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Le président centrafricain optimiste quant à l'avenir de l'accord de paix

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Le président de la Centrafrique optimiste quant à l'avenir de l'accord de paix

Le président Faustin Archange Touadera de la Centrafrique, à Bangui, 30 mars 2018. (VOA/Freeman Sipila)

Le président de Centrafrique Faustin-Archange Touadéra s'est montré optimiste mardi depuis Washington quant à la réussite de l'accord de paix signé en février avec des groupes armés, et ayant débouché sur la formation d'un gouvernement incluant plusieurs de leurs membres.

En visite dans la capitale américaine, il a souligné que cet accord -- le huitième signé depuis le début de la crise marquée par le renversement en mars 2013 du président François Bozizé -- comportait des mesures sur des sujets cruciaux comme le partage du pouvoir.

M. Touadéra a désigné fin mars un nouveau gouvernement accordant davantage de portefeuilles aux groupes armés signataires de l'accord de paix, conclu à Khartoum, au Soudan, début février.

"Nous pensons que ça peut être le dernier accord si nous tous, nous engageons fermement à la mise en oeuvre", a-t-il déclaré lors d'une rencontre à l'institution United States Institute of Peace.

"Cet accord a quelque chose de plus que les autres parce que toutes les parties prenantes ont eu le temps nécessaire pour discuter tous les points qui ont fait l'objet de l'accord", a-t-il ajouté.

Riche en ressources naturelles, la Centrafrique est déchirée par la guerre depuis 2013. Le renversement de François Bozizé par la Séléka, rébellion à majorité musulmane, avait suscité une riposte de milices d'auto-défense, baptisées antibalaka. La France avait alors lancé l'opération militaire Sangaris, sous mandat de l'ONU, afin de rétablir la sécurité.

L'accord de Khartoum a été signé début février entre le pouvoir et 14 groupes armés qui contrôlent 80% du territoire de la Centrafrique. Un mois plus tard, les parties se sont entendues sur un gouvernement inclusif.

Pour le président centrafricain, l'accord de paix a aussi réglé des questions importantes comme la demande insistante de certains combattants de ne pas être poursuivis en justice.

"C'est vrai qu'il y a eu des moments difficiles dans ces négociations, notamment les questions de l'impunité -- c'est à dire, la question d'amnistie -- et aussi le partage de pouvoir", a-t-il dit.

"Mais je pense que, en respectant les paramètres, toutes les parties se sont rendues compte que nous ne pouvons pas avoir la paix en mettant de côté les questions de justice", a-t-il poursuivi.

Faustin-Archange Touadéra doit rencontrer à Washington le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, et espère encourager les investissements américains dans son pays.

Alors que la France s'inquiète de l'influence grandissante de Moscou dans le pays, M. Touadéra a par ailleurs défendu son implication, faisant valoir les exemptions à l'embargo sur les armes accordées à la Russie par l'ONU.

"Il y a de la place pour tout le monde en Centrafrique", a-t-il déclaré.

Avec AFP

Discussions après des combats entre l'ONU et un groupe armé

Des soldats tanzaniens de la Minusca patrouillent la ville de Gamboula le 6 juillet 2018.

Des discussions étaient en cours mardi à la suite de récents combats entre les troupes de la mission de l'ONU en Centrafrique (Minusca) et des combattants d'un groupe armé dans l'ouest du pays, selon la Minusca.

L'ONU a "engagé des discussions qui se poursuivent encore aujourd'hui avec" le groupe armé Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC), a déclaré à l'AFP le porte-parole de la Minusca, Vladimir Monteiro.

"Le but est de faire passer le message que ne nous tolèrerons pas d'autres attaques", a-t-il ajouté.

Depuis vendredi, les Casques bleus de la Minusca sont en opération militaire contre le FDPC dans l'ouest du pays.

Cinq membres du groupe ont été tués dans les combats, selon une note interne de l'ONU consultée par l'AFP. Le groupe armé parle, lui, de trois morts dans ses rangs.

Un Casque bleu a aussi été blessé lors de ces affrontements, a indiqué M. Monteiro en ajoutant qu'il était sorti de l'hôpital mardi.

L'opération militaire onusienne "a permis d'établir un poste militaire avancé" à Zoukombo, là où étaient positionnés les éléments du FDPC attaqués, selon M. Monteiro.

L'ONU reprochait au groupe armé d'avoir érigé des barricades sur la route nationale 1, la seule permettant d'approvisionner Bangui depuis le Cameroun, et volé une dizaine de pick-up.

Après la signature d'un accord de paix début février entre Bangui et 14 groupes armés dont le FDPC, ce groupe avait érigé des barricades en signe de mécontentement vis-à-vis des autorités qui, selon lui, n'avaient "pas respecté" l'accord dans la formation du gouvernement.

Ces barricades avaient finalement été levées début mars.

Un nouveau round de négociations a eu lieu mi-mars en Ethiopie, et un nouveau gouvernement a été nommé le 22 mars.

Si le leader du groupe, Abdoulaye Miskine, a décliné le poste ministériel qui lui était destiné, l'un de ses proches a été nommé "conseiller spécial" à la Primature et l'autre préfet de la Nana-Mambéré, région de l'ouest.

L'accord de Khartoum, soutenu par tous les partenaires de Bangui et préparé depuis 2017 par l'Union africaine, est le huitième signé depuis le début de la crise marquée par le renversement en mars 2013 du président François Bozizé.

Riche en ressources naturelles, la Centrafrique est déchirée par la guerre, qui a forcé près d'un quart des 4,5 millions d'habitants à fuir leur domicile.

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