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Pourparlers de paix à Khartoum

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Suspension des pourparlers de paix en raison de désaccords

Une maison brûlée lors des attaques à Alindao, Centrafrique, le 29 novembre 2018. (VOA/ Felix Yepassis-Zembrou)

Les pourparlers de paix à Khartoum entre les groupes armés contrôlant la plus grande partie de la Centrafrique et le gouvernement de Bangui ont été suspendus jeudi à cause de désaccords, notamment sur la question de l'amnistie, a annoncé vendredi une source gouvernementale à l'AFP.

"Il y a eu une suspension des négociations car les parties voulaient se concerter et s'accorder entre elles sur les questions relatives à l'amnistie, qui ne devait pas faire partie du cadre des discussions, et sur la question de partage du pouvoir", selon cette source.

"Dans toute négociation, il y a des moments où les parties ne s'accordent pas forcément sur tout, y compris sur des détails", a-t-elle ajouté.

Sous la pression de ses partenaires occidentaux, Bangui a toujours refusé une amnistie des chefs de guerre dont plusieurs sont sous sanctions onusiennes ou cités pour violations des droits de l'homme dans des rapports d'ONG.

Débutées le 24 janvier à Khartoum, au Soudan, ces négociations sous égide de l'Union africaine (UA) doivent aboutir à un accord et à la mise en place d'un comité de suivi, pour tenter de ramener la paix en Centrafrique, un pays de 4,5 millions d'habitants ravagé par la guerre depuis 2012.

Ce face-à-face, inédit pour la Centrafrique, a réuni une importante délégation banguissoise, emmenée par le directeur de cabinet du président Faustin-Archange Touadéra, Firmin Ngrebada, pour dialoguer avec les principaux chefs de groupes armés opérant en RCA.

Sont notamment présents les anciens généraux de la Séléka, l'ex-coalition qui avait pris Bangui en 2013: Ali Darassa, chef de l'Unité pour la paix en Centrafrique (UPC), Noureddine Adam, chef du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), et Mahamat Al-Khatim, chef du Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC).

Manifestation contre l'embargo de l'ONU sur la livraison d'armes
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L'initiative de paix de Khartoum n'a pas mis fin à toutes les violences sur le terrain. Depuis le 24 janvier, l'UPC a mené plusieurs attaques dans la préfecture de la Ouaka, dans le centre du pays.

Les négociations pourraient durer "deux à trois semaines", selon les autorités soudanaises.

Sept accords de paix ont déjà été signés depuis le début de la crise centrafricaine, fin 2012, sans qu'aucun n'arrive à ramener la stabilité.

L'ONU trace la route vers une possible levée de l'embargo sur les armes

Les FACA en entrainement à Bangui, en Centrafrique, le 17 août 2018. (VOA/Freeman Sipila)

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté jeudi à l'unanimité une résolution renouvelant pour un an l'embargo sur les armes imposé à la Centrafrique, tout en traçant la route vers une possible levée de cette mesure avant la fin de l'année.

Rédigée par la France, qui assure entendre les demandes répétées de son ancienne colonie pour l'arrêt de cet embargo afin de mieux lutter contre les groupes armés contrôlant la majeure partie du pays, la résolution pose une série de conditions pour parvenir à cette perspective.

Cette résolution "marque une vraie ouverture" du Conseil, avec un processus pouvant "conduire à un assouplissement" de l'embargo, a fait valoir après le vote l'ambassadeur français à l'ONU, François Delattre. Evoquant les autorités centrafricaines, il a insisté: "Leur message a été bien entendu".

Il s'agit d'un "texte équilibré", qui "permettra d'alléger l'embargo", a relevé de son côté Kacou Houadja Léon Adom, son homologue de Côte d'Ivoire. "Il ne fait aucun doute que le Conseil de sécurité prend en compte les préoccupations du gouvernement centrafricain, notamment le besoin urgent de former et d'équiper les forces de sécurité" du pays, a-t-il ajouté.

La résolution évoque pour la première fois "l'intention" du Conseil de sécurité de revoir d'ici au 30 septembre l'embargo en vigueur depuis 2013, sur la base d'une évaluation des progrès réalisés en matière sécuritaire dans le pays.

Des "critères-clés clairs et bien identifiés" vont être définis d'ici au 30 avril sur "la réforme du secteur de la sécurité, le désarmement, la démobilisation, le processus de réintégration et de rapatriement (des combattants), la gestion des armes et munitions". Ils "permettront au Conseil de sécurité de revoir l'embargo sur les armes", précise la résolution.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres devra remettre avant le 31 juillet une évaluation sur l'application des futurs critères. Un rapport à rendre avant le 30 juin est également demandé aux autorités centrafricaines.

"Une perspective est ouverte" pour la fin de l'embargo, mais "sans engagement" à ce stade, souligne un diplomate sous couvert d'anonymat.

Depuis 2017, plusieurs exemptions à l'embargo sur les armes ont été accordées par l'ONU à la Russie, la Chine, les Etats-Unis ou la France, afin d'équiper notamment des unités de l'armée centrafricaine en voie de reconstitution.

L'ONU maintient en Centrafrique une force de paix de quelque 13.000 militaires et policiers. Ce pays a sombré dans la violence, alimentée par des luttes entre groupes armés musulmans et chrétiens, après le renversement en 2013 de l'ex-président François Bozizé.

Avec AFP

L'ONU accorde à la Russie et à la Chine de nouvelles exemptions à l'embargo sur les armes

L'ONU accorde à la Russie et à la Chine de nouvelles exemptions à l'embargo sur les armes
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Peut-être dernière année pour l'embargo sur les armes en Centrafrique

Un homme armé fait une garde dans le quartier de PK5, à Bangui, RCA, le 15 novembre 2017.

L'ONU a accordé à la Russie et à la Chine de nouvelles exemptions à l'embargo sur les armes imposé à la Centrafrique, qui devrait être renouvelé jeudi pour un an supplémentaire par le Conseil de sécurité de l'ONU, mais peut-être pour la dernière fois.

Rédigé par la France, un projet de résolution exprime en effet pour la première fois "l'intention" du Conseil de sécurité d'assouplir d'ici au 30 septembre l'embargo en vigueur depuis 2013, en fonction d'une évaluation des progrès réalisés en matière sécuritaire dans le pays.

A cette fin, des critères vont être établis et une évaluation demandée au secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, d'ici le 31 juillet.

Les autorités centrafricaines, qui réclament depuis longtemps la fin de l'embargo sur les armes pour mieux lutter contre les groupes armés qui contrôlent la majorité du pays, seront aussi mises à contribution pour un rapport à remettre d'ici lu 30 juin sur les mêmes sujets, prévoit le projet de résolution auquel a eu accès l'AFP.

Des "critères-clés clairs et bien identifiés" vont être définis d'ici au 30 avril sur "la réforme du secteur de la sécurité, le désarmement, la démobilisation, le processus de réintégration et de rapatriement (des combattants), la gestion des armes et munitions".

Ils "permettront au Conseil de sécurité de revoir l'embargo sur les armes" d'ici à fin septembre, précise le texte.

Lundi, environ 3.000 Centrafricains, dont le Premier ministre Mathieu Simplice Sarandji, avaient manifesté à Bangui pour exiger à nouveau la levée de l'embargo.

"Le gouvernement respecte l'embargo alors que les groupes armés reçoivent des armes. Le peuple centrafricain ne peut pas comprendre cette loi de deux poids, deux mesures", a affirmé le Premier ministre.

- "Bonne idée" -

Selon des diplomates, le projet de résolution devrait être adopté à l'unanimité, y compris avec le soutien de la Russie aux critiques virulentes à l'égard de la France en décembre lors du renouvellement de la mission de Casques bleus (11.650 militaires et 2.080 policiers).

Dénonçant alors une approche "orgueilleuse" de Paris dans la négociation, l'ambassadeur russe à l'ONU, Vassily Nebenzia, avait estimé que les pays africains indépendants étaient traités "comme des pré-carrés".

Pour le renouvellement de l'embargo sur les armes, le ton a radicalement changé. "Nous pensons que c'est une bonne idée d'avoir un réexamen de l'embargo" en fin d'année, a déclaré mercredi à l'AFP Vassily Nebenzia.

"Une perspective est ouverte" pour la fin de l'embargo mais "sans engagement", relève un diplomate sous couvert d'anonymat.

Dans l'attente du réexamen, une nouvelle demande d'exemption de l'embargo faite par la Russie - de plus en plus impliquée dans l'ex-colonie française, en soutien au président Faustin-Archange Touadera -, concernant des pistolets, des kalachnikovs et des munitions, vient d'être acceptée par l'ONU.

Cette demande d'exemption avait suscité des réserves des Etats-Unis, de la France et du Royaume-Uni. Mais Paris a levé ses objections le 25 janvier et Washington et Londres ont fait de même mercredi, selon des diplomates.

La Russie avait déjà obtenu de l'ONU au cours des dernières années des exemptions pour livrer des armes aux forces de sécurité centrafricaines, entourées de conditions sur leur stockage et leur traçabilité.

La France avait aussi bénéficié l'an dernier d'une exemption pour remettre des fusils d'assaut aux unités de l'armée formées par l'Union européenne.

En 2018, la Chine avait également demandé une exemption pour livrer des armes, longtemps bloquée à l'ONU. Selon une source diplomatique, elle a finalement été accordée récemment après une reformulation de la demande chinoise, qui ne portait plus sur des armes létales et de l'armement anti-aérien, mais principalement sur des véhicules.

La France intervient à l'occasion en Centrafrique avec des avions de chasse venus du Tchad pour apporter un soutien aérien à la force de Casques bleus de l'ONU déployée dans le pays.

La Centrafrique a sombré dans la violence après le renversement en 2013 de l'ex-président François Bozizé par la rébellion Séléka, entraînant la contre-offensive de groupes antibalaka, milices se présentant essentiellement comme chrétiennes.

Depuis une semaine, des pourparlers de paix sont menés à Khartoum entre le gouvernement et des groupes armés contrôlant la plus grande partie de la Centrafrique.

Avec AFP

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