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Côte d'Ivoire

La CPI se prononce mardi sur la demande de libération de Laurent Gbagbo

Laurent Gbagbo attend le début de son procès devant la CPI à La Haye, le 28 janvier 2016. (AP Photo/Peter Dejong, Pool)

La Cour pénale internationale (CPI) se prononcera mardi sur la demande d'acquittement et de mise en liberté provisoire de l'ancien président de la Côte d'Ivoire Laurent Gbagbo, jugé pour des crimes contre l'humanité.

"La CPI rendra ses décisions sur les demandes de mise en liberté provisoire et les demandes d'acquittement le 15 janvier 2019", a déclaré la Cour mercredi dans un communiqué.

M. Gbagbo, 73 ans, est en détention depuis sept ans à La Haye, où siège la CPI. Premier ancien chef d'Etat à avoir été remis à la Cour, il est jugé pour des crimes commis pendant la crise post-électorale de 2010-2011, qui a fait plus de 3.000 morts en Côte d'Ivoire.

Laurent Gbagbo est accusé, ainsi que Charles Blé Goudé, ex-chef du mouvement des Jeunes patriotes fidèles à l'ancien président, de quatre chefs de crimes contre l'humanité: meurtres, viols, persécutions et autres actes inhumains. Tous deux ont plaidé non coupable.

Après plus de deux ans de procès, les avocats des deux hommes ont demandé un non-lieu total en octobre dernier, estimant "insuffisants" les éléments de l'accusation pour prouver les charges "au-delà de tout doute raisonnable".

La défense a affirmé en novembre que le procès reposait sur une "déformation de l'histoire" et que les procureurs avaient déformé les faits concernant les violences en Côte d'Ivoire.

Les avocats ont déposé une demande distincte demandant la libération sous caution si le procès devait se poursuivre. Lors d'une audience sur cette demande en décembre, ils ont argué que l'ancien président, "âgé et fragile", ne poserait aucun risque de fuite.

Les juges de la CPI ont rejeté en avril une autre demande de mise en liberté sous caution de Laurent Gbagbo, qui a été remis à la Cour en 2011.

Les violences en Côte d'Ivoire ont fait plus de 3.000 morts en cinq mois, entre décembre 2010 et avril 2011, durant une crise née du refus de M. Gbagbo de céder le pouvoir à son rival Alassane Ouattara, reconnu vainqueur de la présidentielle.

Présidentielle de 2020 : Alassane Ouattara se veut rassurant

Alassane Ouattara lors d'un congrès extraordinaire du RDR à Abidjan, le 5 mai 2018.

Le président ivoirien Alassane Ouattara a assuré lundi à Abidjan que la présidentielle de 2020 "se passerait bien" malgré les "inquiétudes" de nombreux Ivoiriens qui craignent que le pays ne sombre à nouveau dans une crise et des violences post-électorales.

"Les élections de 2020 se passeront très bien alors arrêtons de nous faire peur ! De dire qu'il y aura des problèmes en 2020. Il y n'a rien en 2020 ! Tout ira bien", a-t-il lancé lors d'une cérémonie de voeux du Nouvel An.

Le président ivoirien a souligné qu'il improvisait cette partie de son discours après les voeux des représentants des différentes confessions religieuses et chefs traditionnels, qui ont fait part des inquiétudes des populations.

"Je suis confiant quant aux élections de 2020. J'entends beaucoup d'inquiétudes à ce sujet. Je peux vous dire que 2020 se passera bien, même très bien (..) Je vous en donne l'assurance. Si 2015 s'est bien passé pourquoi 2020 ne le serait pas ? Je fais confiance aux Ivoiriens, je fais confiance en nos institutions", a-t-il déclaré

"Je tiens à la stabilité de notre pays, à la paix en Côte d'Ivoire et vous pouvez me faire confiance : nul ne sera en mesure de troubler cette paix tant que je serai à la tête de la Côte d'Ivoire".

De nombreux Ivoiriens, mais aussi de nombreux observateurs, craignent des troubles pour la présidentielle de 2020 qui est déjà dans toutes les têtes. Le président Ouattara n'a normalement pas le droit de se représenter après deux mandats et la coalition présidentielle composée essentiellement de son parti et du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) de l'ancien président Henri Konan Bédié a explosé cette année.

De plus, le Front populaire ivoirien (FPI) de l'ancien président Laurent Gbagbo devrait revenir sur la scène après des années de boycottage des scrutins alors que l'éventuelle candidature de l'ancien chef de la rébellion Guillaume Soro alimente tous les fantasmes.

Cette recomposition politique est source de tension comme l'ont démontré les violences lors des municipales d'octobre et alors que la situation est tendue dans l'ouest du pays avec des heurts fréquents entre communautés.

Ouattara promet une nouvelle commission électorale pour la présidentielle de 2020

Le président ivoirien Alassane Ouattara à Abidjan, le 30 novembre 2017.

Le président ivoirien Alassane Ouattara a promis, dans son discours de nouvel an, une nouvelle Commission électorale indépendante (CEI) pour la présidentielle de 2020, donnant ainsi satisfaction à l'opposition et à la société civile qui réclamaient une réforme à cor et à cri.

"La nouvelle composition de la CEI (...) sera effective pour les élections de 2020", a affirmé M. Ouattara, en précisant qu'il avait demandé au Premier ministre "d'inviter dès le mois de janvier 2019 les responsables des partis politiques à se joindre au gouvernement en vue du réexamen de la composition de la CEI".

"J'exhorte tous les acteurs, y compris la société civile, à participer. Je souhaite que les échanges et contributions se fassent conformément à notre tradition de dialogue, d'ouverture et de respect afin de renforcer la confiance dans ce maillon essentiel du processus électoral", a-t-il précisé.

Le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), le parti de l'ancien président Henri Konan Bédié, les deux tendances du Front populaire ivoirien (FPI) de l'ancien président Laurent Gbagbo et la société civile demandaient cette réforme depuis des mois.

La crédibilité de la CEI est jugée cruciale en vue de la présidentielle de 2020 qui s'annonce tendue, dix ans après la crise post-électorale ivoirienne. Celle-ci avait fait plus de 3000 morts après le refus du président Gbagbo d'admettre sa défaite à l'issue d'un scrutin très contesté.

Le président Ouattara avait déjà promis cette réforme en août mais les élections locales d'octobre ont été organisées par la même CEI, au grand dam de l'opposition.

"Si nous voulons que l'élection présidentielle de 2020 soit crédible et nullement entachée d'irrégularités, il faut revoir la CEI", avait récemment lancé Jean-Louis Billon, ancien ministre et poids-lourd de l'opposition.

Le président a aussi promis lors de son allocution un grand effort social, avec un programme de 727,5 milliards de F CFA (1,1 milliard d'euros) sur deux ans, qui "abordera toutes les problématiques sociales avec beaucoup plus d'ampleur et de pragmatisme".

Ce plan comprend notamment une baisse de 20% du tarif de l'électricité pour les plus défavorisés, "un recrutement exceptionnel de 10.300 enseignants", l'équipement d'écoles avec 500.000 tables-bancs ou la "construction ou réhabilitation" d'une "cinquantaine d'établissements hospitaliers et 600 centres de santé".

Les populations les plus pauvres tardent à toucher les fruits d'une croissance moyenne de 8% dont a bénéficié le pays sur les trois dernières années.

Avec AFP

2018, année d’incertitudes au plan politique et cela à un an de la présidentielle

Les partisans de la coalition d'opposition Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS), brandissent une affiche de l'ancien président Gbagbo lors d'un rassemblement à Yopougon, Abidjan, le 28 juillet 2018.

En Côte d’Ivoire, l’année 2018 a surtout été marquée par des tensions politiques, la libération de centaines de prisonniers politiques dont Simone Gbagbo et les informations relatives à la libération de Laurent Gbagbo.

2018, une année d’espoir pour de nombreux Ivoiriens avec l’annonce par les médias, de la probable libération de l’ancien président, Laurent Gbagbo.

Dans les rues de la capitale économique ivoirienne, Abidjan, cela constitue pour certains, l’événement majeur de cette année 2018.

"Ce qui a marqué mon attention, c’est la liberté provisoire pour Laurent Gbagbo. Mon vœu, que cette liberté soit effective en 2019 ", déclare Kouakou Romaric.

"C’est l’annonce de la liberté provisoire pour Laurent Gbagbo qui a retenu mon attention en cette année 2018. Mon vœu que la paix revienne pour toujours en Côte d’Ivoire et que les fils et filles (de ce pays) puissent vivre ensemble comme par le passé", confie N’goran Armand.

"Ce qui a retenu mon attention, c’est que plusieurs hommes politiques sont morts en cascade. Je souhaite la paix pour le pays", soutient Alfred Kouakou.

"J’ai été chagriné par le remue-ménage politique et la violence liés aux élections locales qui se sont déroulées en octobre dernier. Je souhaite la paix, que la réconciliation soit sincère et totale", afforme Fulgence Gnaoré.

A la Ligue ivoirienne des droits de l’homme, la Lidho, 2018 a été surtout marquée par la satisfaction de certaines préoccupations particulières aux défenseurs des droits de l’homme.

"Ce qui nous a marqué à la Lidho, c’est l’adoption d’une loi qui protège les défenseurs des droits de l’homme en Côte d’Ivoire. La deuxième chose, c’est la recomposition de la classe politique dans son ensemble, ce qui augure de la bonne ambiance démocratique dans le pays", explique Pierre Kouamé Adjoumani, président de la Lidho.

Pour 2019, la Lidho souhaite une amélioration du climat politique en prélude à la présidentielle de 2020.

"Les défis pour 2019, il y’a la réforme de la Commission électorale indépendante, la CEI, et du code électoral. Il faut aussi accentuer la lutte contre la corruption à travers une forte volonté politique. Ce sont-là des questions essentielles pour nous", ajoute M. Adjoumani.

Ouattara Gnonzié est le président du Rassemblement pour la paix, le progrès et le partage, le RPP. Les élections locales d’octobre dernier lui ont laissé un mauvais souvenir.

"Ce qui m’a marqué, ce sont les frayeurs qui gagnent de plus en plus les Ivoiriens en prélude à la présidentielle de 2020. Les Ivoiriens se rendent comptent qu’ils risquent de vivre une élection semblable à celle de 2010. Nous avons eu les prémices de 2020 à la faveur de dernières élections locales. Je souhaite que le pays s’affirme un peu plus comme un Etat de droit. Que nous puissions avoir dans les meilleurs délais une commission électorale consensuelle", espère M. Gnonzié.

Libération probable de Laurent Gbagbo, recomposition du paysage politique, réforme de la Commission électorale indépendante, 2019, une année pleine d’incertitudes au plan politique et cela à un an de la présidentielle prévue en 2020.

Manifestation d'Ivoiriens à Tunis après le meurtre du chef de leur communauté

Des sub-sahariens en Tunisie, le 4 juin 2018.

Des centaines de ressortissants de Côte d'Ivoire ont manifesté lundi à Tunis pour protester contre le meurtre du chef de leur communauté en Tunisie, dans une attaque qu'ils ont qualifiée de "raciste".

Falikou Coulibaly, qui dirigeait l'Association des Ivoiriens de Tunisie, a été tué lorsque deux hommes ont tenté de lui voler son téléphone dimanche soir, selon les autorités.

"Deux hommes l'ont attaqué et l'ont poignardé", a déclaré à l'AFP le porte-parole de la sûreté nationale, Walid Hakima, qui a fait état de l'arrestation de cinq personnes en lien avec ce meurtre.

Un millier de personnes s'est rassemblé devant l'ambassade de Côte d'Ivoire dans la capitale Tunis, criant des slogans comme "Pour que cela ne se reproduise pas en Tunisie" et brandissant des banderoles sur lesquelles était écrit: "Paix, justice et liberté".

Les forces de sécurité étaient déployées en force autour des manifestants.

"C'est un crime raciste", a affirmé Naounou Herman, secrétaire général de l'Association des Ivoiriens en Tunisie.

"Nous organisons cette manifestation pour montrer au monde que nous sommes fatigués de la violence contre nous tout le temps (...) Koulibaly a été tué parce qu'il voulait défendre ses frères et ses soeurs", a-t-il ajouté.

La Ligue tunisienne des droits de l'Homme a appelé dans un communiqué les autorités à "garantir la sécurité de tous les citoyens", dont les étrangers.

Des associations, comme l'Association des Ivoiriens de Tunisie, se font régulièrement l'écho d'agressions visant des personnes en raison de leur couleur de peau. En août, une femme ivoirienne qui avait réagi à des insultes à Tunis avait été violemment frappée.

En octobre, le Parlement tunisien avait voté une loi attendue de longue date criminalisant les propos racistes, l'incitation à la haine et les discriminations, une avancée qualifiée d'"historique" par les associations défendant les minorités.

"L'incitation à la haine", les "menaces racistes", la "diffusion" et "l'apologie du racisme" ainsi que la "création" ou la "participation à une organisation soutenant de façon claire et répétitive les discriminations" sont passibles de un à trois ans de prison, et jusqu'à 3.000 dinars (1.000 euros) d'amende.

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