Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Burundi

Acquittement en appel pour trois militants de la société civile

Les juges de la Cour constitutionnelle à Bujumbura, le 31 mai 2018.

Trois militants de la société civile burundaise, condamnés en première instance à 10 ans de prison pour "atteinte à la sûreté de l'Etat", ont été acquittés en appel, a-t-on appris jeudi auprès de leur organisation et d'une source judiciaire.

Emmanuel Nshimirimana, représentant dans la province de Muramvya (ouest) de Paroles et actions pour le réveil des consciences et l'évolution des mentalités (Parcem), une organisation militant notamment pour la bonne gouvernance, et deux de ses collaborateurs locaux, Aimé Constant Gatore et Marius Nizigiyimana, avaient été condamnés en mars 2018.

Selon Parcem, la justice leur reprochait d'avoir voulu organiser un atelier national sur la violation des droits de l'homme uniquement sur la base de témoignages de militants de partis d'opposition, en omettant ceux qui appartiennent au parti au pouvoir.

Jeudi, le président de Parcem, Faustin Ndikumana, a indiqué que les trois hommes avaient été acquittés en appel, Le verdict a été annoncé par des juges qui siégeaient dans une autre affaire et en l'absence des accusés, arrêtés en juin 2017.

"Le plus important, c'est que la justice a reconnu que nos collègues sont totalement innocents", s'est réjoui M. Ndikumana. "Les démarches administratives sont en cours pour qu'ils retrouvent la liberté".

"Nous demandons que tous les Burundais qui sont en prison pour leurs opinions soient libérés, surtout ceux de la société civile", a appelé l'activiste burundais.

L'acquittement été confirmé à l'AFP par une source judiciaire à Bujumbura, qui ne s'est pas exprimée sur ce qui a motivé cette décision.

Le Burundi est en crise depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat controversé. Il avait été réélu en juillet de la même année.

La crise a poussé à l'exil les leaders d'opposition, les grandes figures de la société civile et une centaine de journalistes indépendants. Depuis, les radios et ONG locales sont soumises à de fortes pressions et leur personnel souvent harcelé.

Les violences qui ont accompagné la crise ont fait au moins 1.200 morts et déplacé plus de 400.000 personnes entre avril 2015 et mai 2017, selon les estimations de la Cour pénale internationale, qui a ouvert une enquête.

L'armée burundaise opposée au rapatriement de 1.000 soldats de Somalie

Des soldats burundais de l'AMISOM patrouillent dans la banlieue de Mogadiscio, en Somalie, le 22 mai 2012.

L'armée burundaise a indiqué dimanche être opposée au rapatriement d'ici au 28 février de 1.000 de ses soldats déployés en Somalie pour la force de l'Union africaine dans ce pays (Amisom) et demandé à son gouvernement de plaider sa cause auprès de l'UA.

Selon un communiqué du porte-parole de l'armée burundaise, le colonel Floribert Biyerke, l'armée conteste la décision de la Commission de l'UA de ne rapatrier que des soldats burundais au lieu de rapatrier des soldats de chaque pays contributeur au prorata du nombre de soldats déployés.

A cet égard, elle estime que la décision n'est pas conforme aux conclusions de la dernière réunion du comité de coordination des opérations militaires de l'Amisom le 30 novembre à Addis Abeba. Or, une note verbale consultée par l'AFP indique que la Commission de l'UA s'est appuyée sur ces conclusions pour prendre sa décision.

Le communiqué ne l'évoque pas, mais la diminution du contingent burundais devrait entraîner un manque-à-gagner pour les finances publiques burundaises. D'après un responsable de l'UA, l'organisation envoie tous les trois mois environ 18 millions de dollars (15,7 millions d'euros) à la banque centrale du Burundi pour payer les soldes et la location du matériel militaire burundais.

Cette somme est devenue l'une des principales sources de devises du pays, sous sanctions de l'UE et de ses pays membres depuis 2016.

Les soldats burundais sont par ailleurs beaucoup moins payés une fois rentrés au pays que lorsqu'ils servent pour l'Amisom.

La décision de la Commission de l'UA de rapatrier 1.000 soldats burundais n'étant selon elle "pas conforme", l'armée burundaise "demande à l'autorité compétente de plaider auprès des instances habilitées pour que cette décision soir reconsidérée", a déclaré le colonel Floribert Biyerke.

Selon un haut responsable de l'UA, la décision de ne rapatrier que des soldats burundais est motivée par le fait que "le contingent burundais a un problème aigu de matériel (militaire)".

Actuellement, quelque 5.400 militaires burundais sont déployés en Somalie, soit le deuxième plus gros contingent des 21.500 soldats de l'Amisom, derrière l'Ouganda (6.200 hommes).

Le réduction des effectifs de l'Amisom à environ 20.000 soldats s'inscrit d'un désengagement progressif des troupes africaines, appelées à être remplacées par une armée somalienne encore embryonnaire.

Déployée en 2007 pour lutter contre les insurgés islamistes radicaux somaliens, les shebab, l'Amisom est composée de troupes venant d'Ouganda, du Burundi, d'Ethiopie, du Kenya et de Djibouti.

Les relations entre l'UA et le Burundi se sont récemment dégradées: le bloc continental a appelé Bujumbura à la modération et à discuter avec son opposition en exil. En retour, Bujumbura a organisé des manifestations pour dénoncer l'UA et le président de sa Commission, Moussa Faki, accusés de soutenir l'opposition.

Kigali ouvert au médiateur et au facilitateur dans les conflits avec Bujumbura

Kigali ouvert au médiateur et au facilitateur dans les conflits avec Bujumbura
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:30 0:00

Museveni rappelle à l’ordre Bujumbura pour régler la crise

Les présidents de la Communauté de l'Afrique de l'Est (EAC), Nkurunziza du Burundi, Museveni de l'Ouganda, Mwai Kibaki du Kenya, Kikwete de Tanzanie et Kagame du Rwanda assistent au 14e Sommet des chefs d'État de l'EAC, à Nairobi le 30 novembre 2012.

Le président ougandais Yoweri Museveni a appelé son homologue burundais Pierre Nkurunziza à respecter la Communauté d'Afrique de l'Est (EAC), médiatrice dans la crise que traverse son pays, et à dialoguer avec son opposition, dans un récent courrier diffusé jeudi sur les réseaux sociaux.

Dans ce courrier daté de samedi et dont l'authenticité a été confirmée jeudi par la présidence burundaise, le président Museveni, médiateur en chef de la crise burundaise pour l'EAC, rappelle à M. Nkurunziza que l'organisation régionale est garante de l'Accord d'Arusha de 2000.

Kigali ouvert au médiateur et au facilitateur dans les conflits avec Bujumbura
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:30 0:00

Cet accord crucial avait ouvert la voie à la fin de la guerre civile au Burundi (plus de 300.000 morts entre 1993 et 2006), en instaurant un système de partage du pouvoir entre les deux principales ethnies, Hutu et Tutsi.

Le président ougandais, dont le courrier est une réponse à une lettre de son homologue du 4 décembre, va jusqu'à évoquer une possible "manipulation" de l'EAC par le Burundi.

"Le fait qu'une partie déclare unilatéralement la fin d'une interaction peut ne pas être correcte (...) Pour ce qui est de ses membres (l'EAC), cela peut s'apparenter à de la manipulation, à savoir se servir de la région quand cela vous convient et la rejeter quand ce n'est pas le cas".

Le Burundi a provoqué par son boycott le report d'un sommet de l'EAC fin novembre, qui portait notamment sur la crise burundaise, avant d'exiger quelques jours plus tard la tenue d'un sommet extraordinaire pour ne traiter que de la "question du conflit ouvert entre le Burundi et le Rwanda".

Les relations sont délétères entre les deux pays : Bujumbura accuse Kigali d'attiser les troubles au Burundi, ce que le Rwanda dément et qualifie de manoeuvre de diversion du régime.

Un nouveau sommet de l'EAC est prévu le 27 décembre mais on ignore si Bujumbura s'y rendra.

Dans son courrier, M. Museveni appelle également M. Nkurunziza à engager des discussions avec son opposition en exil, expliquant en substance qu'on ne peut faire la paix qu'avec ses ennemis.

Le Burundi est en crise depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat controversé. Il avait été réélu en juillet de la même année.

Les violences qui ont accompagné la crise auraient fait au moins 1.200 morts et déplacé plus de 400.000 personnes entre avril 2015 et mai 2017, d'après les estimations de la Cour pénale internationale, qui a ouvert une enquête.

Le Burundi exige un sommet régional sur le "conflit" avec son "ennemi" rwandais

Le président burundais Pierre Nkurunziza (à gauche) et son homologue rwandais Paul Kagame. (Photo non datée).

Le chef de l'Etat burundais accuse le Rwanda d'être à l'origine de la crise que traverse le Burundi depuis avril 2015. Par le passé, Kigali avait déjà rejeté de telles accusations.

Le président burundais Pierre Nkurunziza a exigé la tenue d'un sommet spécial des chefs d'état de la région consacré à ce qu'il qualifie de "conflit ouvert" avec son "ennemi" et voisin rwandais, a-t-on appris vendredi auprès de la présidence.

Dans une lettre ayant fuité sur les réseaux sociaux et dont l'authenticité a été confirmée à l'AFP par une source au sein de la présidence, M. Nkurunziza a accusé le Rwanda, comme il l'a déjà fait à de nombreuses reprises, d'être à l'origine de la crise que traverse le Burundi depuis avril 2015.

Il a soutenu notamment que son voisin recrute et soutient de jeunes réfugiés burundais qui tentent ensuite de "déstabiliser" le Burundi.

En mars 2016, l'armée rwandaise avait rejeté toute relation avec un homme appréhendé au Burundi et présenté comme un militaire rwandais, en "mission d'espionnage" dans le but de déstabiliser le Burundi, selon Bujumbura. Un porte-parole de l’armée rwandaise avait alors affirmé qu’une telle accusation était "ridicule et manquait de crédibilité".

Le Rwanda "est le principal facteur de déstabilisation de mon pays et par conséquent, je ne le considère plus comme un pays partenaire, mais comme un ennemi", a tancé le président burundais dans cette lettre datée du 4 décembre et adressée à son homologue ougandais Yoweri Museveni, médiateur dans la crise burundaise.

Après avoir provoqué le report d'un sommet de la Communauté d'Afrique de l'Est (EAC) fin novembre, qui portait notamment sur la crise burundaise, M. Nkurunziza a exigé "l'organisation d'un sommet extraordinaire dont l'agenda sera de trouver une solution à la question du conflit ouvert entre le Burundi et le Rwanda".

M. Nkurunziza, qui accuse régulièrement le Rwanda d'être le "cheval de Troie" de l'ancien colon belge et de l'Union européenne, estime que c'est au terme d'un tel sommet que le gouvernement pourra participer à un dernier round du dialogue inter-burundais de sortie de crise.

Il a toutefois réitéré que le gouvernement refuse de discuter avec l'opposition en exil, qu'il accuse d'avoir fomenté un coup d'Etat.

"Le fait de voir Nkurunziza déclarer le Rwanda comme son +ennemi+ est très grave et très inquiétant", a réagi un diplomate africain sous couvert d'anonymat.

"Cette volonté délibérée de régionalisation de la crise burundaise est une fuite en avant, un tournant dangereux qui peut avoir de graves conséquences dans une région très instable", a renchéri un autre diplomate africain.

Pour sa part, dans un discours prononcé en novembre 2015, le président rwandais avait accusé les dirigeants burundais de "massacrer leur population du matin au soir".

"Le président [burundais] s'enferme, personne ne sait où il se cache, personne ne peut le trouver pour lui parler. Comment peut-il prétendre diriger son pays? Des gens meurent tous les jours, les cadavres jonchent les rues. Et après ils appellent ça des 'problèmes politiques'. Mais c'est quoi cette politique ?", avait renchéri Paul Kagame. "Les dirigeants du Burundi se targuent d'être des hommes de Dieu, certains sont mêmes pasteurs. Mais en quel Dieu croient-ils ? (...) Y-a-t il un endroit dans la Bible où les dirigeants sont appelés à massacrer leur peuple ?"

"La situation du Burundi a des retombées sur nous, les Rwandais. Les problèmes du Burundi, d'où viennent-ils ? Même si on accuse le Rwanda (...), ce sont les Burundais eux-mêmes qui sont responsables de leur situation. Les Burundais auraient dû tirer des leçons de ce qui s'est passé ici. Nous, les Rwandais, nous devons nous préserver du mal. Nous devons lutter pour que le mal ne revienne pas en nous", avait encore prévenu le président Kagame.

Le Burundi est en crise depuis que M. Nkurunziza a annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat controversé.

Sa réélection en juillet de la même année a déclenché une crise qui a fait au moins 1.200 morts et déplacé plus de 400.000 personnes. La Cour pénale internationale a ouvert une enquête.

Voir plus

XS
SM
MD
LG