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Polémique sur l'usage de la moustiquaire imprégnée

L'ambassadeur des Etats-Unis Todd Haskel remet la moustiquaire à une famille, à Kinkala, le 15 octobre (VOA/Arsène Séverin)

Le préfet du Pool, le colonel Georges Kilebe a appelé les populations de son département à accepter les moustiquaires imprégnées d'insecticide distribuée gratuitement pour se mettre à l'abri du paludisme. Ce message vise à mettre fin à la rumeur qui parle d'empoisonnement de ces moustiquaires.

A la suite d'un message posté sur les réseaux sociaux, les populations, surtout celle de Brazzaville, sont restées réticentes aux moustiquaires imprégnées d'insecticide.

Les rumeurs de moustiquaires empoisonnées dénoncées par les autorités
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Elles redoutent un empoisonnement en masse qui serait organisé par les autorités, selon la rumeur. Pourtant, sur financement des Etats-Unis, le gouvernement a obtenu plus de trois millions de moustiquaires, à distribuer gratuitement.

L'ambassadeur des Etats-Unis à Brazzaville, Todd Haskel a dû se rendre à Kinkala dans le Pool, pour dissiper la rumeur.

"C'est une partie importante de l'engagement des Etats-Unis dans le Pool. J'utilise la moustiquaire, les autres membres de l'ambassade l'utilisent également. C'est notre engagement avec le gouvernement et les partenaires de corriger (ce qui se dit) et de faire la distribution", a indiqué le diplomate américain.

Georges Kileba, le préfet du Pool appelle les populations à accepter la moustiquaire imprégnée, à Kinkala, le 15 octobre (VOA/Arsène Séverin)
Georges Kileba, le préfet du Pool appelle les populations à accepter la moustiquaire imprégnée, à Kinkala, le 15 octobre (VOA/Arsène Séverin)


Le préfet du Pool, Georges Kilebe, dit aussi qu'il utilise la même moustiquaire. "Plusieurs personnes ont tenté de torpiller cette opération en distillant des nouvelles mensongères. Je peux vous rassurer que moi-même je ne dors que sous la moustiquaire imprégnée d'insecticides depuis longtemps et je suis encore débout, j'ai 64 ans", a témoigné le préfet, encourageant les populations à vaincre la rumeur.

Ce message a permis à plusieurs familles de prendre les moustiquaires pour se mettre à l'abri de l'anophèle, le moustique vecteur du paludisme, première cause de mortalité dans le pays.

Les habitants de Kinkala, favorables à la moustiquaire imprégnée, reconnaissent qu’ils sont sans défense face au paludisme. "Le paludisme menace Kinkala. Dans les réunions avec le comité de santé, on nous dit que le paludisme est une menace", a-t-il dit.

Un autre a ajouté : "C'est bien de dormir sous la moustiquaire imprégnée, c'est pour nous protéger contre les moustiques".

Fulgence Mayela, chef du quartier Mabi à Kinkala, déplore les cas de paludisme, le 15 octobre (VOA/Arsène Séverin)
Fulgence Mayela, chef du quartier Mabi à Kinkala, déplore les cas de paludisme, le 15 octobre (VOA/Arsène Séverin)


Par ailleurs, Fulgence Mayela, le chef des quartiers Mabi et Kinkala avoue son impuissance à faire respecter l'opération d'assainissement des habitations.

"C'est une population semi-rurale. En fait l'opération se fait chaque premier mercredi du mois, mais les populations préfèrent vaquer à leurs occupations champêtres. Ce sont des maraîchers, des malafoutiers... Donc pour elles perdre une journée à ne faire de l'assainissement, c'est embêtant", a-t-il déploré.

Selon le programme national de lutte contre le paludisme, l'utilisation des moustiquaires réduit les cas de malaria.

Jean Mermoz Youndouka parle de l'incidence considérable de la moustiquaire imprégnée sur la réduction des cas de paludisme, à Kinkala, le 15 octobre (VOA/Arsène Séverin)
Jean Mermoz Youndouka parle de l'incidence considérable de la moustiquaire imprégnée sur la réduction des cas de paludisme, à Kinkala, le 15 octobre (VOA/Arsène Séverin)


Dr Jean Mermoz Youndouka, coordonnateur du programme. "L'opération qu'on avait réalisée en 2011-2012, on avait réduit l'incidence de 75%", a rappelé le médecin.

L'opération de distribution en masse des moustiquaires se poursuit normalement dans les quartiers de Kinkala. La durée d'efficacité de ces moustiquaires imprégnées est de trois ans. La dernière distribution de masse des moustiquaires imprégnées dans le pays remonte à 2011.

Les rumeurs de moustiquaires empoisonnées dénoncées par les autorités

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Des ONG visent les enfants de Denis Sassou Nguesso en justice

Le parquet de Brazzaville a reçu la plainte des ONG contre les enfants Sassou, le 12 octobre à Brazzaville. (VOA/Arsène Séverin)

Une plate-forme d'ONG locales a déposé au parquet de Brazzaville une plainte contre Denis Christel et Claudia, deux enfants du président Denis Sassou Nguesso, qu'elle soupçonne de détournements de fonds, de blanchissement et de corruption. Cette requête fait suite aux révélations faites il y a quelques mois par l'ONG britannique Global Witness.

Une dizaine d'activistes s'est présentée au secrétariat du procureur de la République, André Oko Ngakala, pour déposer une plainte contre les deux enfants du chef de l'Etat congolais.

une plate-forme d'ONG dépose au parquet une plainte contre Denis Christel et Claudia
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Selon Trésor Nzila Kendet, directeur exécutif de l'Observatoire congolais des droits de l'Homme (OCDH), membre de cette plate-forme, il faut que ces deux citoyens se présentent devant la justice pour confirmer ou pas les faits mis à leur charge.

Tresor Nzila Kendet, le directeur de l'OCDH, est parmi ceux qui ont déposé la plainte, le 12 octobre à Brazzaville. (VOA/Arsène Séverin)
Tresor Nzila Kendet, le directeur de l'OCDH, est parmi ceux qui ont déposé la plainte, le 12 octobre à Brazzaville. (VOA/Arsène Séverin)


"La loi congolaise dit que le procureur de la République reçoit des plaintes et des dénonciations et donne la suite légale à tout cela. Nous avons appris des faits graves de détournements de fonds publics et dans un contexte social délétère", explique-t-il.

"Il ne s'agit pas des premières révélations. On ne peut pas garder silence, je crois qu'il faille interpeller les pouvoirs publics afin de faire la lumière sur ces révélations qui sont extrêmement graves", souligne M.Kendet.

Contrairement à sa stratégie habituelle d'agir en présence du public, la plate-forme d'ONG s'est plutôt discrètement glissée au parquet de Brazzaville. Les attentes sont fixées à la décision du procureur de la République, s'il ouvrirait ou non, une enquête judiciaire à ce sujet.

Joe Wahsington Ebina appelle la justice à faire éclater la vérité dans cette affaire, le 12 octobre à Brazzaville. (VOA/Arsène Séverin)
Joe Wahsington Ebina appelle la justice à faire éclater la vérité dans cette affaire, le 12 octobre à Brazzaville. (VOA/Arsène Séverin)


Joe Washington Ebina, président du FULD exprime son optimisme.

"Nous restons confiants que ces révélations viennent d'une ONG internationale très sérieuse. Maintenant, au Congo, nous espérons seulement que le travail sera fait. Mais au moins, les populations sont bel et bien au courant que les organisations sont dans la recherche de la vérité, et cela devrait mettre tout le monde en paix, voilà simplement ce que nous recherchons", indique-t-il.

La démarche des ONG locales est une première dans le pays, si bien que très peu de gens lui donnent une chance d'aboutir.

Le juriste Christian Ruddy Bouanga analyse cette démarche en ces termes : "Les citoyens congolais qui ont intérêt à agir du fait de l'objet de leur ONG, qui sont libres d'aller saisir le parquet de la République, se constituer la partie civile pour avoir dénoncé certains faits, c'est de leur droit", reconnaît-il.

Il s'interroge cependant sur la suite qui sera réservée à cette requête.

"La composition de cette juridiction s'interrogera sur les éléments de preuves mis à leur disposition. Mais vous conviendriez avec moi que ces éléments de preuve brillent par leur nullité, ils sont vides de tout contenu. Dans toutes les déclarations faites par Global Witness sur la corruption, les détournements de fonds ou le blanchissement d'argent portées contre les citoyens congolais, régulièrement revient les expressions 'Il semblerait que'...'Il y aurait eu''", commente le juriste.

En avril et août, l'ONG Global Witness avait publié des rapports incriminant la fille et le fils du chef de l'Etat d'avoir détourné et utilisé des fonds publics, à des fins personnelles.

une plate-forme d'ONG dépose au parquet une plainte contre Denis Christel et Claudia

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