Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Burundi

Arrestation de policiers pour torture d'un homme accusé de sorcellerie

Un camion police ont arrêté des rebelles burundais capturés en RDC, le 21 janvier 2017.

Des policiers ont été arrêtés jeudi dans le sud du Burundi après la publication sur les réseaux sociaux d'une vidéo les montrant en train de "torturer d'une façon inhumaine" un homme âgé accusé de sorcellerie, a annoncé le ministère burundais de la Sécurité publique.

Dans l'une des vidéos, tournée mercredi à Mugara, à 70 km au sud de Bujumbura, on voit un homme âgé de plus de 70 ans selon des sources locales interrogées par l'AFP, recevoir des coups de bâton de la part de policiers l'obligeant à réaliser des pompes les pieds en appui sur un mur.

On entend distinctement un policier dire: "cherchez-moi une machette bien aiguisée pour que je lui coupe le cou".

Plusieurs résidents, interrogés par l'AFP, ont confirmé que cette scène s'est bien déroulée mercredi à Mugara, où la population en avait après ce "sorcier" accusé d'avoir assassiné une petite fille en prétendant vouloir la guérir.

Une autre vidéo, également authentifiée par ces résidents, montre le gouverneur de la province de Rumonge, Juvénal Bigirimana, tenter de calmer une foule en colère en leur assurant: "après un long interrogatoire par la police, ce vieil homme a avoué, +je suis un sorcier+".

Le ministère burundais de la Sécurité publique a indiqué jeudi que les policiers en question ont été arrêtés.

"Enquête (en cours) sur une vidéo montrant des policiers qui, d'une façon inhumaine, torturent un citoyen d'un âge avancé", a annoncé sur son compte Twitter officiel le porte-parole de ce ministère, Pierre Nkurikiye. "Tous les malfaiteurs (ont été) identifiés et arrêtés".

Des dizaines de personnes accusées de sorcellerie sont tuées chaque année par la vindicte populaire au Burundi, pays très chrétien, mais où les croyances superstitieuses sont très présentes.

De son côté, la police du Burundi est accusée par les ONG locales et internationales ainsi que par l'ONU de commettre régulièrement des actes de torture et de participer à la répression en cours dans le pays depuis 2015.

Les arrestations de jeudi sont un rare exemple de cas où la police est amenée à répondre de ses actes, même si M. Nkurikiye a accusé les "ennemis du Burundi" d'être derrière l'incident, avant un prochain Conseil des droits de l'Homme des Nations unies, à Genève.

Le gouvernement agrée le nouveau parti de l'opposant Agathon Rwasa

Le chef de l'opposition burundaise, Agathon Rwasa, arrive, lors du référendum, à un bureau de vote à Ciri, dans le nord du Burundi, le 17 mai 2018.

Le gouvernement burundais a agréé jeudi la nouvelle formation politique d'Agathon Rwasa, principal opposant du pays, après que ce dernier a accepté de changer le nom de son parti, a-t-on appris auprès de M. Rwasa et du ministère de l'Intérieur.

En novembre, le ministère de l'Intérieur avait refusé d'agréer le Front national pour la liberté - Amizero y'Abarundi (Espoir du Burundi), au motif que ses "sigles, emblèmes et devise sont semblables à ceux d'un parti politique déjà agréé".

Ce nom était de fait une allusion très claire au parti issu de l’ex-rébellion hutu des Forces nationales de libération (FNL), dont le chef historique, M. Rwasa, avait été évincé de la tête en 2011 au profit d'un proche du pouvoir.

Après avoir initialement refusé de changer le nom de son parti, M. Rwasa a finalement opté pour le Congrès national pour la liberté (CNL), dont il a obtenu l'agrément.

"Nous sommes satisfaits car notre parti, le CNL, a été enfin agréé aujourd'hui après plusieurs mois d'attente", s'est réjoui auprès de l'AFP Agathon Rwasa. "Ca n'a pas été facile, mais finalement la patience a payé".

L'information a été confirmée à l'AFP par le ministère burundais de l'Intérieur, qui assure que "l'ordonnance ministérielle d'agrément du parti CNL été remise aujourd'hui à un de ses représentants".

M. Rwasa a créé son nouveau parti dans la perspective des élections de 2020 au Burundi car la nouvelle Constitution adoptée en 2018 ne permet plus à une coalition d'indépendants de se présenter, comme c'était le cas en 2015 pour la coalition Amizero y'Abarundi qui était alors devenue la deuxième force politique du pays.

Cette coalition, pourtant représentée à l'Assemblée nationale, ne pouvait plus organiser des réunions ou des meetings, alors que des centaines de ses membres croupissent en prison pour réunions clandestines ou atteinte à la sûreté de l'Etat.

Le Burundi est en crise depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat controversé. Il avait été réélu en juillet de la même année.

Les violences qui ont accompagné la crise auraient fait au moins 1.200 morts et déplacé plus de 400.000 personnes entre avril 2015 et mai 2017, d'après les estimations de la Cour pénale internationale, qui a ouvert une enquête.

La presse indépendante encore présente dans le pays continue de documenter chaque semaine des cas d'arrestations arbitraires, de tortures ou de disparitions forcées de militants d'Agathon Rwasa, essentiellement commis par les Imbonerakure, la ligue des jeunes du parti au pouvoir, qualifiée de milice par l'ONU.

Ouverture en Tanzanie du sommet de l'EAC sur le Burundi

Ouverture en Tanzanie du sommet de l'EAC sur le Burundi
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:00:42 0:00

Autocratie et corruption, deux fléaux étroitement liés

Autocratie et corruption, deux fléaux étroitement liés
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:04:00 0:00

Neuf universités privées se sont vu refuser le droit d’enrôler de nouveaux étudiants au Burundi

Neuf universités privées se sont vu refuser le droit d’enrôler de nouveaux étudiants au Burundi
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:30 0:00

Voir plus

XS
SM
MD
LG