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Burkina-Faso

Le président Kaboré appelle à l'unité nationale

Le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kabore, arrive au musée d'Orsay à Paris, le 10 novembre 2018.

Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré a lancé samedi un appel à l'unité nationale, dans le village de Yirgou, où 47 civils ont été tués le 1er et le 2 janvier dans une attaque d'hommes armés suivie de représailles visant la communauté peule.

"Le Burkina Faso est un seul peuple. Nous sommes unis et notre pire ennemi c'est le terrorisme. Nous ne pouvons pas faire d'amalgames, nous devons éviter la stigmatisation", a prévenu le président Kaboré, appelant à "l'union" après une rencontre avec les habitants de Yirgou.

"Rien, absolument rien, ne peut justifier cette violence meurtrière", a-t-il déploré, avant de visiter un campement peul saccagé.

"Ce combat communautaire qui s'est mené ici a été un combat dévastateur. Vous avez 47 morts et des populations qui errent dans l'ensemble des villages", a poursuivi le chef de l'État, arrivé dans un hélicoptère de l'armée avec des membres du gouvernement et des élus locaux.

Le président burkinabè a assuré que "des dispositions ont été prises pour que la sécurité puisse être renforcée en faveur des populations, pour leur donner l'assurance qu'ils peuvent se réinstaller, qu'ils peuvent recommencer à vivre ensemble".

M. Kaboré a appelé les populations des communes de Barsalogho et d'Arbinda à se "reparler et à vivre ensemble".

Dans la nuit du Nouvel An, des hommes armés, soupçonnés d'être des jihadistes, ont attaqué le village de Yirgou-Foulbè, dans la commune de Barsalogho (région du centre nord), tuant tués sept personnes de la communauté Mossi, majoritaire au Burkina, dont le chef de village, avant de prendre la fuite.

Dans la foulée, les villageois s'en sont pris à des membres de la communauté peule dans différentes localités de la région. Un précédent bilan de 46 morts a été revu à la hausse après le décès d'un blessé.

Comme au Mali, au Niger ou au Nigeria, les tensions dégénèrent périodiquement en violences entre communautés agricoles et Peuls, traditionnellement éleveurs, souvent nomades, présents dans toute l'Afrique de l'Ouest. Certains membres de la communauté peule ont rejoint des groupes jihadistes qui depuis le Mali se sont propagés notamment au Burkina, donnant prétexte à des représailles sanglantes sur fond de conflits terrestres intercommunautaires.

Lundi, le président burkinabé avait décrété l'état d'urgence dans plusieurs régions du pays, pour contrer la menace terroriste des islamistes armés.

Le Burkina Faso est confronté depuis trois ans à des attaques de plus en plus fréquentes et meurtrières. D'abord concentrées dans le nord du pays, elles se sont ensuite étendues à d'autres régions dont celle de l'Est, frontalière du Togo et du Bénin.

Les attaques attribuées notamment aux groupes jihadistes Ansaroul Islam et Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM) ont fait plus de 270 morts depuis 2015. Ouagadougou, la capitale, a été frappée à trois reprises.

Au Mali voisin, les jihadistes ont été en grande partie chassés du nord du pays ou dispersés dans les autres pays de la région à la suite du lancement en janvier 2013, à l'initiative de la France, d'une intervention militaire qui se poursuit.

Mais depuis l'apparition il y a quatre ans dans le centre du pays du groupe jihadiste du prédicateur peul Amadou Koufa (tué fin novembre dans une opération militaire française soutenue par l'armée malienne, selon Paris et Bamako), les violences se multiplient de la même façon entre les Peuls et les ethnies bambara et dogon.

Ces violences intercommunautaires y ont fait plus de 500 morts civils en 2018, selon l'ONU.

12ème édition du festival "Dialogue de Corps" à Ouagadougou

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Burkina: les premières images de Yirgou, lieu des violences intercommunautaires

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Violences intercommunautaires au Burkina: le gouvernement admet désormais 46 morts

Des campements Peulh détruits par les Koglweogo dans le Centre-Nord du Burkina, 3 janvier 2019.

Le porte-parole du gouvernement, Rémis Fulgance Dandjinou, a déclaré vendredi sur la télévision nationale que 46 personnes ont été tuées dans des affrontements intercommunautaires dans le Centre-Nord du Burkina Faso. Le premier bilan officiel parlait de 16 Morts.

Le gouvernement burkinabè a finalement revu de 16 à 46 le nombre de morts dans des affrontements intercommunautaires dans le Centre-Nord du Burkina Faso. Ce nouveau bilan a été publié quelques heures après la diffusion ce matin sur VOA Afrique des propos d’un témoin qui a affirmé avoir compté au moins 48 morts, essentiellement de l'ethnie peulh.

"Ce que le gouvernement a dit, c’est faux", a déclaré à VOA Afrique un témoin qui affirme avoir compté de ses yeux les 48 morts. Il a rejeté le bilan officiel de 16 victimes donné mercredi soir par le ministre de l’Administration territoriale Siméon Sawadogo.

"Ce n’est pas le nombre exact, moi-même j’ai été là-bas, j’ai compté plus de 48 et il y a des coins où je ne suis pas allé".

Joint mercredi par VOA Afrique, le maire de la commune de Barsalogho où ces violences se sont déroulées avait parlé de 13 morts.

"Personne des autorités n’est allé sur le lieu, c’est par téléphone", a précisé le témoin.

A son arrivée sur les lieux, dit-il, les Koglweogo (un groupe d’auto-défense de l’ethnie Mossi) étaient en train de bruler les maisons des peulhs.

"Dès qu’ils arrivent dans les maisons des peulhs, ils tuent les garçons, on les égorge directement (…) Il n’y a plus de Peulh garçon dans les villages, sauf les femmes et les enfants".

Vendredi, des sources sur place, ont indiqué à VOA que ce bilan pourrait bien s'alourdir.

En images, les campements peulh détruits par les Koglwéogo dans le Centre-Nord du Burkina

Les violences intercommunautaires du 1 janvier 2019 à Yirgou, dans le Centre-Nord du Burkina Faso ont fait au moins 48 morts, selon un témoin anonyme joint par VOA Afrique.

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