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Côte d'Ivoire

L'ex-président Bédié pourrait se présenter à la présidentielle de 2020

L'ancien président ivoirien, Henri Konan Bédié, s'exprime lors d'un rassemblement au stade Félix Houphouët-Boigny, à Abidjan, le 22 octobre 2016.

L'ancien président ivoirien Henri Konan Bédié n'écarte pas l'idée de se présenter à l'élection présidentielle de 2020, éventuellement allié avec l'ancien chef rebelle Guillaume Soro ou avec le parti de l'ancien président Laurent Gbagbo, a-t-il déclaré à l'AFP.

"Je ne me prononce pas pour le moment. C'est peut-être oui, peut-être non", a répondu "HKB" quand il lui a été demandé s'il serait candidat, lors d'un entretien lundi avec l'AFP et RFI dans sa résidence de Daoukro, son village natal dans le centre de la Côte d'Ivoire.

"Ce n'est pas exclu. (Un ticket) Bédié-Soro, Bédié-un autre, ce n'est pas exclu", a-t-il assuré.

M. Bédié, qui sera âgé de 86 ans lors du scrutin de 2020, a présidé son pays de 1993 à 1999, avant d'être renversé par un coup d'Etat, prélude à douze ans de crise politique.

Le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) dont il est le président incontesté, était jusqu'au mois d'août l'allié du parti au pouvoir, le Rassemblement des Républicains (RDR) du président Alassane Ouattara. Mais l'alliance a volé en éclats, notamment en raison de la prochaine présidentielle, qui est déjà dans tous les esprits.

M. Bédié, qui avait soutenu M. Ouattara en 2010 et lors de sa réélection en 2015, entendait que la coalition soutienne en 2020 un candidat issu du PDCI, ce que le RDR a refusé.

- "Pourparlers" avec Gbagbo -

M. Bédié se pose maintenant en rassembleur de l'opposition et est "en pourparlers" avec l'ancien président Gbagbo, dont il souhaite la libération de la Cour pénale internationale (CPI). Il veut créer une large plateforme de l'opposition contre le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), coalition qui regroupe le RDR et de petits partis.

"C'est ensemble que nous serons la grande armada invincible, la grande opposition au RHDP, qui pourrait ravir tous les suffrages en 2020. C'est nécessaire pour la démocratie et le développement durable en Côte d'Ivoire", a estimé M. Bédié.

L'ancien président a aussi "lancé un appel solennel" au président Ouattara pour "faire cesser" des "pratiques immorales et illégales", évoquant la "corruption des moeurs politiques, le recrutement forcé de fonctionnaires et agents de l'Etat pour faire partie du RHDP et les limogeages intempestifs".

"Tout cela provoque un chaos qui pourra être un chaos généralisé. Je ne suis pas un oiseau de mauvais augure, je parle selon l'expérience que j'ai des affaires publiques", a-t-il ajouté.

Les élections municipales d'octobre ont donné lieu à des violences, notamment dans les circonscriptions où il y avait des affrontement entre les deux anciens alliés PDCI et RDR-RHDP.

La crise post-électorale de 2010-2011, née du refus du président Gbagbo de reconnaître sa défaite face à Alassane Ouattara, avait fait 3.000 morts.

Laurent Gbagbo, ancien président ivoirien (2000-2010), est emprisonné et jugé à la CPI à La Haye pour crimes contre l'humanité, mais il a repris récemment, à distance, les rênes de son parti. La CPI doit statuer sur son sort mardi prochain.

Guillaume Soro, l'ancien chef de la rébellion qui a tenu la moitié nord de la Côte d'Ivoire de 2002 à 2011, actuellement président de l'Assemblée nationale, fait partie du RHDP, mais selon de nombreux observateurs, ses ambitions se heurtent au camp présidentiel avec lequel il entretient des relations tendues.

Avec AFP

La CPI se prononce mardi sur la demande de libération de Laurent Gbagbo

Laurent Gbagbo attend le début de son procès devant la CPI à La Haye, le 28 janvier 2016. (AP Photo/Peter Dejong, Pool)

La Cour pénale internationale (CPI) se prononcera mardi sur la demande d'acquittement et de mise en liberté provisoire de l'ancien président de la Côte d'Ivoire Laurent Gbagbo, jugé pour des crimes contre l'humanité.

"La CPI rendra ses décisions sur les demandes de mise en liberté provisoire et les demandes d'acquittement le 15 janvier 2019", a déclaré la Cour mercredi dans un communiqué.

M. Gbagbo, 73 ans, est en détention depuis sept ans à La Haye, où siège la CPI. Premier ancien chef d'Etat à avoir été remis à la Cour, il est jugé pour des crimes commis pendant la crise post-électorale de 2010-2011, qui a fait plus de 3.000 morts en Côte d'Ivoire.

Laurent Gbagbo est accusé, ainsi que Charles Blé Goudé, ex-chef du mouvement des Jeunes patriotes fidèles à l'ancien président, de quatre chefs de crimes contre l'humanité: meurtres, viols, persécutions et autres actes inhumains. Tous deux ont plaidé non coupable.

Après plus de deux ans de procès, les avocats des deux hommes ont demandé un non-lieu total en octobre dernier, estimant "insuffisants" les éléments de l'accusation pour prouver les charges "au-delà de tout doute raisonnable".

La défense a affirmé en novembre que le procès reposait sur une "déformation de l'histoire" et que les procureurs avaient déformé les faits concernant les violences en Côte d'Ivoire.

Les avocats ont déposé une demande distincte demandant la libération sous caution si le procès devait se poursuivre. Lors d'une audience sur cette demande en décembre, ils ont argué que l'ancien président, "âgé et fragile", ne poserait aucun risque de fuite.

Les juges de la CPI ont rejeté en avril une autre demande de mise en liberté sous caution de Laurent Gbagbo, qui a été remis à la Cour en 2011.

Les violences en Côte d'Ivoire ont fait plus de 3.000 morts en cinq mois, entre décembre 2010 et avril 2011, durant une crise née du refus de M. Gbagbo de céder le pouvoir à son rival Alassane Ouattara, reconnu vainqueur de la présidentielle.

Présidentielle de 2020 : Alassane Ouattara se veut rassurant

Alassane Ouattara lors d'un congrès extraordinaire du RDR à Abidjan, le 5 mai 2018.

Le président ivoirien Alassane Ouattara a assuré lundi à Abidjan que la présidentielle de 2020 "se passerait bien" malgré les "inquiétudes" de nombreux Ivoiriens qui craignent que le pays ne sombre à nouveau dans une crise et des violences post-électorales.

"Les élections de 2020 se passeront très bien alors arrêtons de nous faire peur ! De dire qu'il y aura des problèmes en 2020. Il y n'a rien en 2020 ! Tout ira bien", a-t-il lancé lors d'une cérémonie de voeux du Nouvel An.

Le président ivoirien a souligné qu'il improvisait cette partie de son discours après les voeux des représentants des différentes confessions religieuses et chefs traditionnels, qui ont fait part des inquiétudes des populations.

"Je suis confiant quant aux élections de 2020. J'entends beaucoup d'inquiétudes à ce sujet. Je peux vous dire que 2020 se passera bien, même très bien (..) Je vous en donne l'assurance. Si 2015 s'est bien passé pourquoi 2020 ne le serait pas ? Je fais confiance aux Ivoiriens, je fais confiance en nos institutions", a-t-il déclaré

"Je tiens à la stabilité de notre pays, à la paix en Côte d'Ivoire et vous pouvez me faire confiance : nul ne sera en mesure de troubler cette paix tant que je serai à la tête de la Côte d'Ivoire".

De nombreux Ivoiriens, mais aussi de nombreux observateurs, craignent des troubles pour la présidentielle de 2020 qui est déjà dans toutes les têtes. Le président Ouattara n'a normalement pas le droit de se représenter après deux mandats et la coalition présidentielle composée essentiellement de son parti et du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) de l'ancien président Henri Konan Bédié a explosé cette année.

De plus, le Front populaire ivoirien (FPI) de l'ancien président Laurent Gbagbo devrait revenir sur la scène après des années de boycottage des scrutins alors que l'éventuelle candidature de l'ancien chef de la rébellion Guillaume Soro alimente tous les fantasmes.

Cette recomposition politique est source de tension comme l'ont démontré les violences lors des municipales d'octobre et alors que la situation est tendue dans l'ouest du pays avec des heurts fréquents entre communautés.

Ouattara promet une nouvelle commission électorale pour la présidentielle de 2020

Le président ivoirien Alassane Ouattara à Abidjan, le 30 novembre 2017.

Le président ivoirien Alassane Ouattara a promis, dans son discours de nouvel an, une nouvelle Commission électorale indépendante (CEI) pour la présidentielle de 2020, donnant ainsi satisfaction à l'opposition et à la société civile qui réclamaient une réforme à cor et à cri.

"La nouvelle composition de la CEI (...) sera effective pour les élections de 2020", a affirmé M. Ouattara, en précisant qu'il avait demandé au Premier ministre "d'inviter dès le mois de janvier 2019 les responsables des partis politiques à se joindre au gouvernement en vue du réexamen de la composition de la CEI".

"J'exhorte tous les acteurs, y compris la société civile, à participer. Je souhaite que les échanges et contributions se fassent conformément à notre tradition de dialogue, d'ouverture et de respect afin de renforcer la confiance dans ce maillon essentiel du processus électoral", a-t-il précisé.

Le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), le parti de l'ancien président Henri Konan Bédié, les deux tendances du Front populaire ivoirien (FPI) de l'ancien président Laurent Gbagbo et la société civile demandaient cette réforme depuis des mois.

La crédibilité de la CEI est jugée cruciale en vue de la présidentielle de 2020 qui s'annonce tendue, dix ans après la crise post-électorale ivoirienne. Celle-ci avait fait plus de 3000 morts après le refus du président Gbagbo d'admettre sa défaite à l'issue d'un scrutin très contesté.

Le président Ouattara avait déjà promis cette réforme en août mais les élections locales d'octobre ont été organisées par la même CEI, au grand dam de l'opposition.

"Si nous voulons que l'élection présidentielle de 2020 soit crédible et nullement entachée d'irrégularités, il faut revoir la CEI", avait récemment lancé Jean-Louis Billon, ancien ministre et poids-lourd de l'opposition.

Le président a aussi promis lors de son allocution un grand effort social, avec un programme de 727,5 milliards de F CFA (1,1 milliard d'euros) sur deux ans, qui "abordera toutes les problématiques sociales avec beaucoup plus d'ampleur et de pragmatisme".

Ce plan comprend notamment une baisse de 20% du tarif de l'électricité pour les plus défavorisés, "un recrutement exceptionnel de 10.300 enseignants", l'équipement d'écoles avec 500.000 tables-bancs ou la "construction ou réhabilitation" d'une "cinquantaine d'établissements hospitaliers et 600 centres de santé".

Les populations les plus pauvres tardent à toucher les fruits d'une croissance moyenne de 8% dont a bénéficié le pays sur les trois dernières années.

Avec AFP

2018, année d’incertitudes au plan politique et cela à un an de la présidentielle

Les partisans de la coalition d'opposition Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS), brandissent une affiche de l'ancien président Gbagbo lors d'un rassemblement à Yopougon, Abidjan, le 28 juillet 2018.

En Côte d’Ivoire, l’année 2018 a surtout été marquée par des tensions politiques, la libération de centaines de prisonniers politiques dont Simone Gbagbo et les informations relatives à la libération de Laurent Gbagbo.

2018, une année d’espoir pour de nombreux Ivoiriens avec l’annonce par les médias, de la probable libération de l’ancien président, Laurent Gbagbo.

Dans les rues de la capitale économique ivoirienne, Abidjan, cela constitue pour certains, l’événement majeur de cette année 2018.

"Ce qui a marqué mon attention, c’est la liberté provisoire pour Laurent Gbagbo. Mon vœu, que cette liberté soit effective en 2019 ", déclare Kouakou Romaric.

"C’est l’annonce de la liberté provisoire pour Laurent Gbagbo qui a retenu mon attention en cette année 2018. Mon vœu que la paix revienne pour toujours en Côte d’Ivoire et que les fils et filles (de ce pays) puissent vivre ensemble comme par le passé", confie N’goran Armand.

"Ce qui a retenu mon attention, c’est que plusieurs hommes politiques sont morts en cascade. Je souhaite la paix pour le pays", soutient Alfred Kouakou.

"J’ai été chagriné par le remue-ménage politique et la violence liés aux élections locales qui se sont déroulées en octobre dernier. Je souhaite la paix, que la réconciliation soit sincère et totale", afforme Fulgence Gnaoré.

A la Ligue ivoirienne des droits de l’homme, la Lidho, 2018 a été surtout marquée par la satisfaction de certaines préoccupations particulières aux défenseurs des droits de l’homme.

"Ce qui nous a marqué à la Lidho, c’est l’adoption d’une loi qui protège les défenseurs des droits de l’homme en Côte d’Ivoire. La deuxième chose, c’est la recomposition de la classe politique dans son ensemble, ce qui augure de la bonne ambiance démocratique dans le pays", explique Pierre Kouamé Adjoumani, président de la Lidho.

Pour 2019, la Lidho souhaite une amélioration du climat politique en prélude à la présidentielle de 2020.

"Les défis pour 2019, il y’a la réforme de la Commission électorale indépendante, la CEI, et du code électoral. Il faut aussi accentuer la lutte contre la corruption à travers une forte volonté politique. Ce sont-là des questions essentielles pour nous", ajoute M. Adjoumani.

Ouattara Gnonzié est le président du Rassemblement pour la paix, le progrès et le partage, le RPP. Les élections locales d’octobre dernier lui ont laissé un mauvais souvenir.

"Ce qui m’a marqué, ce sont les frayeurs qui gagnent de plus en plus les Ivoiriens en prélude à la présidentielle de 2020. Les Ivoiriens se rendent comptent qu’ils risquent de vivre une élection semblable à celle de 2010. Nous avons eu les prémices de 2020 à la faveur de dernières élections locales. Je souhaite que le pays s’affirme un peu plus comme un Etat de droit. Que nous puissions avoir dans les meilleurs délais une commission électorale consensuelle", espère M. Gnonzié.

Libération probable de Laurent Gbagbo, recomposition du paysage politique, réforme de la Commission électorale indépendante, 2019, une année pleine d’incertitudes au plan politique et cela à un an de la présidentielle prévue en 2020.

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