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Burkina-Faso

Un employé canadien d'une société minière enlevé

Des soldats burkinabés lors d'un entraînement au Burkina Faso, le 13 avril 2018.

Un employé canadien d'une société minière a été enlevé mardi soir par des hommes armés dans l'Est du Burkina Faso, a indiqué mercredi à l'AFP un haut responsable canadien sous couvert de l'anonymat.

Plusieurs hommes armés ont mené un raid contre les installations de l'entreprise minière canadienne Progress Minerals, non loin de la frontière avec le Niger, au cours duquel ils ont kidnappé ce Canadien, a confirmé cette source, demandant à conserver l'anonymat à cause du caractère sensible du dossier. Une autre canadienne est portée disparue depuis la mi-décembre au Burkina Faso, en proie aux violences ethniques et jihadistes.

Spécial Gbagbo : réactions à Ouagadougou

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Les policiers burkinabè sont en arrêt de travail de 72 heures

L'officier de police burkinabé monte la garde devant une porte lors de la dernière étape du Tour du Faso 2018, à Ouagadougou, le 4 novembre 2018.

Au Burkina Faso, les policiers sont en arrêt de travail de 72 heures à l’appel de leur principal syndicat l’Union police nationale (UNAPOL). Ils entendent protester contre le lynchage de deux policiers par une foule à Nafona dans l’ouest du pays. Les commissariats de police sont fermés aux usagers.

Portails fermés, policiers en civil devisant devant les bâtiments des commissariats, c’est ce qui était visible depuis lundi devant les hôtels de police comme ce fut le cas du commissariat de l’arrondissement de Nongremasson ou une usagère dépitée, rebroussait chemin.

"Je voulais légaliser la photocopie de mon passeport pour un document, je ne sais pas ce qui se passe le monsieur m’a salué et m’a dit madame, revenez demain il n'y a pas travail", explique une citoyenne.



Un tour au commissariat central de la ville rappelle les mêmes scènes.

"Je suis venu pour la légalisation de quelques pièces au commissariat central, les policiers assis juste à l’entrée m’ont informé qu’ils étaient en mouvement d’humeur et que ce n’est qu'après-demain que le service reprend", explique une citoyenne.

"Je suis venu au commissariat pour faire la légalisation des papiers, mais je ne sais pas pourquoi c’est fermé", ajoute une autre citoyenne.

Devant le commissariat central, le gérant du parking habituellement très occupe à garer des engins des usagers, ne décolérait pas.



Pascal Balirabou, gérant principal du parking du Commissariat, explique que "depuis lundi, il y a un arrêt de travail au niveau du commissariat".

"Ce que je veux demander, il faut que l’état s’impose. Sinon nous la population aujourd’hui, si on dit, on veut vivre la démocratie et si c’est cette démocratie, on doit vivre et laisser à nos enfants si les choses doivent se passer comme ça, l’avenir est très sombre".

Selon nos informations recoupées, ce mouvement d’humeur serait dû à l’assassinat de deux policières victimes d’une vindicte populaire dans le village de Nafona dans la région des cascades à l’Ouest du pays. Seulement, impossible d’arracher un mot officiel de ces policiers qui arboraient la mine des mauvais jours. Au commissariat central, ils étaient peu bavards.

"Nos services sont fermés", lance un garde.



Le commissaire central n’a pas souhaité s’exprimer. Plus tard, c’est le syndicat de la police UNAPOL qui a pris la parole. Il est important de respecter le corps de la police et la vie des policiers a estimé le secrétaire général de l’organisation.

"Quel que soit le motif allégué par la population, aucun motif ne peut justifier un tel lynchage des hommes porteurs des tenues de la république et qui sont à une mission", confie Armiyaho Zongo, secrétaire-général UNAPOL.

"Ce qui s’est passé à Nafona est inadmissible et intolérable dans un état de droit. Dans un contexte sécuritaire aussi délétère qu’inquiétant la population doit être un appui aux forces de l’ordre dans la lutte contre le terrorisme et non un problème de plus à gérer", souligne Rachid Palenfo, secrétaire-général adjoint UNAPOL.

L’UNAPOL trouve que les policiers sont abandonnés, a dénoncé le silence de la hiérarchie et du gouvernement en appelant à cet arrêt de travail.

Cette crise est les conséquences de l’assassinat par la foule à Nafona après le décès accidentel d’une habitante de la localité sur des tirs de sommation d’un policier qui aurait été sérieusement menacé en pleine mission d’interpellation.

Plus de 6.000 Peuls dans des camps de déplacés

Des déplacés sur le site de Barsalogho au petit matin, au Burkina Faso, le 15 janvier 2019. (VOA/Lamine Traoré)

Au Burkina Faso, plus de 6.000 habitants de la région de Yirgou dans le centre-nord vivent désormais dans des camps de déplacés.

A Barsalogho, à 65 km de Yirgou dans le Centre-Nord, une majorité de femmes et des enfants de l’ethnie peul sont les rescapés de la tuerie du 1er janvier qui a visé leur communauté lors de laquelle 49 personnes avaient été tuées.

Une centaine de tentes, toutes blanches dressées. Au moins 1000 déplacés, des peuls, notamment des femmes, des enfants et des personnes âgées qui ont quitté la région de Yirgou pour se réfugier.

Dans les camps de déplacés des Peuls
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Le 1er janvier après une attaque armée, les Peuls ont été ciblées par des villageois Mossi, aidées par des membres de leur groupe d’autodéfense.

"Les Koglweogo, sont venus incendier nos campements. Nous n'étions pas au courant. Ils ont tué nos hommes. Il ne reste que nos poules. Ils ont incendié nos cases et nos aliments. Ils ne cherchaient pas à tuer que des Peuls", confie Rainatou Diallo à VOA Afrique.

Dans ce camp, un centre de santé, une équipe de psychologues, des ONG et bien sur des agents de sécurité.

Alimata Dicko, déplacée peule, au Burkina Faso, le 15 janvier 2019. (VOA/Lamine Traoré)
Alimata Dicko, déplacée peule, au Burkina Faso, le 15 janvier 2019. (VOA/Lamine Traoré)

"Nous nous débrouillons. On trouve à manger même si cela n'est pas très régulier. J'ai des enfants. J'ai un qui est malade. Je l'ai amené au centre de santé, mais jusque-là ça ne va pas", témoigne Alimata Dicko, déplacée.

Bassirou Zagré est l’un des deux responsables du site. Il reconnaît que tout n’est pas encore en place. Et cela rend l’assistance difficile.

"Il manque de l’éclairage sur le site. Aussi des ustensiles de cuisine, les marmites, les plats et biens d’autres besoins, les couvertures, les nattes... On en a reçu, mais c’est insignifiant".

Les agents de santé sont débordés. Certains de ces déplacés ont erré des jours dans la brousse avant d’arriver ici. Beaucoup ont vécu des scènes d’horreur perpétrées par les Koglweogo.

Dr Claude Kouderi, responsable santé sur le site, au Burkina Faso, le 15 janvier 2019. (VOA/Lamine Traoré)
Dr Claude Kouderi, responsable santé sur le site, au Burkina Faso, le 15 janvier 2019. (VOA/Lamine Traoré)

Pour Dr Claude Kouderi, responsable santé sur le site, la plupart des déplacés ont besoin d’une véritable prise en charge psychologique.

"Lorsque vous avez assisté à une scène où tu vois un proche qu’on t’enlève brutalement dans certaines conditions, cela ne peut que sur le plan psychologique déranger. Vraiment, sur le plan psychologique, il y a une atteinte et il y a des cas qui nécessitent une prise en charge médicale".

Deux semaines après ces violences qui ont fait près de 50 morts essentiellement des peulh, aucune arrestation n’a été opérée. Les Koglweogo règnent toujours en maitre à Yirgou.

Dans ces conditions, un éventuel retour à Yirgou est-il possible ? "Non, non et non!"

Yacouba Diandé, le porte-parole de ces déplacés à Barsalogho, au Burkina Faso, le 15 janvier 2019. (VOA/Lamine Traoré)
Yacouba Diandé, le porte-parole de ces déplacés à Barsalogho, au Burkina Faso, le 15 janvier 2019. (VOA/Lamine Traoré)

Yacouba Diandé, porte-parole de ces déplacés à Barsalogho, explique que "le même problème qui nous a chassés à venir ici, le même problème est toujours là-bas. On ne peut pas nous retourner comme ça tant que la situation ne change pas. Les gens qui nous ont chassés sont toujours là-bas armées, avec leurs fusils, leurs haches, leurs coupe-coupe... et en nombre suffisant".

Le centre de Barsalogho est l’un des quatre sites déployés pour les déplacés de la tuerie de Yirgou. Selon le gouvernement, plus de 6.000 personnes vivent dans ces camps.

Dans les camps de déplacés des Peuls

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