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Zimbabwe : les retombées de la Coupe du monde se font attendre


Le Zimbabwéen Jerry Madziwana vend des articles de la Coupe du monde 2010 à Johannesburg

Le Zimbabwéen Jerry Madziwana vend des articles de la Coupe du monde 2010 à Johannesburg

La communauté internationale et les observateurs politiques reprochent au président Robert Mugabe de piétiner dans la mise en œuvre de l’accord politique, et de continuer à persécuter des politiciens et militants des droits humains.

Les Zimbabwéens sont déçus que la Coupe du monde de football qui se déroule en Afrique du Sud voisine n’ait pas attiré de touristes, ni d’équipes dans leur pays.

Plusieurs fans de football venus en Afrique du Sud pour la première fois à l’occasion de la Coupe du Monde 2010, disent ne pas avoir l’intention de visiter le Zimbabwe en raison de la situation politique, qu’ils jugent incertaine, dans ce pays. Un Australien croisé à Johannesburg dit qu’il aurait bien aimé visiter le Zimbabwe, mais qu’il a finalement abandonné cette idée, de peur de ne pas y être le bienvenu.

A Harare, beaucoup de personnes regrettent de ne voir aucune retombée de la coupe du monde. La plupart blâme le peu de progrès réalisés par le gouvernement d’union nationale formé l'an dernier. La communauté internationale et les observateurs politiques reprochent au président Robert Mugabe de trainer les pieds dans la mise en œuvre de l’accord politique, et de continuer à persécuter des politiciens et militants des droits humains.

La Coupe du monde aurait dû être une occasion pour le Zimbabwe de se repositionner au sein de l’arène internationale, estime cette femme d’affaires de Harare. « Je peux dire que cela a été très dur pour le Zimbabwe, particulièrement pour ce qui est de revaloriser notre image de marque et faire redémarrer notre économie. Je pense que la situation politique actuelle est la principale cause, étant donné ces problèmes flagrants », a-t-elle expliqué.

Un homme d’affaires local pense, quant à lui, que la communauté internationale ne fait toujours pas confiance au Zimbabwe. « Cela a un rapport avec le fait que la communauté internationale elle- même n’a pas retrouvé sa confiance vis-à-vis du Zimbabwe en tant que destination à l’étranger, et c’est également le cas pour l’Afrique du Sud. Ainsi, je pense qu’il nous faudra encore du temps pour les convaincre que le Zimbabwe est une destination sure, de même que sur le plan des investissements », a-t-il dit.

Les Zimbabwéens ont cependant connu un moment d’excitation la semaine dernière, quand l’équipe brésilienne a joué un match d’entrainement à Harare.

La Corée du Nord, qui prend part à la Coupe du monde, devait prendre le Zimbabwe pour base, mais après protestation des militants des droits humains, l’équipe s’est retirée. Pyong Yang a formé une unité de l’armée zimbabwéenne, accusée de la mise mort de vingt mille partisans de l’opposition dans les années 80 dans le Sud du pays.

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