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Les préparatifs des fêtes de fin d'année battent leur plein

Marché de Noël de Bangui, en Centrafrique, le 24 décembre 2018. (VOA/Freeman Sipila)

Après plusieurs années de violence, la RCA commence à renouer avec son ambiance d'antan. Les préparatifs des fêtes de fin d'année vont bon train et Bangui vibre au rythme de la célébration de Noël. Les marchés et rues grouillent de jouets et du monde.

Presque tous les marchés, les grands magasins et les abords des avenues sont envahis de jouets de toutes sortes.

Pour éviter tout débordement sur les avenues du centre-ville, la mairie centrale a décidé cette année de créer un marché commun de Noël. Un terrain de football dans le 1er arrondissement abrite ce lieu, "devenu très vite attrayant" selon Emile Gros-Raymond Nakombo, maire de Bangui.

Marché de Noël de Bangui, en Centrafrique, le 24 décembre 2018. (VOA/Freeman Sipila)
Marché de Noël de Bangui, en Centrafrique, le 24 décembre 2018. (VOA/Freeman Sipila)

L'existence de ce marché commun a créé une vraie concurrence entre les marchands de jouets. Ceux qui en bénéficient, ce sont les clients qui viennent en masse. Pour certains, les prix sont abordables cette année, d'autres pensent le contraire.

Selon les vendeurs, le rétablissement de la sécurité sur l'axe Bangui-Douala a permis l'arrivée en masse des jouets, ce qui a considérablement fait chuter les prix, comme a confirmé un marchant à VOA Afrique.

Même si un marché commun de vente de jouets et autres objets existe dans le 1er arrondissement, les marchés, les rues et les quartiers des autres arrondissements vibrent au son des trompettes, des sifflets, des coups de klaxons.

Bref, la capitale centrafricaine retrouve son ambiance d'avant la crise sécuritaire.

Un diplomate sénégalais nouvel émissaire de l'ONU en Centrafrique

Le ministre des affaires étrangères sénégalaises Mankeur Ndiaye, à gauche, et son homologue français Jean-Yves Le Drian, à l’ambassade française à Dakar, 15 juin 2017.

Le diplomate et ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères Mankeur Ndiaye a été nommé représentant du secrétaire général de l'ONU en Centrafrique en remplacement du Gabonais Parfait Onanga-Anyanga, dont le mandat s'achevait à la fin de l'année, a indiqué lundi le gouvernement sénégalais.

M. Ndiaye prend ses fonctions alors que la mission onusienne dans le pays (Minusca) est régulièrement accusée de "passivité" face aux violences des groupes armés qui occupent 80% du territoire centrafricain.

"Le Sénégal est encore à l'honneur sur la scène internationale. En effet, l'ancien ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l'Extérieur, Monsieur Mankeur Ndiaye, vient d'être nommé Représentant du secrétaire général de lONU en Centrafrique avec rang de secrétaire général adjoint des Nations unies", s'est réjoui dans un communiqué le chef de la diplomatie sénégalaise, Sidiki Kaba.

M. Onanga-Anyanga, qui était en poste depuis 2015, a lui-même reconnu que les troupes de l'ONU en Centrafrique avaient été dans "l'incapacité" de prévenir un massacre de près de 100 civils commis par un de ces groupes armés le 15 novembre à Alindao (centre).

Amnesty International a exigé "une enquête approfondie, immédiate et impartiale" sur ces évènements d'Alindao.

Selon l'ONG de défense des droits de l'homme, citant "plusieurs témoins sur place", les soldats mauritaniens de la Minusca présents "n'ont pas répondu" à l'attaque du groupe armé, "mais se sont au contraire retirés (...) laissant des milliers de civils sans protection".

Agé de 58 ans, le nouvel émissaire de l'ONU a été ministre des Affaires étrangères du président Macky Sall d'octobre 2012 à septembre 2017, servant sous trois Premiers ministres. Il avait auparavant été ambassadeur, notamment à Paris.

Le Conseil de sécurité a renouvelé le 13 décembre jusqu'à fin 2019 la mission de paix de l'ONU en Centrafrique, au terme de difficiles et longues négociations entre la France, les Etats-Unis et la Russie qui exerce une influence croissante dans cette ancienne colonie française..

La résolution prévoit le maintien dans le pays d'une force de Casques bleus pouvant comprendre jusqu'à 11.650 militaires et 2.080 policiers.

Depuis 2012, une majeure partie de la Centrafrique connaît des violences intercommunautaires. Ce pays pauvre de 4,5 millions d'habitants vit sous la coupe de groupes armés se disputant ses richesses minières.

Demande de remise à la CPI d'un ex-milicien centrafricain: décision française le 31 décembre

FILE - Central African Republic's football federation chief, Patrice-Edouard Ngaissona, attends the 40th Confederation of African Football general assembly in Casablanca, Morocco, Feb. 2, 2018.

La cour d'appel de Paris rendra sa décision le 31 décembre sur la demande de remise à la Cour pénale internationale (CPI) d'un ex-chef de milice centrafricaine et figure de proue des autorités du football africain, arrêté en France pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité.

Visé par un mandat d'arrêt de la CPI, qui est basée à la Haye, Patrice-Edouard Ngaïssona a été arrêté le 12 décembre en France et écroué.

Brièvement ministre des Sports en Centrafrique, il est soupçonné d'avoir commis ou aidé à commettre des crimes de guerre et crimes contre l'humanité dans l'ouest de la République centrafricaine entre septembre 2013 et décembre 2014.

Malgré un lourd passif en Centrafrique à la tête des milices antibalaka, M. Ngaïssona avait été élu en février au comité exécutif de la Confédération africaine de football (CAF).

Selon son porte-parole, M. Ngaïssona est de plus président de la Fédération centrafricaine de football.

Son nom est régulièrement cité dans les rapports de l'ONU et dans les notes d'enquête de la justice centrafricaine comme l'un des chefs des milices antibalaka ("antimachettes") qui ont semé la terreur dans le pays.

Créées en 2013 après la prise du pouvoir à Bangui par les rebelles de la coalition majoritairement musulmane de la Séléka, ces milices peu structurées ont pris les armes au nom de la défense des chrétiens et des animistes.

A la chute du président Michel Djotodia, issu de la Séléka, en 2014, les antibalaka se sont lancés dans une chasse aux musulmans dans Bangui et ses environs, qui a fait des centaines de morts.

Selon la CPI, il y a des "motifs raisonnables" de croire qu'une "attaque généralisée et systématique a été perpétrée par les antibalaka contre la population civile musulmane et quiconque semblait soutenir la Séléka".

"J'étais un porte-parole qui a amené la paix en Centrafrique et non un chef de guerre", a déclaré devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel M. Ngaïssona, affirmant par ailleurs qu'il n'était "pas au pays" au moment des faits qui lui sont reprochés.

L'ancien ministre voyageait avec un passeport diplomatique lors de son arrestation, a de son côté observé son avocat, affirmant ne pas "avoir la preuve rapportée que l'Etat centrafricain ait été informé qu'un de ses diplomates était arrêté".

Cette arrestation est intervenue quelques semaines seulement après la remise à la Cour d'un autre ex-chef de milice antibalaka, Alfred Yekatom.

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