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Audience reportée pour l'opposant Kamto

Le Camerounais Maurice Kamto annonce sa victoire à la présidentielle camerounaise en conférence de presse à Yaoundé, le 8 octobre 2018. (VOA/Bagassi Koura)

Une audience de l'opposant camerounais Maurice Kamto et ses partisans emprisonnés, qui devait se tenir jeudi, a été reportée à mardi à la suite d'une requête de leurs avocats sur la compétence d'un tribunal militaire pour juger des civils.

"Le juge n'a pas auditionné Maurice Kamto parce qu'il a décidé d'attendre que le tribunal statue sur la contestation de sa compétence que nous avons formulée", a déclaré à l'AFP Me Christopher Ndong, l'un des avocats de l'opposant.

"Nous attendons la décision sur la compétence et notre client est à nouveau attendu mardi au parquet militaire" de Yaoundé, a-t-il ajouté, soulignant que la requête porte sur la compétence légale d'un parquet militaire à juger un civil.

Maurice Kamto, principal opposant au président Paul Biya après la présidentielle d'octobre à laquelle il est arrivé deuxième, est emprisonné depuis fin janvier.

L'opposant, 65 ans, avocat de renom et ancien ministre, qualifie depuis cette élection la victoire du président sortant, 86 ans dont 36 au pouvoir, de "hold-up électoral" et a plusieurs fois appelé à des marches de protestation interdites par le pouvoir.

Fin janvier, après de nouvelles manifestations, réprimées par les forces de sécurité, environ 150 personnes ont été interpellées.

Toutes, ainsi que Maurice Kamto, ont été présentées mi-février devant le tribunal militaire de Yaoundé, où elles ont été inculpées pour "hostilité contre la patrie" et "insurrection".

Les accusés risquent jusqu'à la peine de mort.

Depuis 1982, Paul Biya règne en maître absolu au Cameroun, où il a tout verrouillé pour assurer son maintien au pouvoir, s'appuyant sur l'administration et sur un parti-Etat, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), qu'il a créé en 1985.

Les militaires Camerounais de Bamenda participent au ramassage des ordures

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La diaspora camerounaise divisée sur la dernière présidentielle

La diaspora camerounaise divisée sur la dernière présidentielle
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La diaspora camerounaise divisée après la dernière présidentielle

Les membres de la plateforme brigade des patriotes camerounais lors de la conférence de presse à Yaoundé, au Cameroun, le 17 février 2019. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Au Cameroun, de profondes dissensions sont perceptibles entre les Camerounais vivant en Occident, depuis la dernière élection présidentielle, selon la plateforme des Camerounais de la diaspora, baptisée "Brigade des patriote camerounais".

La communauté camerounaise en Occident est au bord de l’implosion.

En cause, les positions partisanes pendant l’élection présidentielle et les revendications post-électorales.

Christian Ndzana, et Amer Eone sont des Camerounais vivant en France et membres de la plate-forme dite "Brigade des patriotes Camerounais".

"Il y a un groupuscule de personnes qui s’est arrangé à imposer leur choix aux autres. Il y a eu des agressions, des menaces de mort qui continuent jusqu’à présent", rappelle Christian Ndzana​. "Déjà on a été menacés que, si on venait ici, on va envoyer nos gars vous éliminer, c’est un groupuscule de personnes qui font ces choses-là, mais avant il y’avait le vivre ensemble".

Pour Amer Eone, "depuis le saccage des ambassades, on se parle plus, le climat est amer".

La scission de diaspora camerounaise en Occident affiche aussi deux grandes factions, diamétralement opposées.

Guilène Njimoluh Chapuis, coordonnatrice de la plateforme "Brigade des patriotes camerounais", résidant à l'étranger, à Yaoundé, au Cameroun, le 17 février 2019. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)
Guilène Njimoluh Chapuis, coordonnatrice de la plateforme "Brigade des patriotes camerounais", résidant à l'étranger, à Yaoundé, au Cameroun, le 17 février 2019. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Guilène Njimoluh Chapuis, une Camerounaise vivant en Suisse et membre de la "Brigade des patriotes camerounais", explique que "aujourd’hui en Europe si vous êtes du RDPC, vous êtes combattus, si vous n’êtes que patriotes. Il faut être du MRC pour être tranquille. C’est là où il y a eu cassure, après les élections, ça c’est vraiment effrité avec cette affaire du hold-up. C’est pour cela que nous sommes venus au Cameroun pour interpeller nos aînés à ouvrir leurs yeux".

Sur le plan idéologique, les membres de "Brigade des patriotes camerounais" se disent "républicains, loyaux aux institutions", en plus d’être, l’interface de la "Brigade anti-sardinards" est opposée au président Paul Biya.

Sur place à Yaoundé, des voix se lèvent pour s’insurger contre la dérive tribale qui a désormais pignon sur rue sous couvert des appellations de "tontinards et sardinards" au sein de la diaspora.

Firmin Babake, président de l’association "Stand up Africa", un organisme panafricain de la société civile, explique que "les origines du mot 'sardinard' pour ceux qui ne le savent pas, c’est le professeur Maurice Kamto, lors de l’un de ses meetings à Baham, qui avait dit ceci: 'eux, ils sont fatigués de tontiner au profit des autres, et que l’heure est venue pour qu'eux aussi, prennent les choses'".

Il poursuit : "C’est comme ça que le Professeur Owona Nguini, lors d’une intervention a dit : 'ceux qui sont fatigués de tontiner sont des tontinards'. La réplique en Europe est devenue plutôt des 'sardinards' et nous trouvons ça injuste. Actuellement, de par ton accent à l’aéroport, tu es déjà étiqueté comme étant sardinards ou tontinards, et on ne sait jusqu’où ça pourra aller".

La justice camerounaise soupçonne certains militants du MRC, le parti de l’opposant Kamto, d’être de connivence avec les membres de la "Brigade anti sardinard", auteurs de saccage des ambassades.

Les avocats du MRC à gauche Maître Emmanuel Simh, à droite Maître Sylvain Souop à Yaoundé, au Cameroun, le 17 février 2019. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)
Les avocats du MRC à gauche Maître Emmanuel Simh, à droite Maître Sylvain Souop à Yaoundé, au Cameroun, le 17 février 2019. (VOA/Emmanuel Jules Ntap)

Ce que réfute l’avocat Emmanuel Simh, vice-président du MRC, qui souligne que "on a lié les faits qui se sont produits dans les ambassades du Cameroun aussi bien à Berlin qu’à Paris, à nos clients qui pourtant se trouvaient au Cameroun".

"On vise l’article 10 du code pénal qui dit qu'une infraction commise à l’étranger par un Camerounais peut être poursuivi au Cameroun. Mais comment peut-on dire que nos clients ont pu avoir commis des actes matériels de vandalisme à Paris alors qu’ils étaient au Cameroun ?", soutient-il.

Akere Muna, l’un des membres de l’opposition camerounaise, a récemment déclaré que le Cameroun était "au bord du chaos", en raison de la fragilisation du vivre ensemble.

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