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Côte d'Ivoire

Soro dit avoir été menacé d'arrestation en Espagne

Le président de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire Guillaume Soro à Abidjan, Côte d’Ivoire, 17 novembre 2017.

L'ancien chef de la rébellion ivoirienne Guillaume Soro, ex-président de l'Assemblée nationale passé dans l'opposition, a assuré avoir fait l'objet d'une tentative d'arrestation à Barcelone (Espagne) la semaine dernière, mais les autorités ivoiriennes ont nié lundi avoir saisi Interpol.

"Dans la nuit du 9 au 10 octobre, une escouade d'agents de la police espagnole a vainement tenté de l'arrêter (Soro) au Palace Hotel de Barcelone (...) ces visiteurs affirmaient agir sur la base d'instructions émises par le bureau local d'Interpol", a affirmé lundi lors d'un point presse André Deha, vice-président du Mouvement pour la promotion des valeurs nouvelles en Côte d'Ivoire (MVCI, pro-Soro).

Il reprenait ainsi des déclarations de Guillaume Soro lors d'une réunion politique avec des sympathisants à Valence (Espagne), abondamment diffusées sur les réseaux sociaux ce week-end.

Dans ces déclarations, Soro affirmait notamment qu'il avait appelé en pleine nuit le siège d'Interpol à Lyon (France) et que celui-ci n'était pas informé d'une procédure contre lui. M. Soro affirmait que les policiers étaient repartis sans l'arrêter.

Jointe au téléphone par l'AFP, une haute source sécuritaire ivoirienne a affirmé: "Je suis catégorique: ça ne vient pas de chez nous. Nous n'avons pas saisi Interpol".

L'AFP n'a pu dans l'immédiat confirmer auprès de la police espagnole les déclarations de M. Soro et notamment confirmer s'il s'agissait de vrais policiers.

Le MVCI a estimé que la tentative d'arrestation de Soro était un "déni de démocratie qui consiste à empêcher vaille que vaille un potentiel candidat à compétir lors de l'élection présidentielle 2020" en Côte d'Ivoire.

Ancien allié du président Alassane Ouattara, Guillaume Soro n'a pas encore officiellement déclaré sa candidature au prochain scrutin présidentiel, mais tout indique selon ses proches qu'il le fera lors de son retour en Côte d'Ivoire "incessamment".

Près de dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011 qui avait 3.000 morts, la prochaine présidentielle d'octobre 2020 s'annonce tendue, selon de nombreux observateurs.

Les élections municipales et régionales qui s'étaient tenues fin 2018 avaient été marquées par de nombreuses violences et des fraudes, faisant monter la tension.

Une grande partie de l'opposition a rejeté la nouvelle Commission électorale installée en septembre.

Côte d'Ivoire: l'avocat de l'ex-président Gbagbo demande sa «liberté immédiate»

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Des voix s’élèvent contre la stigmatisation des LGBT

Lucien Lagô (à l’extrême gauche de la première rangée), responsable de l’ONG Action Sociale en compagnie des LGBT, Bouaké, le 7 octobre 2019. (VOA/Siriki Barro)

Longtemps stigmatisés en raison de leur orientation sexuelle, les LGBT aperçoivent une lueur d’espoir. Briser les tabous et la discrimination autour de leur personne, c’est la lutte engagée par certaines organisations non gouvernementales du pays.

Même si aucune loi n’interdit l’homosexualité, les lesbiennes, les gays, les bisexuels et les transsexuels sont marginalisés et victimes de violence de tous genres.

Une lueur d’espoir pour les LGBT en Côte d’Ivoire
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Youssouf est homosexuel, pour cette raison, il a été expulsé de la maison qu’il loue.

"Voir des gens efféminés qui viennent chez toi à la maison, dans une cour musulmane, des femmes qui marchent comme des garçons, ça soulève beaucoup de questions. Le propriétaire de la cour m’a dit qu’il ne veut pas voir ce genre de personne chez lui. Il m’a donné trois mois, mais pendant ces trois mois, je n’avais plus accès ni au courant ni à l’eau", raconte-t-il, non sans émotion.

Lui se fait appeler Rosé Fecha, il est bisexuel. Pour éviter la haine et la furie des homophobes, il a décidé de cacher son appartenance sexuelle.

Il s’explique : "je suis chrétien. J’ai essayé de camoufler mon vrai comportement. Mais c’est tout récemment que ma photo s’est retrouvée sur les réseaux sociaux. Si tu veux parler ou t’expliquer, ça va rentrer dans des choses que toi-même, tu ne pourras pas contrôler. Donc j’ai préféré me taire sur le sujet".




Défendre les droits des personnes LGBT, c’est la mission que s’est assignée l’ONG Action Secours Social. Une organisation qui ambitionne rétablir les LGBT dans leurs droits, mais également lutter contre le VIH/SIDA chez ces personnes. Lucien Lagô en est le responsable.

D’un air triste, il avoue : "souvent quand tu entends parler d’un LGBT, c’est touchant. Ils sont traités de malades, de maudits. Ils sont traités de tout, or, c’est des êtres humains. Ce sont des personnes très vulnérables. Coté santé, c’est des personnes qui ont peur d’aller dans les centres de santé. Or, le taux de VIH dans cette communauté est plus élevé vu le rejet".

Toujours selon Lucien Lagô, les actions de sensibilisation menées auprès des religieux commencent à porter fruits.

"On a essayé de croiser des imams, faire des plaidoyers avec eux. Ce n’était pas facile. Mais après cela, ces imams ont compris beaucoup de choses. Ils ont commencé à accepter. Les personnes qu’on déteste tellement, qu’on maudit chaque jour, ce sont nos enfants".

Plusieurs cas de violence envers les LGBT ont été enregistrés à Bouaké. Le dernier en date remonte au mois de mars 2019. Un jeune gay a subi une attaque à la machette. Par peur, il a décidé de garder le silence sans jamais porter plainte contre ses agresseurs.

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L'avocat de Gbagbo demande sa "liberté immédiate"

Laurent Gbagbo à la CPI le 15 janvier 2019.

L'avocat de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, acquitté en 1ère instance par la CPI mais en liberté surveillée en Belgique en raison d'un appel de la Procureure, demande sa "mise en liberté immédiate et sans condition" et la possibilité pour lui d'être candidat à la présidentielle 2020. 

Dans sa requête de 22 pages dont l'AFP a obtenu une copie, Me Emmanuel Altit, conseil principal de Laurent Gbagbo, demande à la Chambre d'"ordonner la mise en liberté immédiate et sans condition de Laurent Gbagbo" et "de dire qu’il peut être libre d’aller où il le souhaite, par exemple dans son propre pays".

"Laurent Gbagbo pourrait en effet, à la demande de responsables politiques du pays, être amené à participer à la campagne ou même être amené, par hypothèse, à poser sa propre candidature", écrit l'avocat.

"Laurent Gbagbo, acquitté de toutes les charges portées contre lui (...) ne peut se déplacer où il veut, il ne peut tenir publiquement les propos qu’il veut, il ne peut participer aux réunions publiques auxquelles il voudrait participer".

"Le maintien du régime restrictif de liberté aurait (...) pour conséquence d’interdire à Laurent Gbagbo de jouer un rôle dans la vie publique et dans la réconciliation de son pays. Cela lui interdirait par exemple de participer d’une manière ou d’une autre aux élections présidentielles à venir".

La procureure de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda, a fait appel de l'acquittement de crimes contre l'humanité prononcé en janvier en faveur de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé, l'ex-chef du mouvement pro-Gbagbo des Jeunes Patriotes. Dans l'attente de la suite du procès, Gbagbo réside à Bruxelles, et Blé Goudé, qu'aucun pays n'a accueilli, est resté aux Pays-Bas.

Les deux hommes ont été jugés pour crimes contre l'humanité commis en 2010 et 2011 au cours des violences post-électorales qui avaient fait 3.000 morts en Côte d'Ivoire, avant d'être acquités et libérés sous conditions.

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