Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Burkina-Faso

Eid Mubarak au Burkina Faso

Eid Mubarak au Burkina Faso
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:41 0:00

La fête de l’Aïd el Fitr au Burkina Faso

La fête de l’Aïd el Fitr au Burkina Faso
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:35 0:00

Célébrations de l'Aïd: l'archevêque burkinabé donne un message de réconciliation

Célébrations de l'Aïd: l'archevêque burkinabé donne un message de réconciliation
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:03 0:00

La cour de cassation française valide l'extradition de François Compaoré vers le Burkina Faso

François Compaoré, le jeune frère de Blaise Compaoré, à Ouagadougou, lors d'une campagne électorale, le 28 novembre 2012.

La cour de cassation française a validé mardi l'extradition de François Compaoré vers le Burkina Faso, rejetant le pourvoi déposé par le frère de l'ex-président burkinabè déchu, mis en cause dans son pays dans l'enquête sur l'assassinat en 1998 du journaliste Norbert Zongo.

Pour être effective, cette extradition doit encore être autorisée par un décret du gouvernement français, lui-même susceptible d'un recours devant le Conseil d'Etat.

La plus haute juridiction judiciaire de France a refusé de transmettre au Conseil constitutionnel une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) déposée par la défense de M. Compaoré contre les textes régissant l'extradition.

"Ce sont deux décisions très sommaires qui ne sont pas du tout à la mesure des moyens que nous avons présentés", a réagi auprès de l'AFP Me François-Henri Briard, avocat de M. Compaoré.

Il a annoncé que si un décret était effectivement signé, il l'attaquerait devant le Conseil d'Etat.

Le 5 décembre 2018, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris avait autorisé son extradition vers Ouagadougou.

Le dossier Zongo, classé en 2003 après un non-lieu en faveur du seul inculpé, a été rouvert à la faveur de la chute de l'ex-président déchu Blaise Compaoré fin octobre 2014, chassé par la rue après 27 ans au pouvoir.

Alors qu'il enquêtait à l'époque sur la mort de David Ouédraogo, chauffeur de François Compaoré, le journaliste burkinabè Norbert Zongo, 49 ans, et trois personnes qui l'accompagnaient avaient été retrouvés morts calcinés dans leur véhicule en décembre 1998 dans le sud du Burkina Faso.

Agé de 64 ans, François Compaoré avait été arrêté à l'aéroport Charles de Gaulle en octobre 2017 en exécution d'un mandat d'arrêt émis par les autorités de Ouagadougou.

A ce jour, il n'est pas inculpé dans son pays, à la différence de trois ex-soldats du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l'ancienne garde prétorienne de Blaise Compaoré.

L'assassinat du journaliste Norbert Zongo toujours dans les mémoires

Un homme brandit la photo du journaliste Norbert Zongo lors de ses funérailles à Ouagadougou, Burkina, 16 décembre 1998.

L'assassinat du journaliste burkinabè Norbert Zongo en 1998, jamais officiellement élucidé, est resté dans la mémoire des Burkinabè, qui espèrent que la Cour de cassation française se prononce mardi pour l'extradition de François Compaoré, soupçonné dans cette affaire.

Le frère cadet du président burkinabè déchu Blaise Compaoré avait été interpellé à l'aéroport parisien de Roissy-Charles-de-Gaulle en octobre 2017 sur la base d'un mandat d'arrêt émis par les autorités de Ouagadougou.

Journaliste d'investigation reconnu et directeur de l'hebdomadaire "L'Indépendant", Norbert Zongo a été assassiné le 13 décembre 1998, alors qu'il enquêtait sur le meurtre du chauffeur de François Compaoré. Sa mort avait provoqué une profonde crise politique au "pays des hommes intègres".

Le journaliste, âgé de 49 ans, a été tué avec trois de ses compagnons. Les quatre dépouilles ont été retrouvées calcinées dans sa voiture incendiée à Sapouy, à une centaine de kilomètres au sud de Ouagadougou.

Aucune condamnation n'a été prononcée, malgré le scandale que l'affaire avait provoqué.

Journaliste qualifié d'"incorruptible", célèbre pour ses positions critiques vis-à-vis du pouvoir, M. Zongo était l'auteur de plusieurs enquêtes retentissantes démontrant la mauvaise gouvernance sous le régime du président Compaoré (1987-2014).

Son assassinat avait engendré une crise socio-politique qui avait fait vaciller le régime, en raison d'importantes manifestations - organisées par le collectif contre l'impunité -, obligeant le président Compaoré à entreprendre des réformes, dont la limitation des mandats présidentiels.

Comme l'assassinat de l'ex-président Thomas Sankara en 1987, le meurtre de M. Zongo garde une forte charge symbolique au Burkina, où chaque année, le 13 décembre, des milliers de Burkinabè se rassemblent pour demander justice pour l'assassinat du journaliste.

- "Il était informé" -

Conseiller spécial du président Blaise Compaoré et personnage très influent du régime déchu, François a été un temps inculpé de "meurtre et recel de cadavre" dans le cadre de la mort de son chauffeur, David Ouédraogo. Mais il n'avait jamais été inquiété dans le dossier Zongo, jusqu'à l'insurection populaire d'octobre 2014 qui a chassé Blaise Compaoré.

Après la fuite de François Compaoré, des centaines de documents ont été retrouvés durant les pillages commis dans son ancienne villa, désormais en ruines. Ils sont en attente d'authentification.

"On y a trouvé le dossier d'instruction, des reçus de paiement, des lettres manuscrites. Tout cela montre à quel point il était informé", selon Abdoulaye Diallo, le gestionnaire du centre de presse Norbert-Zongo.

En 1999, plus d'une centaine de personnes avaient été auditionnées dans l'affaire Zongo et six "suspects sérieux" avaient été identifiés par une commission d'enquête indépendante.Mais seul l'adjudant Marcel Kafando, ex-chef de la garde rapprochée du président Compaoré, avait été inculpé pour "assassinat", avant de bénéficier d'un non-lieu en juillet 2006, confirmé en appel.

Dans un arrêt daté du 28 mars 2014, la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples, basée à Arusha (Tanzanie), a mis en évidence les carences de l'instruction. L'affaire a été rouverte par la justice burkinabè, qui a lancé un mandat d'arrêt international, en mai 2017, contre François Compaoré.

En novembre 2017, lors d'une visite à Ouagadougou le président français Emmanuel Macron avait promis de tout mettre en oeuvre pour répondre favorablement à la requête des autorités burkinabè.

Avec AFP

Voir plus

XS
SM
MD
LG