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Burkina-Faso

Thomas Sankara : " un président du peuple "

Commémoration du 28eme anniversaire de l'assassinat du président Thomas Sankara

L’esprit du capitaine Thomas Sankara est resté dans l’imaginaire populaire au Burkina Faso. Le peuple a perpétué son legs en s’imposant la "révolution idéologique, démocratique et populaire". VOA Afrique vous fait redécouvrir le projet de l’homme au bénéfice de ses compatriotes.

A l’image de Frantz Fanon en Martinique, Thomas Sankara était plus grand que sa patrie, la Haute Volta, qu’il a rebaptisée "la Patrie des Hommes Intègres" puisé dans le terroir, en utilisant la culture et la langue locale, selon sa définition. Burkina "moralité, intégrité", Faso "patrie".

Le capitaine en était "fier". Il fallait le faire, car l’appellation correspondait avec les "vertus" de son peuple, a dit à VOA Afrique Serge Théophile Balima, conseiller en communication du président Sankara.

Thomas Sankara était un fidèle auditeur de la Voix de l’Amérique. Ceci a permis à Idrissa Seydou Dia de décrocher un entretien exclusif en avril 1984, lors d’une tournée en Afrique pour une série de reportages. "Il a posé son pistolet sur son bureau" avant l’interview, raconte Dia. "Mon stylo est tombé. J’ai eu peur de le ramasser", poursuit Dia. Le président était le plus détendu vers la fin de l’interview après s’être fâché sur "mes questions" concernant "les CDR ou milices" et "les tribunaux spéciaux".

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Un capitaine "​naïf"

L’échange s’est poursuivi sur d’autres questions mais hors micro, se rappelle Dia. "Vous êtes au courant des rumeurs sur Blaise ? C’est mon frère d’armes, je lui fais entièrement confiance", disait Sankara. Le journaliste Dia a estimé que Sankara était , comme tout idéaliste, un peu "naïf". Thomas et Blaise étaient plus que "des amis", a témoigné M. Balima, son conseiller en communication. Il misait sur l’amitié "très profonde" qui les liait. Il refusait de "croire" qu’une "action" de le tuer viendrait de Blaise, il a surestimé leur amitié, a souligné Balima dans l’émission interactive de ce jeudi à 21h GMT. Pour Sankara, "un bien-pensant" ne pouvait pas composer avec "un bien négatif".

"​Je serai changé au propre"​

Le journaliste Dia pense que Sankara ne tenait pas compte de son environnement, c’est-à-dire de la réalité dans certains pays voisins du Burkina. Mais M. Balima a dit plutôt que son chef en était tellement "conscient". Des gens comme "moi" ne vivent pas "longtemps", disait toujours Sankara à son entourage. Je passe mon temps à "déranger", et un jour, on me "changera au propre, je serai changé". C’est l’explication que Sankara donnait, à chaque fois qu’il appelait sa femme, "Mariam la veuve", a précisé M. Balima.

"​Un aller sans retour"​

Le 15 octobre 1987, un "jour macabre", se rappelle encore Serge Théophile Balima. Bizarrement, la présidence s’était "vidée", j’étais là tout "bêtement". "Le président m’a appelé pour me dire de monter à son bureau. On est descendu ensemble au rez-de-chaussée". "Je vais à une réunion juste à côté, je reviens dans une heure de temps", lui disait Sankara qui lui ordonnait d’attendre pour finaliser la préparation d’une mission à Dakar, le lendemain. "Une pluie de tirs assez nourris" a retenti deux minutes après son départ. "J’ai compris qu’il ne pouvait pas survivre", s’est rappelé M. Balima, détaillant les circonstances de l’assassinat de son président.

La "​dérive"​ du régime Sankara

Thomas Sankara n’était pas un homme de compromis, l’assimilant sans doute à la compromission, selon le constat du journaliste Dia. Le conseiller présidentiel en communication reconnaît un certain nombre de "dérives" qui ont contribué à "dénaturer l’idéal de la mission de Sankara". Serge Théophile Balima a dit que beaucoup de gens, sans conviction d’adhésion, en ont profité pour commettre des "actions" et des "exactions".

Espoir et souvenir

"Le peuple est maître de son destin", définissait-il la Révolution voltaïque qu’il dirigeait. "Le peuple, rien que le peuple, l’Alpha et l’Omega" de la Révolution, a précisé Sankara dans l’entretien avec Idrissa Seidou Dia. Le président Sankara n’était pas attiré ni par le "matériel", ni par "la finance", s’est souvenu M. Balima. L’homme avait la mesure de sa "mission" dans la conduite des affaires de l’Etat, avec le sens "d’intégrité morale", a ajouté M. Balima.

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Pas de "démagogie". Il ne faut pas semer "l’illusion dans l’esprit du peuple", a dit Sankara à la Voix de l’Amérique. Pour susciter l’espoir, sa stratégie consistait à mettre le peuple face à ses "réalités", en calculant les "sacrifices à payer", les "intérêts à attendre", le "bonheur" qui peut en "résulter". Sankara a invité son peuple à faire un "choix responsable".

28 ans après, l’imaginaire de l’esprit Sankara s’est réalisé. Quoique M. Balima attribue la révolution récente au ras le bol généralisé des Burkinabès face à un régime baigné dans une "inconscience profonde", les compatriotes de Sankara ont prouvé qu’ils sont maîtres de leur destin. M. Balima reconnait cette vision à Sankara. "Le peuple est debout. Tout pouvoir devra composer avec l’intégrité et les valeurs fondamentales de ce pays".

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Le journaliste Dia a été fasciné par le charisme de Sankara qu’il qualifie de "président du peuple", allergique à la "corruption". Selon M. Balima, "son esprit est resté. Chaque année qui passe, grandira Thomas Sankara".

Le penseur Frantz Fanon aimait bien le dire, "chaque génération doit découvrir sa mission, la remplir ou la trahir, dans une relative opacité".

Extrait du discours du president de transition du Burkina Faso Michel Kafando.

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Le nouveau code électoral invalidé au Burkina Faso

Blaise Compaoré, l'ancien président du Burkina Faso

La Cour de justice de la Cédéao a ordonné lundi au Burkina Faso "de lever les obstacles à une participation aux élections consécutifs à cette modification". Les fidèles de l'ex-président Compaoré pourraient donc se présenter aux élections.

Les députés du Conseil national de transition (CNT), l'assemblée intérimaire au Burkina Faso, ont voté, en avril, une révision du code électoral rendant "inéligibles" les personnes ayant "soutenu un changement inconstitutionnel portant atteinte au principe de l'alternance politique".

Il s'agissait d'une référence à la tentative de révision de la Constitution d'octobre 2014, destinée à permettre à M. Compaoré de se maintenir au pouvoir, et qui avait finalement provoqué un soulèvement ayant causé sa chute après 27 ans de règne.

La Cour de justice de la Cédéao (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest) a considéré lundi que la modification du code électoral constituait "une violation du droit de libre participation aux élections" et a ordonné au Burkina Faso "de lever les obstacles à une participation aux élections consécutifs à cette modification".

Au total, sept partis politiques burkinabè, dont le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) de M. Compaoré, avaient attaqué le nouveau code électoral en juin devant la Cour de justice de la Cédéao, considérant qu'il violait leurs droits.

Le Burkina Faso, en tant que membre de la Cédéao, est tenu de se plier aux décisions de la justice régionale.

La décision rendue par la cour ouest-africaine est définitive et sans appel, a précisé à l'AFP un porte-parole de la Cédéao, Sunny Ugoh.

"La cour a rendu une décision que nous comprenons", a réagi Mamadou Savadogo, défendant le régime de transition en place depuis la chute de M. Compaoré.

"Nous allons exécuter les règles dictées par la cour et apporter les aménagements nécessaires", a-t-il poursuivi.

De nouvelles modifications pourraient cependant être apportées au code électoral, a-t-il précisé, afin de faire en sorte "que ceux qui ont porté atteinte aux principes de l'alternance ne puissent pas participer aux prochaines élections".

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Mis en place après la chute de Blaise Compaoré, le régime de "transition" dirigé par le président Kafando et le Premier ministre Isaac Zida doit rendre les rênes du Burkina à un exécutif élu lors d'élections présidentielle et législatives dont le premier tour est prévu le 11 octobre.

Mais une grave crise autour du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) fait planer une ombre sur la fin de cette période de transition. Ce corps d'élite, qui fut le bras armé du régime Compaoré, exige le limogeage du lieutenant-colonel Zida, pourtant l'un des siens.

Avec AFP

Kafando promet de trancher bientôt entre Zida et la garde présidentielle

Michel Kafando (AP Photo/Frank Franklin II)

Le président burkinabè a déclaré dans un discours vendredi, qu’il attendait pour ce faire les conclusions des travaux du cadre de concertation des sages qu’il a mis en place vendredi.

Michel Kafando a consacré son discours à la crise dans les rapports entre le Premier ministre Yacouba Isaac Zida et la garde présidentielle, le Régiment de sécurité présidentielle (RSP) dont il était pourtant le numéro 2.

"Hélas ! Je suis au regret de le reconnaître, tous ces contacts ne m’ont pas donné la certitude que les différents protagonistes étaient prêts à accepter ce compromis dynamique qui puisse amener à l’apaisement social", a déclaré M. Kafando, justifiant la raison pour laquelle il en a appelé au cadre de concertation des sages.

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M. Kafando a rencontré les différentes composantes de la société burkinabè au sujet de cette crise, dans le cadre de "la voie de la sagesse" qu'il a choisie dans ces tumultes qui sécouent son pays. Tache que le cadre de concertation des sages continue aujourd’hui... "et j’attends les conclusions de ses travaux, dès le début de la semaine prochaine, grâce auxquelles je pourrai prendre utilement les décisions qui conviennent", a-t-il affirmé.

Le cadre de concertation des sages se réunit depuis vendredi.

Des officiers du RSP accusés d’avoir fomenté un coup d contre M. Zida, ont été arrêtés cette semaine. Le RSP exige la démission de Zida mais celui-ci a toujours réclamé le démentiellement de cette unité d’élite, l’accusant d'avoir travaillé pour le président Blaise Compaoré chassé du pouvoir le 30 octobre 2014 par une série des manifestations publique.

Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) revendique l’attaque contre des Casques bleus au Mali

Une photo d'Internet sur des Français pris par en otage par Aqmi

La revendication de l’Aqmi a été rapportée jeudi par l'agence privée mauritanienne Al-Akhbar.

Selon Al-Akhbar, un porte-parole d'Al-Qaïda au Magreb islamique, Abderrahmane Al-Azawadi, a revendiqué l'embuscade de jeudi matin contre les forces internationales au Mali.

Le porte-parole du mouvement djihadiste a confirmé que "sept soldats (de l'ONU) ont été tués et quatre véhicules militaires détruits".

Les sept Casques bleus étaient de nationalité burkinabè.

Un bilan donné dans un communiqué de l’ONU fait plutôt état de six soldats onusiens tués et cinq blessés.

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