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Zone morte du Golfe du Mexique : il faudrait convaincre les agriculteurs d’agir


Le bassin du Mississippi

Le bassin du Mississippi

Tous les printemps, une « zone morte » se développe dans le Golfe du Mexique. Cette zone où la vie marine est impossible en raison d'un manque d'oxygène a atteint une étendue record en 2013, surtout à cause d'une importante pollution d'origine agricole.

Les scientifiques américains savent ce qui provoque ces zones mortes, mais une nouvelle étude montre qu’il sera peut-être difficile de convaincre les agriculteurs d’adopter les solutions nécessaires, vu qu’ils travaillent très loin des côtes, et donc du phénomène.

Le professeur d'hydrologie Bayani Carnedas de l’Université du Texas à Austin s’est penché sur le phénomène, se demandant pourquoi les nitrates à l’origine des « zones mortes » ne sont pas filtrés naturellement par les sols. Car en général, les rivières filtrent les contaminants dans les sédiments de la banque.

Il a découvert que les eaux sont tellement surchargées d’azote que les couches sédimentaires n’arrivent plus à les filtrer. Une fois déversé dans le Golfe du Mexique, cet azote favorise la croissance d’algues. Lorsque celles-ci meurent, elles se décomposent au fond de la mer, en épuisant l’oxygène. La faune marine dans sa grande majorité - notamment les crustacés et les poissons - ne peut survivre dans ces zones.

Le bassin hydrographique du Mississippi est le plus vaste d'Amérique du Nord et couvre un tiers du territoire américain. Le fleuve draine la plus grande partie de la zone comprise entre les Montagnes Rocheuses et les Appalaches, et traverse ou longe dix États avant de se jeter dans le Golfe du Mexique. Les millions d’agriculteurs qui exploitent ce bassin ne veulent pas renoncer à leurs engrais.

Mais le professeur Cardenas pense que l’on n’a plus guère le choix. Il faut tout simplement réduire les quantités de nitrates, dit-il.

Aaron Packman, un professeur de génie civil et expert environnemental à l'Université Northwestern, estime que les agriculteurs pourraient mieux contrôler la quantité d'engrais dont ils aspergent leurs champs. Il y a ce qui est nécessaire pour obtenir de bons rendements, et puis on en rajoute. En fait, on peut s’arranger pour obtenir de bonnes récoltes en réduisant l’impact nocif sur l’environnement, explique le professeur Packman.

Les solutions sont en amont, poursuit-il, se faisant l’écho du professeur Cardenas.

La Louisiane a lancé un projet visant à détourner une plus grande quantité d'eau du Mississippi vers des marécages chargés de la filtrer et d'augmenter les dépôts de limon le long de la côte. Mais l’impact sera limité si les Etats plus en amont ne prennent pas également des mesures.
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