qui représente 10% de la richesse du pays et constitue son deuxième employeur après l'agriculture.

Après plusieurs années de quasi-stagnation, le Maroc a connu un nombre record de touristes en 2017 avec 11,35 millions de visiteurs, dépassant pour la première fois la barre des 11 millions.

Avec AFP

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