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Centrafrique

Polémique autour de la nationalité de chefs rebelles nommés conseillers en Centrafrique

Les FACA en entrainement à Bangui, en Centrafrique, le 17 août 2018. (VOA/Freeman Sipila)

Un chef de groupe armé récemment nommé conseiller ministériel a assuré mercredi être bien Centrafricain, après les critiques d'une ONG de la société civile selon laquelle plusieurs chefs de milices nommés à des responsabilités politiques étaient étrangers.

Mahamat Alkatim, leader du Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC), nommé fin mars conseiller militaire du Premier ministre, a "servi dans l'armée centrafricaine" et non au "Congo (ni au) Gabon, ni (au) Tchad ou (au) Cameroun", a indiqué le MPC dans un communiqué obtenu mercredi par l'AFP.

Mardi, le Groupe de travail de la société civile sur la crise centrafricaine (GTSC) avait affirmé ne pas pouvoir "accepter qu'aujourd'hui, au nom de la paix, des étrangers sous sanctions internationales à l'instar d'Ali Darassa, Alkatim ou encore Sidiki soient nommés au sein de la haute administration".

Ali Darassa, chef de l'Unité pour la paix en Centrafrique (UPC), Mahamat Alkatim, et Bi Sidi Souleymane (alias Sidiki), chef du groupe armé 3R (Retour, réclamation, réconciliation), ont été nommés le 25 mars "conseillers spéciaux militaires" à la primature, selon un décret présidentiel.

Les deux premiers sont accusés par leurs détracteurs d'être originaires du Tchad, le dernier du Cameroun.

L'annonce d'un nouveau gouvernement après la signature de l'accord de Khartoum, avait soulevé une vague de protestations de la part des groupes armés qui réclamaient davantage de ministères pour leurs représentants.

L'Union africaine (UA) avait alors convoqué à Addis Abeba une réunion de suivi entre les autorités et les quatorze groupes armés signataires de l'accord, pour tenter de le sauver.

Au terme de cette réunion, les signataires de l'accord de paix s'étaient entendus sur un nouveau gouvernement.

L'accord de Khartoum est le huitième signé depuis le début de la crise marquée par le renversement en mars 2013 du président François Bozizé. Aucun des précédents accords n'a abouti à un retour de la stabilité.

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L'ex-premier ministre Sarandji nommé ministre d'Etat en Centrafrique

Le Premier ministre Simplice Mathieu Sarandji à Bangui, Centrafrique, avril 2016. (VOA/ Freeman Sipila)

L'ancien Premier ministre centrafricain, Simplice Mathieu Sarandji, dont les groupes armés avaient réclamé et obtenu la démission, a été nommé ministre d'Etat conseiller spécial à la présidence, selon un décret présidentiel rendu public mercredi.

M. Sarandji avait présenté sa démission et celle de son gouvernement le 22 février, conformément à l'accord de paix signé deux semaines auparavant à Bangui entre autorités et groupes armés.

Lors des négociations de cet accord menées à Khartoum à l'initiative de l'Union africaine (UA), les groupes armés avaient exigé et obtenu cette démission.

M. Sarandji avait été remplacé par un proche du président Faustin Archange Touadéra, Firmin Ngrebada, dont les groupes armés avait également exigé rapidement la démission, estimant que son gouvernement ne leur offrait pas suffisamment de postes.

A la suite d'une réunion convoquée par l'UA à Addis Abeba pour sauver l'accord de paix de Khartoum, un nouveau gouvernement, toujours dirigé par M. Ngrebada, a été formé la semaine dernière, accordant plus de places aux groupes armés.

Outre des ministères non régaliens, les représentants de groupes armés ont obtenu plusieurs postes de conseillers spéciaux à la présidence et à la primature. Parmi eux, Ali Darassa, chef de l'Unité pour la paix en Centrafrique (UPC), Mahamat Alkatim, chef du Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC) et Bi Sidi Souleymane (alias Sidiki), chef du groupe armé 3R (Retour, réclamation, réconciliation).

Ils seront chargés auprès du Premier ministre, Firmin Ngrebada, de la mise en place des unités spéciales mixtes prévues par l'accord de Khartoum. Ces unités sont composées de membres des Forces armées centrafricaines (Faca) et des groupes armés qui contrôlent 80% du territoire de Centrafrique, afin d'en assurer la sécurité.

Riche en ressources naturelles, la Centrafrique est déchirée par la guerre depuis 2013. Près d'un quart de ses 4,5 millions d'habitants ont dû fuir leur domicile.

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