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Des ONG pour une enquête de l'ONU sur les violences en zone anglophone

Des soldats à Bafut, dans la région anglophone du nord-ouest du Cameroun, le 15 novembre 2017.

Depuis 2016, "le gouvernement camerounais mène une campagne militaire systématique et impitoyable contre les anglophones des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest", ont expliqué ces organisations dans une lettre adressée au Conseil des droits de l'Homme des Nations unies.

Une quinzaine d'ONG de défense des droits de l'Homme ont demandé jeudi à l'ONU une enquête sur d'éventuelles "violations graves des droits de l'Homme" dans les régions anglophones du Cameroun, secouées par un conflit armé.

Parmi ces ONG figurent des organisations internationales comme Civicus, camerounaises, dont le Centre pour les droits de l'Homme et la démocratie en Afrique (CHRDA), ou encore sud-africaines et suisse.

"Une enquête impartiale et rigoureuse est nécessaire", ont-elles ajouté, soulignant qu'une mission de l'ONU "aurait pour effet immédiat de réduire les violences et de sauver des vies".

"Le gouvernement camerounais fait tout son possible pour que les informations ne sortent pas" des régions anglophones, a dénoncé jeudi Gillian Ayong, du Centre sud-africain Sam Soya pour la démocratie et les droits de l'Homme.

"La mission de l'ONU apportera les preuves" des exactions commises dans la région, a-t-elle estimé lors d'une conférence de presse à Johannesburg.

Selon l'ONU, 437.000 personnes ont été déplacées par ce conflit, et plus de 32.000 autres ont fui au Nigeria voisin.

En décembre, le représentant de l'ONU pour l'Afrique centrale, François Louncény Fall, avait fait part de son "inquiétude" sur la situation dans les zones anglophones et "encouragé" Yaoundé à "accélérer (leur) décentralisation".

Les habitants de cette zone riche en pétrole dénoncent leur marginalisation par le pouvoir francophone de Yaoundé.

Les responsables de la contestation, qui a éclaté fin 2016, demandent en majorité un retour au fédéralisme et, pour une minorité, l'indépendance et la proclamation d'un nouvel Etat, "l'Ambazonie".

Après un an de protestation, des séparatistes anglophones ont pris les armes fin 2017 contre Yaoundé, et depuis les combats sont quasi-quotidiens dans la région.

En juin, Amnesty International avait décrit une situation où "la population est prise entre deux feux (...) entre les violations des droits de l'Homme et les crimes commis par les forces de sécurité, et la violence des séparatistes armés".

Environ 400 civils ont été tués sur une année par les forces de sécurité ou par les séparatistes armés, selon un communiqué d'Amnesty datant de septembre 2018.

Au moins 4 tués dans le Sud-Ouest anglophone depuis lundi

Le village abandonné d'Ekona près de Buea dans la région anglophone du sud-ouest du Cameroun, le 4 octobre 2018.

Les séparatistes ont décidé de paralyser les activités durant 10 jours, selon des sources locales, dans les régions anglophones du Cameroun.

Au moins quatre personnes ont été tuées depuis lundi dans la région du Sud-Ouest du Cameroun, l'une des deux régions anglophones du pays en conflit.

Lundi, deux étudiants ont été tués par des séparatistes présumés à Buea, chef-lieu du Sud-Ouest, a indiqué à l'AFP une source proche des autorités régionales, confirmant une information donnée par des témoins.

L'assassinat des deux étudiants est "un acte de représailles" des séparatistes opposés au fonctionnement des établissements scolaires au Cameroun anglophone, selon la source proche des autorités.

Lundi également, un militaire a été "assassiné" à Limbe, ville voisine de Buea, selon des sources concordantes.

"C'est assez tendu en ce moment, la ville tourne à peine. Nous avons dû quitter précipitamment nos bureaux (jeudi matin) à cause d'une alerte faisant état d'une arrivée imminente des +Amba boys+ (combattants séparatistes)", a affirmé un agent communal de Limbé. "Une voiture a été incendiée vers l'entrée de la ville", a-t-il ajouté.

A Buea, où des tirs ont été entendus et des voitures brûlées mercredi, un homme a été décapité et sa tête recouverte d'un béret militaire, selon des témoins.

Un gradé de l'armée à Yaoundé a confirmé l'information à l'AFP, sans dire s'il s'agissait ou nom d'un militaire comme l'ont soutenu des témoins.

De nombreuses personnes ont été interpellées à Buea mercredi.

Les séparatistes anglophones qui ont pris les armes depuis plus d'un an dans le but d'obtenir l'indépendance des régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest, ont décidé d'y imposer 10 jours "ville morte", du 5 au 14 février.

Leur objectif est d'empêcher la tenue le 11 février de la fête nationale de la Jeunesse.

C'est à cette date qu'un référendum organisé en 1961 avait abouti au ralliement des deux régions anglophones au reste du Cameroun francophone.

"Depuis hier (mercredi), il n'y a pas d'activité", a affirmé un habitant de Buea.

"Tout est paralysé ce jour (jeudi), à part quelques voitures militaires et de rares véhicules de particulier qui circulent", a rapporté un autre.

Les autorités régionales ont récemment menacé de sanctionner les fonctionnaires qui respecteraient les appels à la "ville morte".

Le Cameroun a commercialisé 25.315 tonnes de café en 2017-2018

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Washington supprime des aides militaires à Yaoundé

L'ambassadeur des Etats-Unis au Cameroun Peter Henry Barlerin, reçu par le président camerounais Paul Biya à Yaoundé, le 17 mai 2018. (Twitter/président Paul Biya)

Les Etats-Unis ont mis un terme à plusieurs programmes d'aide militaire et sécuritaire au Cameroun en invoquant des accusations de "graves violations des droits humains" de la part des forces de l'ordre camerounaises.

"Après examen attentif" de "notre relation de sécurité avec le Cameroun", "le gouvernement américain a mis fin à certaines de nos coopérations", a déclaré jeudi à l'AFP un responsable du département d'Etat américain.

"Nous ne prenons pas ces mesures à la légère, mais nous ne nous déroberons pas s'il fallait diminuer encore davantage notre aide à la lumière de l'évolution de la situation", a-t-il prévenu.

Les programmes arrêtés concernent notamment la formation et les pièces détachées pour les avions de transport militaire américains C-130 appartenant à la flotte camerounaise, ainsi que la livraison de quatre bateaux de patrouille, de neuf véhicules blindés et d'un système radar.

Washington retire aussi sa proposition faite à Yaoundé d'être candidat à un programme américain de formation de ses forces de défense.

L'ambassadeur des Etats-Unis au Cameroun Peter Henry Barlerin, reçu jeudi par le nouveau ministre camerounais de la Communication René-Emmanuel Sadi pour une "visite de courtoisie", a noté en fin d'audience les "bonnes" relations entre les deux pays.

"Les relations entre le Cameroun et les Etats-Unis restent bonnes et on va continuer. Nous respectons les sacrifices que le Cameroun fait dans l'Extrême-Nord et dans le bassin du lac Tchad contre Boko Haram", a-t-il déclaré, selon des propos rapportés par la télévision d'Etat camerounaise CRTV.

L'ensemble de l'aide supprimée par les Etats-Unis représentait un montant de plus de 17 millions de dollars, rapporte la chaîne américaine CNN.

Selon la diplomatie américaine, "il est dans l'intérêt du Cameroun de faire preuve d'une plus grande transparence dans les investigations sur des accusations crédibles de graves violations des droits humains de la part des forces de l'ordre, notamment dans les régions du Nord-Ouest, du Sud-Ouest et de l'Extrême-Nord".

Une quinzaine d'organisations non gouvernementales ont demandé jeudi à l'ONU d'enquêter sur d'éventuelles "violations graves des droits de l'Homme" dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, secouées par un conflit armé.

Le département d'Etat américain salue néanmoins la "bonne coopération" dans la lutte contre le groupe jihadiste Boko Haram et le "rétablissement de la sécurité maritime dans le golfe de Guinée".

"Les succès de l'armée camerounaise, en partie grâce à notre formation et notre équipement, ont permis au Cameroun de renforcer durablement sa capacité à défendre son territoire et ses frontières, et à venir en aide à ses voisins, notamment dans le nord-est du Nigeria et en République centrafricaine", a souligné le responsable américain.

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