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La Croix-Rouge va faire du centre du Mali une "nouvelle priorité"

Peter Maurer, président du CICR à Dhaka au Bangladesh le 3 juillet 2018.

Le centre du Mali, où les violences intercommunautaires ont fait quelque 500 morts l'an dernier et entraîné des déplacements de population, est en passe de devenir une "nouvelle priorité" pour le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), a indiqué jeudi à Bamako son président, Peter Maurer.

"Aujourd'hui, on constate que la violence évolue vers le centre. Ca devient, pour nous, une nouvelle priorité", a déclaré le patron de la Croix-Rouge internationale, à l'issue d'une visite de quelques jours qui l'a mené au Nord (Gao, Tombouctou) et dans le centre (Mopti).

"Depuis ma dernière visite en octobre 2012, la situation sur le terrain a beaucoup changé, mais les besoins humanitaires n'ont pas diminué (...). Les populations ont toujours besoins de nourriture, de santé et de sécurité", a déclaré jeudi Peter Maurer, qui s'est entretenu depuis le début de la semaine avec le président Ibrahim Boubacar Keïta et avec le chef de la mission de l'ONU (Minusma), Mahamat Saleh Annadif.

M. Maurer a également fait part de son inquiétude face aux "milices qui violent les droits de l'homme".

Le Nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, à la faveur de la déroute de l'armée face à la rébellion à dominante touareg, d'abord alliée à ces groupes qui l'ont ensuite évincée.

Les jihadistes ont été en grande partie chassés à la suite du lancement en janvier 2013, à l'initiative de la France, d'une intervention militaire, qui se poursuit actuellement.

Cependant, les violences jihadistes ont non seulement persisté, mais elles se sont propagées du Nord vers le centre et le Sud du Mali, puis au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires.

Le 1er janvier, au moins 37 habitants d'un village peul ont été tués dans une attaque attribuée à des chasseurs traditionnels dogons, organisés en milices d'autodéfense.

Dans le centre, à proximité de la frontière avec le Burkina Faso notamment, les violences se multiplient entre les Peuls, traditionnellement éleveurs, et les ethnies bambara et dogon, pratiquant majoritairement l'agriculture.

Certains membres de la communauté peule ont rejoint des groupes jihadistes. Les Peuls dénoncent des exactions de la part de groupes de chasseurs, tolérées voire encouragées selon eux au nom de la lutte contre les jihadistes par les autorités ou l'armée, ce que dément le gouvernement.

Entretien avec Arouna Modibo Touré, Ministre de l’Economie Numérique du Mali

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Opération Barkhane : une vingtaine de jihadistes "mis hors de combat"

Opération conjointe des forces armées maliennes et de Barkhane menée fin juin dans le Gourma au Mali, photo publiée le 6 juillet 2018. (Twitter/Etat-Major armées)

Une vingtaine de jihadistes a été "mise hors de combat" lors d'une série d'opérations des armées française et malienne entamées le 4 janvier dans le centre-est du Mali, a indiqué jeudi l'état-major des armées françaises.

"Dans la nuit du 4 au 5 janvier, deux opérations héliportées au nord et au sud de la forêt de Serma" (entre Gao et Mopti) ont été appuyées par une frappe aérienne. L’une d’entre elle a conduit à la neutralisation de terroristes", précise l'état-major dans un communiqué.

Cette zone boisée et difficile d'accès, à 200 km au sud-ouest de Gao, abrite de longue date des bases jihadistes, régulièrement ciblées par les soldats de l'opération Barkhane, notamment en juin 2017.

"Dans la nuit du 8 au 9 janvier, une opération de force a été menée sur un groupe de terroristes" dans la même zone, ajoute le communiqué.

"La fouille approfondie des zones boisées a permis de mettre à jour une zone d’entraînement et une véritable base logistique terroriste, et de saisir des véhicules, de l’armement lourd et léger et des munitions de tout calibre, des engins explosifs improvisés et le matériel servant à les confectionner", détaille l'état-major.

Au total, "une vingtaine de membres des groupes terroristes a été mise hors de combat" (tués ou capturés) au cours de ces opérations, selon la même source.

Visite surprise du président malien à Koulongon

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Le président malien sur les lieux d'un massacre de 37 villageois peuls

Le président Ibrahim Boubacar Keïta visite le village peul de Koulogon (centre) après une attaque, dans la région de Mopti, Mali, 4 janvier 2019. (Facebook/IBK Mali président)

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a effectué vendredi une visite surprise dans le village peul de Koulogon (centre), où au moins 37 habitants ont été tués le 1er janvier dans une attaque attribuée à des chasseurs traditionnels dogons, ont rapporté des responsables locaux.

"Le président s'est rendu tôt ce matin dans le village de Koulogon pour consoler les populations et présenter les condoléances de la nation aux familles des victimes", a déclaré à l'AFP le député de la région de Mopti (centre) Djibril Diarra, qui faisait partie de la délégation dont la visite n'avait pas été annoncée.

"Le président était avec deux députés de (la région de) Bankass, d'autres personnes, ils étaient dans un hélico de l'armée malienne", a ajouté M. Diara.

L'attaque de Koulogon a été attribuée par les autorités à des "hommes armés habillés en tenue de chasseurs traditionnels dozos", qui prétendent protéger les Dogons contre les Peuls. Le bilan officiel est de 37 morts, plusieurs blessés et de nombreuses maisons incendiées.

Le gouvernement a annoncé mercredi l'arrestation de sept "suspects" dans cette affaire, ainsi que celle de 24 hommes qui avaient mené le même jour une attaque dans un village proche, Bobosso, lors d'une opération au cours de laquelle un "assaillant" a été tué.

Des "opérations de grande envergure" sont en préparation afin de "mettre hors d'état de nuire tous les fauteurs de trouble" dans cette région où le conflit entre les communautés dogons et peules s'est exacerbé dans un contexte de lutte contre les jihadistes, selon le ministère de la Sécurité civile.

Ces violences intercommunautaires ont fait plus de 500 morts civils en 2018, selon l'ONU.

La France s'est dite "préoccupée par l'augmentation des meurtres et violences graves à l'encontre des civils" et appelé à une "réaction forte" des autorités.

- Enquête de l'ONU -

Une équipe d'enquêteurs de la mission de l'ONU au Mali (Minusma) est par ailleurs attendue sur place "dans les prochains jours", selon un communiqué.

"Je condamne fermement ces attaques contre les civils dans le village de Koulogon peul et demande à ce que les auteurs puissent en répondre", a déclaré Joanne Adamson, représentante spéciale adjointe du secrétaire général des Nations Unies au Mali. "Il devient de plus en plus important de mettre un terme au cycle de violence dans la région de Mopti et de Segou. Il faut intensifier les efforts pour trouver des solutions judiciaires et politiques", a-t-elle insisté.

Depuis l'apparition il y a quatre ans dans le centre du groupe jihadiste du prédicateur peul Amadou Koufa, les violences se multiplient entre les Peuls, traditionnellement éleveurs, et les ethnies bambara et dogon, pratiquant majoritairement l'agriculture. Les Peuls dénoncent des exactions de la part de groupes de chasseurs, tolérées voire encouragées selon eux au nom de la lutte contre les jihadistes par les autorités ou l'armée, ce que dément le gouvernement.

Amadou Koufa a été tué fin novembre dans une opération militaire française soutenue par l'armée malienne, selon Paris et Bamako.

Le Premier ministre, Soumeylou Boubeye Maïga, a annoncé fin décembre l'extension au centre du pays d'un programme de désarmement des milices d'autodéfense et des combattants jihadistes qui n'a pas donné de résultat jusqu'à présent.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, à la faveur de la déroute de l'armée face à la rébellion à dominante touareg, d'abord alliée à ces groupes qui l'ont ensuite évincée.

Les jihadistes ont été en grande partie chassés du nord du Mali ou dispersés à la suite du lancement en janvier 2013, à l'initiative de la France, d'une intervention militaire, qui se poursuit actuellement.

Cependant, les violences jihadistes ont non seulement persisté, mais se sont propagées vers le centre et le sud du Mali, puis au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires.

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