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Yémen : les négociations de paix commencent jeudi selon l'ONU


Un petit garçon portant le drapeau des rebelles shiites Houthis a Sanaa, le 15 avril 2015.

Un petit garçon portant le drapeau des rebelles shiites Houthis a Sanaa, le 15 avril 2015.

Les négociations censées trouver une solution au conflit au Yémen doivent commencer jeudi à Koweït, a annoncé l'ONU après la décision des rebelles de se joindre aux pourparlers initialement prévus lundi.

Mercredi, les rebelles chiites Houthis ont dit avoir accepté de participer aux négociations après avoir obtenu "des assurances" de l'ONU sur le respect du cessez-le-feu entré en vigueur le 11 avril dans ce pays ravagé par plus d'un an de conflit et maintes fois violé depuis.

La délégation des rebelles et de leurs alliés, des partisans de l'ex-président Ali Abdallah Saleh, a ensuite quitté la capitale yéménite Sanaa pour Oman avant de se rendre à Koweït, selon les autorités aéroportuaires.

Alors que la délégation du pouvoir du président Abd Rabbo Mansour Hadi, appuyé par l'Arabie saoudite, se trouve sur place depuis lundi, les rebelles, soutenus par l'Iran, avaient boudé le début des négociations en accusant la partie adverse de violations du cessez-le-feu.

"Les négociations de paix au Yémen commenceront jeudi à Koweït sous l'égide de l'ONU", a annoncé à New York le porte-parole des Nations unies Stéphane Dujarric. "Les délégations se concentreront sur l'application de la résolution 2216".

Celle-ci enjoint notamment aux Houthis de céder les territoires qu'ils ont conquis, dont la capitale Sanaa, à la faveur d'une vaste offensive lancée à partir de leur fief dans le nord en juillet 2014.

Selon les autorités koweïtiennes, les négociations devraient s'ouvrir "jeudi après-midi".

- Menaces -

Le conflit au Yémen a commencé lorsque les Houthis ont chassé le gouvernement de Sanaa en septembre 2014. Il a ensuite pris une dimension régionale en mars 2015 quand l'Arabie saoudite a formé une coalition arabo-sunnite pour enrayer l'avancée des Houthis, qu'il accuse d'être des "agents de l'Iran".

"Nous avons accepté d'aller aux négociations" après avoir obtenu "des assurances" du médiateur de l'ONU Ismaïl Ould Cheikh Ahmed sur le respect de la trêve, a dit Saleh al-Sammad, haut responsable des Houthis.

"Nous aurons le droit de suspendre notre participation si les assurances fournies ne sont pas suivies d'effet", a dit de son côté Mahdi al-Mashat, un autre chef rebelle.

A son départ de Mascate, Yasser Alawadi, secrétaire général adjoint du Congrès populaire général (CPG), le parti de M. Saleh, a prévenu qu'il n'y aurait "pas de débats sur des questions politiques tant que le cessez-le-feu n'aura pas été respecté par les agresseurs".

Mais un autre responsable du CPG, Yahia Duwaid, s'est voulu "optimiste", indiquant que l'ONU avait aidé à "surmonter plusieurs obstacles qui avaient retardé notre arrivée à Koweït".

Quant à la délégation du pouvoir, elle a menacé dans un communiqué de se retirer si les pourparlers ne commençaient pas jeudi matin. Elle a aussi accusé les Houthis de violer la trêve.

- 'De bonne foi' -

Les rebelles et leurs alliés voudraient notamment obtenir une levée des sanctions imposées contre certains de leurs dirigeants, dont M. Saleh, par le Conseil de sécurité de l'ONU, selon une source proche du dossier.

Mardi, le patron des Nations unies Ban Ki-moon avait demandé que les négociations commencent "sans plus de retard" et exhorté les participants à "dialoguer de bonne foi".

Présent à Koweït, le médiateur de l'ONU a multiplié les contacts avec les protagonistes et des représentants des cinq membres permanents du Conseil de sécurité qui, selon un diplomate occidental, ont adressé mardi un message aux rebelles les exhortant à dépêcher leurs délégués à Koweït.

Sur le terrain, les combats se poursuivent par intermittence sur certaines lignes de front après avoir tué ces dernières 24 heures 16 rebelles et 3 soldats au nord-est de Sanaa, selon un officier loyaliste.

Alors que toutes les précédentes tentatives de trêve et de pourparlers au Yémen -le dernier round de discussions a eu lieu en décembre en Suisse- ont échoué, la situation dans ce pays doit être évoquée jeudi à Ryad lors d'un sommet des dirigeants des six monarchies du Golfe avec le président américain Barack Obama.

Depuis mars 2015, la guerre au Yémen a fait 6.400 morts, pour moitié des civils, et plus de 30.500 blessés, selon l'ONU. Le conflit s'est aggravé avec l'implication croissante de groupes jihadistes comme Al-Qaïda et l'organisation Etat islamique.

(Avec AFP)

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