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Guinée

Condé valide la date de février pour les législatives

Alpha Condé, le président de la Guinée, le 25 septembre 2019.

Le président guinéen Alpha Condé a validé la date du 16 février pour la tenue des législatives, dans un pays en proie à une agitation meurtrière contre l'intention prêtée au chef de l'Etat de briguer un troisième mandat en 2020.

"Les citoyennes et citoyens guinéens en âge de voter et dûment inscrits sur la liste électorale de l'année en cours sont convoqués aux urnes pour les élections législatives du 16 février 2020", dit un décret présidentiel lu lundi soir à la télévision.

Cette date avait été avancée samedi par le président de la commission électorale. Elle restait cependant suspendue à l'homologation du président Condé. Même après son approbation, le calendrier ne peut être tenu pour acquis compte tenu des incertitudes politiques du moment.

La date du 28 décembre avait été proposée précédemment. Mais l'opposition et ses représentants au sein de la commission électorale avaient dénoncé un projet irréaliste et servant, selon elle, le projet attribué au président Condé de briguer sa propre succession et de faire réviser pour cela la Constitution qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels.

L'Organisation internationale de la francophonie, qui accompagne le processus électoral, avait conclu que la date du 28 décembre était "à reconsidérer".

L'actuel Parlement est entré en fonctions en janvier 2014 pour cinq ans. Des élections devaient se tenir fin 2018 ou début 2019, mais n'ont pas eu lieu pour des raisons politiques et techniques, au milieu de querelles exacerbées entre la majorité et l'opposition.

La mise à jour du fichier électoral s'est imposée comme un obstacle majeur. En janvier, M. Condé a prolongé le mandat du Parlement jusqu'à l'installation d'une nouvelle législature à une date non spécifiée.

Le président de la commission électorale Amadou Salif Kébé avait indiqué samedi que la Guinée avait acquis le matériel électoral nécessaire et s'était montré rassurant quant aux listes électorales.

Cette nouvelle date est énoncée alors que la Guinée, petit pays pauvre de 13 millions d'habitants, est agité par la contestation depuis qu'un collectif de partis d'opposition, de syndicats et de la société civile a appelé à la mobilisation pour faire barrage à un éventuel troisième mandat du président Condé. Une nouvelle manifestation est annoncée pour jeudi.

Au moins 16 civils et un gendarme ont trouvé la mort depuis le 14 octobre. Des dizaines d'autres personnes ont été blessées, des dizaines arrêtées et jugées.

Les défenseurs des droits de l'homme dénoncent un usage excessif de la force par le gouvernement, des arrestations arbitraires et une répression visant à réduire l'opposition au silence.

Avec AFP

La procureure de la CPI met en garde contre l'escalade de la violence

Des Guinéens dans la rue pour manifester contre un éventuel troisième mandat du président Alpha Condé à Conakry, en Guinée, le 24 octobre 2019.

La procureure de la Cour pénale internationale (CPI) a mis en garde lundi les responsables de l'escalade de la violence en Guinée, exhortant le gouvernement et l'opposition à renouer le dialogue après des manifestations sanglantes dans ce pays.

Les tensions sont fortes en Guinée après des semaines de manifestations organisées par l'opposition qui soupçonne le président Alpha Condé de vouloir briguer un troisième mandat.

"Suite aux informations faisant état de nombreux épisodes de violence en Guinée au cours des dernières semaines, j'appelle tous les responsables et leurs sympathisants à s'abstenir de la violence et à reprendre le dialogue pour éviter de nouvelles victimes", a déclaré la procureure de la CPI, Mme Fatou Bensouda.

"Toute personne qui commet, ordonne, incite, encourage ou contribue de toute autre manière à commettre des crimes atroces (...) est passible de poursuites par les tribunaux guinéens ou par la CPI", a-t-elle mis en garde dans un communiqué.

Les élections législatives proposées pour le 16 février
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Au total, au moins 16 civils et un gendarme ont trouvé la mort au cours de l'intense mouvement de contestation auquel la Guinée - un petit pays pauvre de 13 millions d'habitants - est en proie depuis le 14 octobre à l'instigation du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC). Des dizaines d'autres personnes ont été blessées, des dizaines arrêtées et jugées.

Le FNDC veut faire barrage au projet prêté au président Condé de briguer sa propre succession en 2020 et de réviser pour cela la Constitution qui limite actuellement à deux le nombre des mandats présidentiels.

A 81 ans, M. Condé entretient le flou sur ses intentions, mais a entamé en septembre des consultations sur la Constitution. L'opposition accuse de dérive "dictatoriale" l'ancien opposant historique qui fut le premier président démocratiquement élu en 2010, réélu en 2015, après des décennies de régimes autoritaires et militaires.

La communauté internationale s'inquiète d'une escalade dans un pays coutumier des manifestations et des répressions brutales.

En outre, Mme Bensouda a ajouté que son bureau s'était rendu en Guinée fin octobre pour faire le point sur l'enquête liée au massacre de plus de 150 partisans de l'opposition, il y a dix ans.

Manifestations de soutien à Alpha Condé à Conakry
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Etablie à La Haye, la CPI a ouvert une enquête préliminaire sur le massacre perpétré le 28 septembre 2009 dans l'enceinte du plus grand stade de Conakry lorsque les forces de sécurité ont tiré sur une foule qui manifestait contre le chef de la junte Moussa Dadis Camara. Plus de 100 femmes ont en outre été violées.

Mme Bensouda s'est déclarée encouragée par des déclarations du ministre guinéen de la Justice, Mohamed Lamine Fofana, au cours de la visite de son équipe, annonçant que le procès des responsables du massacre de 2009 devrait commencer au plus tard en juin 2020.

"Cela fait maintenant plus de dix ans que ces crimes horribles ont eu lieu au stade de Conakry", a déclaré Mme Bensouda. "Les victimes et les communautés qui ont été touchées méritent que justice soit faite", a-t-elle dit.

Les élections législatives proposées pour le 16 février

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La mobilisation continue à Conackry contre un eventuel 3e mandat d'Alpha Condé

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Au moins dix morts dans l'éboulement d'une mine d'or

Les habitants sont assis à Kamsar à proximité d'un train tirant une centaine de wagons chargés de bauxite, en Guinée, le 24 octobre 2008.

Au moins dix personnes ont été tuées dans le nord-est de la Guinée dans l'éboulement d'une mine d'or clandestine, a-t-on appris jeudi de sources administrative, humanitaire et de sécurité. Un certain nombre de personnes sont portées disparues à la suite de cet effondrement survenu mercredi.

"Au moins dix personnes ont péri mercredi matin dans un éboulement de terrain sur une mine d'or à Kintingnan, dans la préfecture de Siguiri", a indiqué le sous-préfet de Kintingnan, Aliou Cissé. L'information a été confirmée par un membre de la Croix-Rouge locale et une source de sécurité.

Trois enfants figurent parmi les victimes, a dit cette source de sécurité.

"D'autres (victimes) dont nous ne connaissons pas le nombre sont portées disparues. Nous sommes en train de tout faire pour les retrouver le plus rapidement possible, mais sans espoir qu'elles soient encore en vie dans ces galeries", a ajouté le sous-préfet Cissé.

La mine de Kintingnan "avait déjà été fermée mais les populations sont revenues d'elles-mêmes, sans autorisation et voilà les conséquences. Je vous garantis que cette mine sera définitivement fermée", a poursuivi le sous-préfet Cissé.

Les éboulements sur des sites aurifères sont fréquents et souvent meurtriers en Guinée. Au moins 17 orpailleurs clandestins avaient été tués en février dans l'éboulement d'une mine dans le village de Norassoba, à 35 km de la ville de Siguiri.

Les mineurs clandestins viennent, outre la Guinée, du Mali, du Sénégal, du Burkina Faso, du Liberia ou de Côte d'Ivoire.

Bien que le sous-sol de la Guinée regorge de minerais (bauxite, diamant et or), la majorité de la population est confrontée à d'importants problèmes de survie quotidienne.

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