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Kigali ouvert au médiateur et au facilitateur dans les conflits avec Bujumbura

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Museveni rappelle à l’ordre Bujumbura pour régler la crise

Les présidents de la Communauté de l'Afrique de l'Est (EAC), Nkurunziza du Burundi, Museveni de l'Ouganda, Mwai Kibaki du Kenya, Kikwete de Tanzanie et Kagame du Rwanda assistent au 14e Sommet des chefs d'État de l'EAC, à Nairobi le 30 novembre 2012.

Le président ougandais Yoweri Museveni a appelé son homologue burundais Pierre Nkurunziza à respecter la Communauté d'Afrique de l'Est (EAC), médiatrice dans la crise que traverse son pays, et à dialoguer avec son opposition, dans un récent courrier diffusé jeudi sur les réseaux sociaux.

Dans ce courrier daté de samedi et dont l'authenticité a été confirmée jeudi par la présidence burundaise, le président Museveni, médiateur en chef de la crise burundaise pour l'EAC, rappelle à M. Nkurunziza que l'organisation régionale est garante de l'Accord d'Arusha de 2000.

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Cet accord crucial avait ouvert la voie à la fin de la guerre civile au Burundi (plus de 300.000 morts entre 1993 et 2006), en instaurant un système de partage du pouvoir entre les deux principales ethnies, Hutu et Tutsi.

Le président ougandais, dont le courrier est une réponse à une lettre de son homologue du 4 décembre, va jusqu'à évoquer une possible "manipulation" de l'EAC par le Burundi.

"Le fait qu'une partie déclare unilatéralement la fin d'une interaction peut ne pas être correcte (...) Pour ce qui est de ses membres (l'EAC), cela peut s'apparenter à de la manipulation, à savoir se servir de la région quand cela vous convient et la rejeter quand ce n'est pas le cas".

Le Burundi a provoqué par son boycott le report d'un sommet de l'EAC fin novembre, qui portait notamment sur la crise burundaise, avant d'exiger quelques jours plus tard la tenue d'un sommet extraordinaire pour ne traiter que de la "question du conflit ouvert entre le Burundi et le Rwanda".

Les relations sont délétères entre les deux pays : Bujumbura accuse Kigali d'attiser les troubles au Burundi, ce que le Rwanda dément et qualifie de manoeuvre de diversion du régime.

Un nouveau sommet de l'EAC est prévu le 27 décembre mais on ignore si Bujumbura s'y rendra.

Dans son courrier, M. Museveni appelle également M. Nkurunziza à engager des discussions avec son opposition en exil, expliquant en substance qu'on ne peut faire la paix qu'avec ses ennemis.

Le Burundi est en crise depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat controversé. Il avait été réélu en juillet de la même année.

Les violences qui ont accompagné la crise auraient fait au moins 1.200 morts et déplacé plus de 400.000 personnes entre avril 2015 et mai 2017, d'après les estimations de la Cour pénale internationale, qui a ouvert une enquête.

Le Burundi exige un sommet régional sur le "conflit" avec son "ennemi" rwandais

Le président burundais Pierre Nkurunziza (à gauche) et son homologue rwandais Paul Kagame. (Photo non datée).

Le chef de l'Etat burundais accuse le Rwanda d'être à l'origine de la crise que traverse le Burundi depuis avril 2015. Par le passé, Kigali avait déjà rejeté de telles accusations.

Le président burundais Pierre Nkurunziza a exigé la tenue d'un sommet spécial des chefs d'état de la région consacré à ce qu'il qualifie de "conflit ouvert" avec son "ennemi" et voisin rwandais, a-t-on appris vendredi auprès de la présidence.

Dans une lettre ayant fuité sur les réseaux sociaux et dont l'authenticité a été confirmée à l'AFP par une source au sein de la présidence, M. Nkurunziza a accusé le Rwanda, comme il l'a déjà fait à de nombreuses reprises, d'être à l'origine de la crise que traverse le Burundi depuis avril 2015.

Il a soutenu notamment que son voisin recrute et soutient de jeunes réfugiés burundais qui tentent ensuite de "déstabiliser" le Burundi.

En mars 2016, l'armée rwandaise avait rejeté toute relation avec un homme appréhendé au Burundi et présenté comme un militaire rwandais, en "mission d'espionnage" dans le but de déstabiliser le Burundi, selon Bujumbura. Un porte-parole de l’armée rwandaise avait alors affirmé qu’une telle accusation était "ridicule et manquait de crédibilité".

Le Rwanda "est le principal facteur de déstabilisation de mon pays et par conséquent, je ne le considère plus comme un pays partenaire, mais comme un ennemi", a tancé le président burundais dans cette lettre datée du 4 décembre et adressée à son homologue ougandais Yoweri Museveni, médiateur dans la crise burundaise.

Après avoir provoqué le report d'un sommet de la Communauté d'Afrique de l'Est (EAC) fin novembre, qui portait notamment sur la crise burundaise, M. Nkurunziza a exigé "l'organisation d'un sommet extraordinaire dont l'agenda sera de trouver une solution à la question du conflit ouvert entre le Burundi et le Rwanda".

M. Nkurunziza, qui accuse régulièrement le Rwanda d'être le "cheval de Troie" de l'ancien colon belge et de l'Union européenne, estime que c'est au terme d'un tel sommet que le gouvernement pourra participer à un dernier round du dialogue inter-burundais de sortie de crise.

Il a toutefois réitéré que le gouvernement refuse de discuter avec l'opposition en exil, qu'il accuse d'avoir fomenté un coup d'Etat.

"Le fait de voir Nkurunziza déclarer le Rwanda comme son +ennemi+ est très grave et très inquiétant", a réagi un diplomate africain sous couvert d'anonymat.

"Cette volonté délibérée de régionalisation de la crise burundaise est une fuite en avant, un tournant dangereux qui peut avoir de graves conséquences dans une région très instable", a renchéri un autre diplomate africain.

Pour sa part, dans un discours prononcé en novembre 2015, le président rwandais avait accusé les dirigeants burundais de "massacrer leur population du matin au soir".

"Le président [burundais] s'enferme, personne ne sait où il se cache, personne ne peut le trouver pour lui parler. Comment peut-il prétendre diriger son pays? Des gens meurent tous les jours, les cadavres jonchent les rues. Et après ils appellent ça des 'problèmes politiques'. Mais c'est quoi cette politique ?", avait renchéri Paul Kagame. "Les dirigeants du Burundi se targuent d'être des hommes de Dieu, certains sont mêmes pasteurs. Mais en quel Dieu croient-ils ? (...) Y-a-t il un endroit dans la Bible où les dirigeants sont appelés à massacrer leur peuple ?"

"La situation du Burundi a des retombées sur nous, les Rwandais. Les problèmes du Burundi, d'où viennent-ils ? Même si on accuse le Rwanda (...), ce sont les Burundais eux-mêmes qui sont responsables de leur situation. Les Burundais auraient dû tirer des leçons de ce qui s'est passé ici. Nous, les Rwandais, nous devons nous préserver du mal. Nous devons lutter pour que le mal ne revienne pas en nous", avait encore prévenu le président Kagame.

Le Burundi est en crise depuis que M. Nkurunziza a annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat controversé.

Sa réélection en juillet de la même année a déclenché une crise qui a fait au moins 1.200 morts et déplacé plus de 400.000 personnes. La Cour pénale internationale a ouvert une enquête.

Le Burundi exige la fermeture du bureau onusien des droits de l'homme à Bujumbura

Les experts, lors de la présentation de leur rapport sur les droits de l'homme au Burundi, le 27 septembre 2016.

Le gouvernement burundais a exigé la fermeture du bureau à Bujumbura du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, avec lequel il avait déjà suspendu toute collaboration depuis octobre 2016, a-t-on appris jeudi de sources gouvernementale et onusienne.

Une note verbale "qui demande la fermeture" a été remise mercredi au coordinateur résident de l'ONU au Burundi, Garry Conille, afin qu'il la transmette à Genève à la Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, a indiqué à l'AFP un haut cadre du ministère des Affaires étrangères.

"Tout le personnel international (une dizaine de personnes, ndlr) doit être redéployé immédiatement, et l'Office a deux mois pour faire ses valises et fermer définitivement ses portes", a précisé cette source, sous couvert de l'anonymat.

Cette information a été confirmée à l'AFP par une source onusienne qui a elle aussi requis l'anonymat. "Le gouvernement burundais se radicalise de plus en plus et continue sa défiance vis-à-vis de la communauté internationale", a-t-elle relevé.

"Après le boycott de la cinquième session du dialogue interburundais (fin octobre, ndlr) et du sommet des chefs d'Etat de la Communauté économique d'Afrique de l'Est dans la foulée, il s'en prend aux Nations unies cette fois", a ajouté la même source, rappelant que le sommet des chefs d'Etat, reporté en raison du boycott de Bujumbura, devait notamment traiter de la crise burundaise.

Depuis octobre 2016, l'Office du Haut Commissaire à Bujumbura travaillait déjà au ralenti.

Le gouvernement avait alors décidé de suspendre sa collaboration avec ce bureau et de résilier l'accord régissant ses activités, l'accusant de "complicité" dans la rédaction d'un rapport de l'ONU imputant au pouvoir burundais des "violations graves" des droits de l'homme et mettant en garde contre de possibles "crimes contre l'humanité".

"Tout semble indiquer que le gouvernement écarte peu à peu tous les témoins gênants (...), ce qui ne nous rend guère optimistes pour l'avenir", a regretté la source onusienne.

C'est également en octobre 2016 que le Burundi était devenu le premier pays à se retirer de la Cour pénale internationale - retrait devenu effectif un an plus tard -, après l'ouverture d'un examen préliminaire sur des accusations de meurtres, tortures et autres exactions commises au Burundi.

La CPI a depuis ouvert une enquête en octobre 2017 sur la situation au Burundi.

Le Burundi est en crise depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat controversé. Il avait été réélu en juillet de la même année.

Les violences qui ont accompagné la crise auraient fait au moins 1.200 morts et déplacé plus de 400.000 personnes entre avril 2015 et mai 2017, d'après les estimations de la Cour pénale internationale,

Avec AFP

L'ex-président Pierre Buyoya "ne craint pas l'extradition"

L'ex présidente irlandaise Mary Robinson (g.) et l'ex-président burundais Pierre Buyoya avec son épouse Sophie, à Kigali, le 7 avril 2014.

L'ex-président burundais Pierre Buyoya, frappé par un mandat d'arrêt international relatif à l'assassinat en 1993 du président Melchior Ndadaye, a affirmé à Bamako qu'il ne "craignait pas d'être extradé."

"Je ne crains absolument pas d'extradition ni par le Mali ni par d'autres pays", a déclaré M. Buyoya, actuel représentant de l'Union Africaine au Mali, au cours d'une conférence de presse dans la capitale Bamako.

"Aujourd'hui, si vous considérez le record (bilan) du gouvernement du Burundi en matière de droits de l'homme, il est difficile de croire qu'on puisse tenir, dans ce pays, un jugement équitable ; et tous les jugements qui ont eu lieu montrent que cette capacité n'existe pas", a ajouté M. Buyoya.

Le Burundi a lancé vendredi un mandat d'arrêt international contre M. Buyoya, ainsi que 11 gradés de haut rang des forces de sécurité (armée et gendarmerie) et cinq de ses anciens proches collaborateurs civils, pour leur rôle présumé dans l'assassinat de Melchior Ndadaye.

Cet assassinat avait été à l'origine d'une guerre civile (93-2006) qui a fait plus de 300.000 morts et opposé l'armée, alors dominée par la minorité tutsi (14% de la population), à des mouvements rebelles hutu (85%).

Le major Buyoya, un Tutsi, avait été porté au pouvoir par l'armée en 1987. Il avait cédé sa place à Melchior Ndadaye, un Hutu, élu démocratiquement en juillet 1993. Il était ensuite revenu au pouvoir entre 1996 et 2003.

Depuis, les dirigeants politiques, les membres de l'ancienne armée et des mouvements rebelles avaient bénéficié d'une immunité provisoire, alors que cet accord avait prévu que tous les crimes commis relèveraient désormais de la Commission Vérité et Réconciliation.

"Le jour où on retournera aux dispositions de l'accord d'Arusha, je suis prêt à me présenter devant la Commission Vérité et Réconciliation", a déclaré à Bamako M. Boyoya, en référence à l'accord de paix de 2000, lequel avait ouvert la voie à la fin de la guerre civile.

Il a à nouveau dénoncé une "manœuvre dangereuse politiquement", qui "ferme la porte à la réconciliation et nous ramène tout droit dans le conflit ethnique passé."

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