Liens d'accessibilité

Zimbabwe : les chefs de l'opposition s'unissent contre Mugabe


L’ancien Vice-président du Zimbabwe Joice Mujuru, à droite, l’ancien Premier ministre Morgan Tsvangirai, au centre, et le député Nelson Chamisa, assistent à la présentation du projet final de la Constitution à Harare, 3 février 2013.

L’ancien Vice-président du Zimbabwe Joice Mujuru, à droite, l’ancien Premier ministre Morgan Tsvangirai, au centre, et le député Nelson Chamisa, assistent à la présentation du projet final de la Constitution à Harare, 3 février 2013.

Les deux leaders de l'opposition au Zimbabwe, Morgan Tsvangirai et l'ancienne vice-présidente Joice Mujuru, ont présidé ensemble samedi un grand rassemblement d'union contre le régime du président Robert Mugabe.

M. Tsvangirai, qui dirige le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), et Mme Mujuru, qui en mars a fondé son propre parti, Le peuple du Zimbabwe d'abord (ZPF), ont protesté contre le maintien au pouvoir du président Mugabe et appelé à l'union des forces d'opposition afin d'accéder au gouvernement.

"Si nous sommes ici, c'est parce que nous avons besoin d'un consensus collectif de tous les Zimbabwéens afin de nous assurer que Mugabe entende la voix du peuple", a déclamé M. Tsvangirai devant une foule massée sur un stade de Gweru, à quelque 220 kilomètres au sud-ouest de la capitale Harare.

"Je n'ai pas de haine envers Mugabe mais je suis en désaccord avec lui sur le fait qu'à 92 ans, il refuse de céder le trône", a encore dit le leader.

Des milliers de partisans du MDC et du ZPF participaient au rassemblement, sous l'oeil vigilant de la police anti-émeute.

Une foule vêtue de rouge, la couleur du MDC, scandait "Mugabe doit partir", tandis que certains manifestants brandissaient des pancartes disant "Où sont les emplois promis?", "Stop aux enlèvements" ou encore "Non aux billets d'obligation", cette devise locale introduite en mai, à parité avec le dollar américain, qui fait craindre le retour de l'hyperinflation qui avait déjà détruit l'économie du pays en 2008-2009.

"Nous voulons que le peuple du Zimbabwe se comporte comme un seul homme et ne soit pas divisé. Aujourd'hui, nous avons trouvé un moyen de travailler ensemble pour faire face aux difficultés que nous traversons", s'est réjoui pour sa part la fondatrice du ZPF.

Veuve de Solomon Mujuru, premier chef noir de l'armée du pays, Joice Mujuru a occupé des postes ministériels dans tous les gouvernements depuis l'indépendance du pays, en 1980, avant d'être pressentie comme une possible dauphine. Mais fin 2014, elle est évincée de la Zanu-PF, le parti au pouvoir, car soupçonnée de comploter contre le régime.

Jouissant d'une forte popularité, elle a créé en mars sa propre formation dans le but affiché de succéder à Robert Mugabe. A 92 ans, le président et plus vieux chef de l'Etat au monde en exercice compte se représenter à la présidentielle de 2018.

La crise économique que traverse le Zimbabwe depuis le début des années 2000 s'est aggravée cette année et le gouvernement est à court de liquidités pour payer les fonctionnaires. Depuis quelque temps, la contestation s'intensifie, un fait rare dans un pays où les manifestations sont fermement réprimées par la police.

Avec AFP

XS
SM
MD
LG