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En images, les campements peulh détruits par les Koglwéogo dans le Centre-Nord du Burkina

Les violences intercommunautaires du 1 janvier 2019 à Yirgou, dans le Centre-Nord du Burkina Faso ont fait au moins 48 morts, selon un témoin anonyme joint par VOA Afrique.

Nouveau bilan d’au moins 48 morts dans les violences intercommunautaires

Des campements Peulh détruits par les Koglweogo dans le Centre-Nord du Burkina, 3 janvier 2019.

Les violences intercommunautaires du 1 janvier 2019 à Yirgou, dans le Centre-Nord du Burkina Faso ont fait au moins 48 morts, selon un témoin anonyme joint par VOA Afrique.

"Ce que le gouvernement a dit, c’est faux", a déclaré à VOA Afrique un témoin qui affirme avoir compté de ses yeux les 48 morts. Il a rejeté le bilan officiel de 16 victimes donné mercredi soir par le ministre de l’Administration territoriale Siméon Sawadogo.

"Ce n’est pas le nombre exact, moi-même j’ai été là-bas, j’ai compté plus de 48 et il y a des coins où je ne suis pas allé".

Ecoutez un témoin des attaques de Yirgou dans le centre-Nord du Burkina Faso
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Joint mercredi par VOA Afrique, le maire de la commune de Barsalogho où ces violences se sont déroulées avait parlé de 13 morts.

"Personne des autorités n’est allé sur le lieu, c’est par téléphone", a précisé le témoin.

A son arrivée sur les lieux, dit-il, les Koglweogo (un groupe d’auto-défense de l’ethnie Mossi) étaient en train de bruler les maisons des peulhs.

"Dès qu’ils arrivent dans les maisons des peulhs, ils tuent les garçons, on les égorge directement (…) Il n’y a plus de Peulh garçon dans les villages, sauf les femmes et les enfants".

Ecoutez un témoin des attaques de Yirgou dans le centre-Nord du Burkina Faso

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Seize morts dans une attaque et des représailles intercommunautaires

L’hôpital Yalgado Ouédraogo, plus grand centre hospitalier du Burkina Faso, 7 décembre 2018. (VOA/Lamine Traoré)

Au moins 16 personnes ont été tuées mardi dans une attaque armée dans un village et dans des représailles qui ont suivi contre des éleveurs peulh à Yirgou, un village de la commune de Barsalogo dans le centre-nord du pays, a précisé mercredi à la télévision nationale Siméon Sawadogo, ministre de l’Administration territoriale.

"Hier aux environs de 7h30, des hommes armés sont arrivés dans le village de Yirgou et ils ont abattu le chef de ce village, qui est en même temps un conseiller municipal de la commune, avec trois de ses fils et son petit-frère", a expliqué à VOA Afrique dans une interview, le maire de Barsalogho, Abdoulaye Pafadnam.

Il a ajouté que l’attaque a été perpétrée par des hommes armés non identifiés venus des provinces du Nord.

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"Au total, six personnes ont été abattues", mardi matin, selon M. Pafadnam, par les assaillants qui sont repartis d’où ils sont venus. Selon le ministre Sawadogo, une septième personne est morte durant cette attaque et deux autres dans un autre village de la région lors d’actes de représailles.

Les populations du village se sont mobilisés et ont fait appel aux forces d’autodéfense, appelées Koglweogo, pour les aider dans la traque des agresseurs. Ces représailles ont entrainé l’exécution de sept éleveurs peulh de la zone.

"Ils ont cherché d’abord à suivre les traces de ces assaillants, mais sans résultat. Au retour sur les lieux, tout le monde était hors de lui. Et toutes les personnes qui ont été identifiées comme étant de présumés complices ont été exécutées. Ils ont jugé que ces individus étaient de mèche avec ceux qui sont venus abattre le vieux", rapporte le maire.

Il a précisé que le bilan pourrait bien s’alourdir parce que, dit-il, dans plusieurs autres villages de la région, "les populations ont poursuivi les éleveurs peuls" qu’ils accusent d’être des complices des assaillants.

Des renforts de gendarmes et de policiers sont arrivés sur place.

Les Mossis sont l'ethnie majoritaire au Burkina. Les Peuls sont des éleveurs nomades présents dans toute l'Afrique de l'Ouest, qui dénoncent leur assimilation aux groupes jihadistes de la région, rejoints par certains membres de leur communauté.

Lundi, le président burkinabé Roch Marc Christian Kaboré a décrété l'état d'urgence dans plusieurs régions du pays, pour contrer la menace terroriste des islamistes armés.

Le Burkina Faso est confronté depuis trois ans à des attaques de plus en plus fréquentes et meurtrières. D'abord concentrées dans le nord du pays, elles se sont ensuite étendues à d'autres régions dont celle de l'Est, frontalière du Togo et du Bénin.

Les attaques attribuées notamment aux groupes jihadistes Ansaroul Islam et Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM) ont fait plus de 270 morts depuis 2015. Ouagadougou, la capitale, a été frappée à trois reprises.

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