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Situation tendue à Buea

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Tirs et arrestations à Buea, en zone anglophone camerounaise

Des soldats de la 21e Brigade d'infanterie motorisée patrouillent dans les rues de Buea, région du Sud-Ouest du Cameroun, le 26 avril 2018.

De nombreuses personnes ont été arrêtées mercredi à Buea, capitale de la région anglophone du Sud-Ouest en proie à un conflit entre séparatistes et forces de sécurité, où des tirs ont été entendus plus tôt dans la journée, selon des témoins.

"Beaucoup de personnes ont été arrêtées par la police à Molyko", un quartier étudiant de Buea, a affirmé un habitant de la ville joint par téléphone depuis Yaoundé.

Selon un autre habitant, les personnes interpellées ont été conduites au commissariat du quartier où les forces de sécurité étaient déployées en grand nombre.

L'information a été confirmée par une source proche des autorités camerounaises qui a affirmé qu'il n'était pas possible dans l'immédiat de connaître le nombre de personnes d'interpellées.

Cette vague d'arrestations a ciblé les lieux dits "Ndongo" et "Check-point", deux zones de Molyko où des groupes de séparatistes présumés multiplient des actions d'éclat depuis lundi, selon des témoins.

Ces arrestations sont intervenues après de nombreux échanges de tirs, dans la matinée, entre des séparatistes présumés et des membres des forces de sécurité.

"Une cinquantaine d'+Amba Boys+ (séparatistes anglophones armés) sont arrivés ce matin dans mon quartier. Ils ont tiré en l'air pendant plus de deux heures et ont brûlé trois voitures. Les militaires sont arrivés ensuite et les ont fait fuir, a raconté un témoin.

D'autres tirs ont eu lieu au quartier Muea.

Buea est la capitale du Sud-Ouest camerounais et celle de l'Etat que les séparatistes anglophones veulent créer, l'Ambazonie.

Depuis le début du conflit armé, fin 2017, les combattants séparatistes entrent régulièrement dans cette ville nichée sur les flancs du mont Cameroun, sans jamais avoir réussi à s'en emparer.

Un lycée attaqué

Des séparatistes présumés ont par ailleurs attaqué mardi un lycée à Babadjou, ville de la région francophone de l'Ouest, frontalière de celle du Nord-Ouest.

"Ils ont brûlé des salles de classes, la bibliothèque, et deux véhicules, dont celui du proviseur. Ils ont aussi emporté quatre motos", a affirmé une autorité de la ville, confirmant une information d'un responsable sécuritaire.

Fin 2017, après un an de protestation, des séparatistes anglophones ont pris les armes contre Yaoundé. Depuis, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest sont le théâtre d'un violent conflit armé opposant régulièrement l'armée, déployée en nombre, à des groupes épars de séparatistes armés qui, cachés dans la forêt équatoriale, attaquent gendarmeries et écoles et multiplient les kidnappings.

Selon l'ONU, 437.000 personnes ont été déplacées par le conflit dans les régions anglophones, et plus de 32.000 autres ont fui au Nigeria voisin.

La détention de l'opposant Kamto est "illégale", selon son avocat

Maurice Kamto, leader du Mouvement de la Renaissance (MRC), lors d'une conférence de presse à Yaoundé, Cameroun, le 8 octobre 2018.

L'opposant camerounais fait l'objet d'une enquête pour huit infractions dont "rébellion" et "incitation à l'insurrection".

La détention du principal opposant camerounais Maurice Kamto, arrêté fin janvier après des manifestations de ses partisans pour dénoncer les "fraudes" à la présidentielle d'octobre 2018, est "illégale", a dénoncé mercredi son avocat.

"L'arrestation (de M. Kamto) était illégale. Sa garde à vue l'est aussi", a affirmé à l'AFP l'avocat, Sylvain Souop, qui demande "que M. Kamto et tous les autres soient libérés".

Fin janvier, le préfet du département du Mfoundi, où se trouve la capitale Yaoundé, a signé une décision ordonnant une garde à vue administrative de M. Kamto, renouvelable 15 jours.

Aucune copie de cette décision n'a été notifiée à l'opposant, selon son avocat, pour qui cette absence de notification "est une violation de la loi".

De plus, estime Me Souop, une décision administrative ne se justifie pas dans une procédure pénale.

M. Kamto, arrivé deuxième à la présidentielle d'octobre, loin derrière le président Paul Biya au pouvoir depuis 36 ans, conteste les résultats officiels, parlant de "hold-up électoral".

Il a été interpellé le 28 janvier dans la capitale économique Douala, puis transféré à Yaoundé.

Depuis, il est gardé à vue au Groupement spécial d'opérations (GSO), une unité d'élite de la police, où il dort sur "un matelas jeté à même le sol", cohabitant "avec des souris", selon Me Souop.

Sa dernière audition remonte à vendredi, l'opposant faisant l'objet d'une enquête pour huit infractions dont "rébellion" et "incitation à l'insurrection".

Le 26 janvier, des militants du parti de M. Kamto, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), avaient manifesté dans plusieurs villes camerounaises pour protester contre le "hold-up électoral" opéré selon eux lors de la présidentielle.

Ces manifestations avaient été réprimées par la police et au moins six manifestants avaient été blessés.

Selon le MRC, 200 personnes arrêtées après ces manifestations sont toujours détenues à Yaoundé.

"Est-ce que le fait de marcher peut vous valoir une détention?", s'est interrogé Me Souop. "Un jour, on va vous arrêter dans ce pays parce que vous avez respiré. C'est une dictature", a-t-il regretté.

Certaines personnes arrêtées, dont Alain Fogué, trésorier du parti, ont entamé une grève de la faim il y a une semaine.

Parmi les autres gardés à vue figure un jeune militant du MRC, Gaëtan Ngankam. Une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux montre un policier lui tirer dessus avec ce qui semble être une balle en caoutchouc, avant de lui intimer l'ordre de se lever et de marcher.

Situation tendue en zones anglophones

Un général camerounais sous un drapeau du Cameroun à Buea, le 26 avril 2018.

Au Cameroun, la situation est tendue mercredi matin à Buea, chef-lieu de l’une des régions anglophones, où l’on signale au moins un mort et d’importants dégâts matériels.

Il s'agit d'un bilan consécutif aux violents combats qui ont opposé l’armée camerounaise aux séparatistes anglophones mercredi à Buea. Des tirs ont été entendus très tôt ce mercredi matin à Buea, ont affirmé plusieurs sources à VOA Afrique.

Les tirs ont été attribués à une bande armée qui a fait irruption dans le quartier Bonduma à Buea, rapporte une résidente.

"Il y a eu des dégâts matériels. Les séparatistes ont incendié une voiture au passage", selon un témoin.

Des sources sécuritaires indiquent que l’armée a repris le contrôle du quartier, peu avant 12 heures TU.

Mais il y a eu de nombreuses arrestations, "des jeunes surtout conduits au poste de police de Molyko à Buea", a alerté l’avocat anglophone Agbor Bala Nkongho.

Mercredi matin, le corps d’un soldat camerounais décapité a été retrouvé au quartier Sandpit à Buea, selon une source locale.

Contactée par VOA Afrique, l’armée camerounaise n’a pas confirmé cette information.

Depuis lundi, les deux régions du sud-ouest et nord-ouest anglophones connaissent un regain de tension.

Un groupe de séparatistes anglophones a appelé à "10 jours de villes mortes".

Les séparatistes veulent ainsi boycotter la date du 11 février, célébrée comme fête nationale de la jeunesse au Cameroun.

Le 11 février 1961, les deux régions anglophones s’étaient rattachées au Cameroun francophone à l’issue d’un référendum.

Israël dénonce des "propos antisémites" d'un ministre camerounais

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