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Centrafrique

Appui aérien français à l'opération de la force de l'ONU à Bambari

Un avion mirage 2000, lors d'un exercice à Chiayi, Taïwan, 16 septembre 2014.

Deux avions de chasse français venus du Tchad ont survolé vendredi Bambari, apportant un appui aérien à la force de l'ONU qui tente de reprendre le contrôle de cette ville du centre de la Centrafrique en proie à des attaques d'un groupe rebelle, a déclaré l'armée française.

Deux Mirage 2000 français ont effectué vendredi à Bambari un "show of force" - un passage à très basse altitude -, a dit à l'AFP le porte-parole de l'état-major des armées françaises, le colonel Patrik Steiger.

"Il y a eu une opération au sol de la Minusca (la mission armée de l'ONU en Centrafrique) sur Bambari pour en reprendre le contrôle" et "nous avons apporté un appui aérien", précise le colonel Steiger.

Depuis jeudi, cette ville de plus de 40.000 habitants est le théâtre d'attaques impliquant le groupe rebelle de l'Union pour la paix en Centrafrique (UPC) d'Ali Darass.

L'opération des Casques bleus lancée jeudi a permis "la destruction de moyens létaux et le démantèlement de barricades contrôlées par l'UPC", a indiqué vendredi un communiqué de la Minusca.

De nouveaux combats ont eu lieu vendredi matin à Bambari, selon une source onusienne.

Le gouvernement avait pourtant annoncé la veille sur les réseaux sociaux que la ville avait été "libérée par les forces conjointes" de l'armée centrafricaine et de la Minusca.

Les affrontements à Bambari ont causé la mort de deux policiers jeudi, selon le porte-parole du gouvernement centrafricain Ange-Maxime Kazagui.

L'ONG Médecins sans frontières (MSF), qui avait pris en charge trente "blessés par balles" jeudi, a dit avoir admis cinq blessés supplémentaires à l'hôpital vendredi, dont un est décédé.

Un bilan plus lourd a été évoqué dans la presse locale.

Depuis la mi-2018, des membres de groupes armés tentent de revenir dans Bambari, ville considérée comme stratégique par sa position géographique et riche en ressources.

La Centrafrique est ravagée par des combats entre des groupes armés qui se battent pour le contrôle des territoires et leurs ressources. Impuissant, l'Etat n'a de contrôle que sur une maigre partie du pays.

La France, ex-puissance coloniale, était intervenue entre 2013 et 2016 pour faire cesser les violences de la coalition rebelle de la Séléka et les représailles des milices antibalaka adverses.

L'intervention des avions français est relativement rare.

Moscou dément tout lien avec le groupe Wagner dans le meurtre des trois journalistes en Centrafrique

Le président Vladimir Poutine, Kremlin, Russie, 26 décembre 2018.

Les autorités russes ont rejeté vendredi les conclusions d'une enquête liant l'assassinat en Centrafrique de trois journalistes russes avec le groupe paramilitaire Wagner sur lesquels ils enquêtaient et son financier proche du Kremlin, assurant qu'ils avaient été victimes de bandits.

Le reporter de guerre Orkhan Djemal, le documentariste Alexandre Rastorgouïev et le caméraman Kirill Radtchenko ont été tués en juillet dernier par des hommes armés dans le nord de la Centrafrique.

Financés par un média appartenant à l'opposant au Kremlin et oligarque en exil Mikhaïl Khodorkovski, ils enquêtaient sur les activités de mercenaires russes en Centrafrique, notamment le groupe Wagner, qui s'est surtout fait connaître en Syrie.

Les trois hommes ont été abattus par un "groupe d'hommes à la peau noire et parlant arabe" qui voulait les dépouiller et auquel ils ont résisté, a indiqué le Comité d'enquête russe, chargé des principales affaires, dans un communiqué, reprenant la version avancée depuis le départ par les autorités russes.

Jeudi, une enquête du média "Dossier", également financé par M. Khodorkovski, a soutenu que les trois hommes étaient suivis par un gendarme centrafricain en relation avec des Russes liés à un homme d'affaires réputé être le financier de Wagner ainsi qu'avec le conseiller militaire russe de la présidence centrafricaine.

Selon cette enquête, le chauffeur centrafricain des reporters, présent lors de leur mort, utilisait par ailleurs un faux nom et transmettait des informations au gendarme chargé de les suivre, a précisé à l'AFP Maxime Dbar, l'attaché de presse de M. Khodorkovski.

Ce chauffeur, poursuit cette source, leur avait été recommandé par un journaliste membre d'un média détenu par Evguéni Prigojine, un homme d'affaires proche du Kremlin qui financerait, selon des médias, le groupe de mercenaires Wagner.

Le Comité d'enquête a qualifié ces conclusions de tentative pour "justifier" l'envoi de reporters "sans protection" dans une zone particulièrement dangereuse.

Depuis leur mort, officiels russes et médias pro-gouvernementaux ont remis en question le professionnalisme et la préparation des trois journalistes.

La Russie dispose officiellement d'instructeurs civils en Centrafrique, où elle exerce depuis quelques mois une influence grandissante.

Des soldats centrafricains sont notamment formés par Moscou dans l'immense palais de Berengo, à 60 km à l'ouest de la capitale Bangui, une bâtisse où vivait Jean-Bedel Bokassa, président puis empereur de 1966 à 1979.

Selon des sources occidentales, ces instructeurs, dont le nombre est sous-estimé, seraient des mercenaires étroitement liés à des sociétés minières russes.

Vladimir Poutine a reconnu en décembre l'existence de mercenaires et affirmé qu'ils avaient "le droit de travailler" à l'étranger tant qu'ils respectaient la loi russe.

Violences à Bambari, au moins deux policiers tués

Des soldats français patrouillent dans des véhicules dans les rues de Bambari, en Centrafrique, le 15 mai 2015.

Au moins deux policiers ont été tués jeudi dans des affrontements entre l'armée et des combattants du groupe armé Union pour la paix en Centrafrique (UPC) à Bambari, dans le centre de la Centrafrique, selon le gouvernement.

"Deux policiers ont été tués, et un autre a été blessé à Bambari", a indiqué à l'AFP le porte-parole du gouvernement centrafricain Ange-Maxime Kazagui.

La presse locale faisait état jeudi d'une dizaine de morts, sans qu'il soit possible de confirmer ce bilan.

"Dans la matinée du jeudi 10 janvier 2019, des éléments de l'UPC et leurs alliés ont lancé diverses attaques dans la ville de Bambari", a indiqué le gouvernement dans un communiqué jeudi après-midi.

La mission de l'ONU, la Minusca, "a envoyé des éléments vers le centre-ville", a précisé à l'AFP son porte-parole Vladimir Monteiro. Mercredi, des Casques bleus avaient déjà été "visés par des tirs" dans la ville, a-t-il ajouté.

Bambari devait célébrer jeudi et vendredi la journée mondiale de l'alimentation en présence du président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra.

Cet événement, originellement prévu le 16 octobre, avait déjà été reporté deux fois à cause des violences. Le gouvernement a suspendu les cérémonies.

Dans le reste du pays, la ville de Bakouma (est) restait jeudi sous la coupe d'un autre groupe armé allié de l'UPC, le Front populaire pour la Renaissance de la Centrafrique (FPRC), qui s'en est emparé fin décembre.

Le FPRC et l'UPC sont les deux principaux groupes armés issus de l'ex-rébellion musulmane Séléka.

Batangafo a aussi été début janvier théâtre de violences, dans lesquelles un gardien d'une ONG a été tué, selon un rapport interne onusien.

"La gravité de ces attaques est d'autant plus inacceptable qu'elles interviennent au lendemain d'un engagement définitif du gouvernement à dialoguer avec les groupes armés dans les plus brefs délais", selon le communiqué gouvernemental jeudi.

Mercredi, M. Touadéra a annoncé que des pourparlers entre les autorités et les groupes armés rebelles, attendus depuis plusieurs mois, prendront place le 24 janvier au Soudan, sous égide de l'Union africaine (UA).

Cette "initiative africaine", initiée en 2017 et très critiquée depuis ses débuts pour sa lenteur et son manque d'efficacité, reste soutenue par l'ONU et les principaux partenaires de Bangui.

En Centrafrique, l'Etat ne contrôle qu'une maigre partie du territoire national. Les groupes armés s'affrontent dans les provinces pour le contrôle des ressources, notamment les diamants, l'or et le bétail.

Pourparlers de paix entre Bangui et groupes armés fin janvier au Soudan

Le président de la République centrafricaine Faustin-Archange Touadera donne une conférence de presse à Bangui, le 11 avril 2018.

Des pourparlers de paix entre Bangui et les groupes armés rebelles, attendus depuis plusieurs mois en Centrafrique, prendront place fin janvier au Soudan à l'initiative de l'Union africaine (UA).

"Le Président Touadéra a annoncé (...) la tenue du dialogue direct entre gouvernement et groupes armés le 24 janvier 2019 à Khartoum au Soudan, sous l'égide de l'UA dans le cadre de l'Initiative africaine", a tweeté mercredi après-midi Moussa B. Nebié, représentant de l'UA en Centrafrique.

Il aura fallu des mois de tractations pour que la date et le lieu de cette rencontre tant attendue soient dévoilés.

Khartoum, capitale du Soudan a été retenue, sans doute à cause de sa proximité avec les régions nord-est de la RCA, contrôlées à 99 % par des groupes armés de l'ex-séléka. Ce qui permettrait facilement le déplacement de certains chefs rebelles.

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La grosse préoccupation des Centrafricains, c'est l'issue de ce dialogue sous les auspices de l'Union africaine, déjà que plusieurs revendications des 14 groupes armés du pays vont à l'encontre de la constitution centrafricaine et ne respectent pas les recommandations du Forum national de Bangui de mai 2015.

Les Centrafricains sont tout de même optimistes et attendent beaucoup de ces pourparlers.

Faustin Archange Touadéra a réitéré son engagement à mener ces discussions dans le respect de la constitution : "l'initiative de l'Union africaine pour la paix et la réconciliation nationale reste et demeure la seule voie de sortie de crise en RCA. Cependant, elle doit se dérouler dans le respect de la primauté de la constitution et des recommandations pertinentes du Forum National de Bangui du 10 mai 2015" a insisté le chef de l'Etat centrafricain.



Pour Martin Ziguele, député de la nation et chef du Mouvement de libération du peuple centrafricain, ces pourparlers doivent être inclusifs car "lorsque vous allez à des discussions de ce type, rien ne vous interdis de constituer des collèges 'sages'."

Il poursuit : "La paix en Centrafrique, ce n'est pas une question du président de la République. Pendant que je parle, j'ai des compatriotes qui sont certainement en train de mourir à Bakouma, donc ils ne peuvent pas comprendre pourquoi nous ne sommes pas ensemble pour pousser à la route la paix".

La société civile qui n'entend pas aussi rester en marge de ces négociations, insiste sur l'impunité. Pour Hervé Séverin Lindamo, coordonnateur d'une association des victimes, "les victimes ont plusieurs fois demandé à l'état l'amnistie zéro, le respect du Forum de Bangui, le respect de la constitution".

Question de l'amnistie

En 2018, un panel de facilitateurs de l'UA a rencontré tous les groupes armés opérant sur le territoire centrafricain, recueillant et compilant leurs revendications pour déposer les armes.

Ces demandes ont ensuite été remises fin août aux autorités à Bangui, qui devaient depuis convoquer un dialogue avec les quatorze groupes armés.

L'un des points majeurs d'achoppement de ces négociations entre gouvernement et groupes armés est la question de l'amnistie: demandée par les groupes armés, elle a toujours été refusée par Bangui, sous la pression de l'ONU et de ses partenaires.

Une Cour pénale spéciale (CPS) a été créée pour juger les crimes commis dans le pays depuis 2003, et plusieurs chefs de groupes armés sont cités dans des rapports d'enquête de l'ONU quand d'autres sont sous la menace d'un mandat d'arrêt.

De nombreuses tentatives de médiation ont eu lieu en Centrafrique depuis le début de la crise en 2012, et sept accords de paix ont été signés, sans qu'aucun ne parvienne à un retour au calme.

Ce pays est ravagé par des combats incessants entre des groupes armés qui combattent pour le contrôle des territoires et leurs ressources. Impuissant, l'Etat n'a de contrôle que sur une maigre partie du pays.

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