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Zimbabwe : l'ancienne vice-présidente Joice Mujuru lance son parti politique


Joice Mujuru, le 6 février 2012 à Harare. (AP Photo/Tsvangirayi Mukwazhi, File)

Joice Mujuru, le 6 février 2012 à Harare. (AP Photo/Tsvangirayi Mukwazhi, File)

Le nouveau parti de la femme politique évincée en 2014 sera nommé "We Are People First" (Nous sommes le Peuple d'abord).

L'ancienne vice-présidente du Zimbabwe, Joice Mujuru, tombée en disgrâce auprès du président Mugabe et expulsée du parti au pouvoir fin 2014 après des rumeurs de complot contre le chef de l'Etat a annoncé mercredi qu'elle avait lancé sa propre formation politique.

Joice Mujuru a confirmé mercredi auprès de l'AFP le nom de son futur parti : "We Are People First" (Nous sommes le Peuple d'abord). "Nous ne dirigeons pas le peuple, le peuple se dirige lui-même", a-t-elle ajouté.

L'ex-favorite à la succession de Robert Mugabe a été évincée de son poste de vice-présidente en 2014 au cours d'une purge surprise qui a coûté leur place à nombre de ses soutiens.

Elle est notamment dans le collimateur de Grace Mugabe, la première dame, qui l'a accusée de vouloir renverser le président, ce dont elle se défend affirmant qu'il n'y a "aucune preuve".

Joice Mujuru, 60 ans, a depuis été remplacée par Emmerson Mnangagwa, un des fidèles lieutenants de Robert Mugabe, surnommé "le Crocodile" pour son caractère impitoyable.

Avant d'être écartée de la ZANU-PF, le parti au pouvoir, Joice Mujuru, veuve de Solomon Mujuru, premier chef noir de l'armée du pays, a occupé des postes ministériels dans tous les gouvernements depuis l'indépendance en 1980.

En septembre, elle avait publié un manifeste où elle proposait de revenir sur des mesures clés prises par le président Robert Mugabe, révélant ainsi ses intentions de défier politiquement le chef de l'Etat.

Elle y proposait notamment de revenir sur les lois d'indigénisation, qui exigent que la majorité des parts des entreprises soient détenues par des Zimbabwéens, une condition qui représente un obstacle majeur pour les investissements étrangers.

Jouissant toujours d'une forte popularité au Zimbabwe, elle devra cependant faire face à une tâche de grande ampleur pour imposer son nouveau parti dans un paysage politique dominé par la ZANU-PF.

"C'est une tâche herculéenne. Le parti va devoir être extrêmement créatif pour devenir un candidat sérieux au pouvoir", estime l'analyste politique Takura Zhangazha, interrogé par l'AFP.

"Combattre la ZANU-PF ne va pas suffire. Le parti devra être différent, pas seulement de la ZANU-PF mais aussi de formations d'oppositions comme le Mouvement pour le Changement Démocratique (MDC)", poursuit-il.

Ces dernières années, le MDC de Morgan Tsvangirai a occupé la place d'opposant principal à Mugabe.

En tête au premier tour des élections de 2008, M. Tsvangirai avait été contraint de se retirer du second tour après des violences qui avaient fait plus de 200 morts dans ses rangs.

Premier ministre dans un gouvernement de partage du pouvoir, il n'a jamais pu faire entendre sa voix et concurrencer sérieusement l'autorité de M. Mugabe.

En 2013, lors des dernières élections, il avait été battu dès le premier tour par Robert Mugabe, élu avec 61% des voix lors d'un scrutin entâché de soupçons de fraudes.

Au pouvoir depuis 1980, le président zimbabwéen qui fêtera dimanche ses 92 ans n'a pour le moment pas fait part de son choix pour lui succéder mais a d'ores et déjà été désigné candidat de son parti pour la présidentielle de 2018.

Le mois dernier, il est apparu à la tribune du sommet de l'Union Africaine, dont il quittait la présidence, délivrant un long discours et mettant un terme aux rumeurs selon lesquelles il avait eu une attaque cardiaque mortelle lors de ses vacances en Asie.

AFP

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