Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Centrafrique

Violences à Bambari, au moins deux policiers tués

Des soldats français patrouillent dans des véhicules dans les rues de Bambari, en Centrafrique, le 15 mai 2015.

Au moins deux policiers ont été tués jeudi dans des affrontements entre l'armée et des combattants du groupe armé Union pour la paix en Centrafrique (UPC) à Bambari, dans le centre de la Centrafrique, selon le gouvernement.

"Deux policiers ont été tués, et un autre a été blessé à Bambari", a indiqué à l'AFP le porte-parole du gouvernement centrafricain Ange-Maxime Kazagui.

La presse locale faisait état jeudi d'une dizaine de morts, sans qu'il soit possible de confirmer ce bilan.

"Dans la matinée du jeudi 10 janvier 2019, des éléments de l'UPC et leurs alliés ont lancé diverses attaques dans la ville de Bambari", a indiqué le gouvernement dans un communiqué jeudi après-midi.

La mission de l'ONU, la Minusca, "a envoyé des éléments vers le centre-ville", a précisé à l'AFP son porte-parole Vladimir Monteiro. Mercredi, des Casques bleus avaient déjà été "visés par des tirs" dans la ville, a-t-il ajouté.

Bambari devait célébrer jeudi et vendredi la journée mondiale de l'alimentation en présence du président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra.

Cet événement, originellement prévu le 16 octobre, avait déjà été reporté deux fois à cause des violences. Le gouvernement a suspendu les cérémonies.

Dans le reste du pays, la ville de Bakouma (est) restait jeudi sous la coupe d'un autre groupe armé allié de l'UPC, le Front populaire pour la Renaissance de la Centrafrique (FPRC), qui s'en est emparé fin décembre.

Le FPRC et l'UPC sont les deux principaux groupes armés issus de l'ex-rébellion musulmane Séléka.

Batangafo a aussi été début janvier théâtre de violences, dans lesquelles un gardien d'une ONG a été tué, selon un rapport interne onusien.

"La gravité de ces attaques est d'autant plus inacceptable qu'elles interviennent au lendemain d'un engagement définitif du gouvernement à dialoguer avec les groupes armés dans les plus brefs délais", selon le communiqué gouvernemental jeudi.

Mercredi, M. Touadéra a annoncé que des pourparlers entre les autorités et les groupes armés rebelles, attendus depuis plusieurs mois, prendront place le 24 janvier au Soudan, sous égide de l'Union africaine (UA).

Cette "initiative africaine", initiée en 2017 et très critiquée depuis ses débuts pour sa lenteur et son manque d'efficacité, reste soutenue par l'ONU et les principaux partenaires de Bangui.

En Centrafrique, l'Etat ne contrôle qu'une maigre partie du territoire national. Les groupes armés s'affrontent dans les provinces pour le contrôle des ressources, notamment les diamants, l'or et le bétail.

Pourparlers de paix entre Bangui et groupes armés fin janvier au Soudan

Le président de la République centrafricaine Faustin-Archange Touadera donne une conférence de presse à Bangui, le 11 avril 2018.

Des pourparlers de paix entre Bangui et les groupes armés rebelles, attendus depuis plusieurs mois en Centrafrique, prendront place fin janvier au Soudan à l'initiative de l'Union africaine (UA).

"Le Président Touadéra a annoncé (...) la tenue du dialogue direct entre gouvernement et groupes armés le 24 janvier 2019 à Khartoum au Soudan, sous l'égide de l'UA dans le cadre de l'Initiative africaine", a tweeté mercredi après-midi Moussa B. Nebié, représentant de l'UA en Centrafrique.

Il aura fallu des mois de tractations pour que la date et le lieu de cette rencontre tant attendue soient dévoilés.

Khartoum, capitale du Soudan a été retenue, sans doute à cause de sa proximité avec les régions nord-est de la RCA, contrôlées à 99 % par des groupes armés de l'ex-séléka. Ce qui permettrait facilement le déplacement de certains chefs rebelles.

Pourparlers de paix entre Bangui et groupes armés fin janvier au Soudan
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:47 0:00

La grosse préoccupation des Centrafricains, c'est l'issue de ce dialogue sous les auspices de l'Union africaine, déjà que plusieurs revendications des 14 groupes armés du pays vont à l'encontre de la constitution centrafricaine et ne respectent pas les recommandations du Forum national de Bangui de mai 2015.

Les Centrafricains sont tout de même optimistes et attendent beaucoup de ces pourparlers.

Faustin Archange Touadéra a réitéré son engagement à mener ces discussions dans le respect de la constitution : "l'initiative de l'Union africaine pour la paix et la réconciliation nationale reste et demeure la seule voie de sortie de crise en RCA. Cependant, elle doit se dérouler dans le respect de la primauté de la constitution et des recommandations pertinentes du Forum National de Bangui du 10 mai 2015" a insisté le chef de l'Etat centrafricain.



Pour Martin Ziguele, député de la nation et chef du Mouvement de libération du peuple centrafricain, ces pourparlers doivent être inclusifs car "lorsque vous allez à des discussions de ce type, rien ne vous interdis de constituer des collèges 'sages'."

Il poursuit : "La paix en Centrafrique, ce n'est pas une question du président de la République. Pendant que je parle, j'ai des compatriotes qui sont certainement en train de mourir à Bakouma, donc ils ne peuvent pas comprendre pourquoi nous ne sommes pas ensemble pour pousser à la route la paix".

La société civile qui n'entend pas aussi rester en marge de ces négociations, insiste sur l'impunité. Pour Hervé Séverin Lindamo, coordonnateur d'une association des victimes, "les victimes ont plusieurs fois demandé à l'état l'amnistie zéro, le respect du Forum de Bangui, le respect de la constitution".

Question de l'amnistie

En 2018, un panel de facilitateurs de l'UA a rencontré tous les groupes armés opérant sur le territoire centrafricain, recueillant et compilant leurs revendications pour déposer les armes.

Ces demandes ont ensuite été remises fin août aux autorités à Bangui, qui devaient depuis convoquer un dialogue avec les quatorze groupes armés.

L'un des points majeurs d'achoppement de ces négociations entre gouvernement et groupes armés est la question de l'amnistie: demandée par les groupes armés, elle a toujours été refusée par Bangui, sous la pression de l'ONU et de ses partenaires.

Une Cour pénale spéciale (CPS) a été créée pour juger les crimes commis dans le pays depuis 2003, et plusieurs chefs de groupes armés sont cités dans des rapports d'enquête de l'ONU quand d'autres sont sous la menace d'un mandat d'arrêt.

De nombreuses tentatives de médiation ont eu lieu en Centrafrique depuis le début de la crise en 2012, et sept accords de paix ont été signés, sans qu'aucun ne parvienne à un retour au calme.

Ce pays est ravagé par des combats incessants entre des groupes armés qui combattent pour le contrôle des territoires et leurs ressources. Impuissant, l'Etat n'a de contrôle que sur une maigre partie du pays.

Pourparlers de paix entre Bangui et groupes armés fin janvier au Soudan

Pourparlers de paix entre Bangui et groupes armés fin janvier au Soudan
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:47 0:00

La situation humanitaire se détériore dans l'est de la RCA

La mairie d’Alindao, à 400 km au sud-est de Bangui, Centrafrique, 29 novembre 2018. (VOA/ Felix Yepassis-Zembrou)

La situation humanitaire se détériore de plus en plus à Bakouma dans l'est de la Centrafrique. Cette localité minière occupée depuis quelques jours par des rebelles du FPRC et de l'UPC s'est complètement vidée de ses habitants. Les autorités locales appellent Bangui à l'aide.

Depuis le 31 décembre dernier, la ville minière de Bakouma est passée sous le contrôle des hommes du FPRC de Nourradine Adam et de l'UPC du chef de guerre nigérien Ali Darassa.

Plus d'une dizaine de personnes ont été tuées pendant la prise de la ville alors que des milliers d'autres ont fui en brousse et vers Bangassou à 130 kilomètres de là.

La situation humanitaire se détériore dans l'est de la RCA
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:03:30 0:00

Ces hommes armés, hostiles à toute négociation avec les autorités, assurent avoir investi Bakouma pour combattre des hommes de l'Armée de résistance du seigneur (LRA), une rébellion ougandaise quasi inopérationnelle depuis plusieurs mois dans cette zone. L'affirmation a été rejetée en bloc par plusieurs sources locales contactées par VOA Afrique.

Sur le terrain, la situation humanitaire est catastrophique dans cette ville riche en uranium, car de nombreuses personnes, parmi lesquelles des enfants, continuent de fuir en brousse pour tenter de gagner Bangassou à pieds. La Préfète du Mbomou Pierrette Benguere appelle à l'aide.

A Bangui, l'organisation de la société civile SCRCA monte au créneau et engage le gouvernement à prendre ses responsabilités, comme l'a expliqué à VOA Afrique Solange Touabena, sa coordonnatrice.

Le gouvernement n'a pas encore officiellement réagi à cette agression alors qu'il est dans la droite ligne d'un dialogue avec les groupes armés sous la bannière de l'Union Africaine.

Des FACA et des casques bleus de la Minusca sont positionnés à 11 kilomètres de Bakouma pour empêcher toute progression de ces hommes lourdement armés vers Bangassou.

La situation humanitaire se détériore dans l'est de la RCA

La situation humanitaire se détériore dans l'est de la RCA
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:03:30 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG