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Yaoundé acceuille une réunion d’experts sur la saisie de terres en Afrique


Les communautés locales se sentent souvent lésées par l'accaparement des terres

Les communautés locales se sentent souvent lésées par l'accaparement des terres

A Yaoundé au Cameroun, réunion d’experts sur la saisie de terres en Afrique. A l’occasion de ce '' Dialogue régional de Yaoundé '', les experts ont fait valoir que les gouvernements africains se dessaisissent de vastes étendues de terres, tout en tardant à reconnaître les droits fonciers des populations locales et des communautés autochtones.

Dans deux études, l’ONG Initiative des droits et ressources (RRI) fait valoir que certains ministères africains choisissent d’offrir les ressources naturelles aux sociétés agricoles et minières alors que d’autres tentent de protéger les droits de leurs citoyens.

« La situation que vivent les communautés au Cameroun est exactement pareille à celle que l’on voit dans d’autres pays avoisinants », affirme Samuel Nguiffo, secrétaire général du Centre pour le développement et l’environnement du Cameroun.

« Ce qui apparait très clairement c’est que dans la plupart des pays d’Afrique centrale et de l’ouest, les populations n’ont pas de droits sur la terre » poursuit-il. « L’Etat ne leur reconnait que des droits d’usage de la terre et pas des droits de propriété de la terre. Donc, l’Etat ne juge pas nécessaire de les consulter quand il attribue des concessions foncières à des compagnies étrangères. Parce que l’Etat estime que n’étant pas propriétaires, elles n’ont pas besoin d’être consultées ».

Toujours selon le secrétaire général du Centre pour le développement et l’environnement du Cameroun, l’Etat profite d’une situation « dans laquelle il y a une dualité de droit ». Il y a « un droit écrit, qui est le droit de l’Etat, qui ne reconnait pas la propriété coutumière sur les terres. Et il y a un droit coutumier qui estime que les communautés sont propriétaires de la terre. Le droit de l’Etat est considéré comme étant un droit supérieur » poursuit M. Nguiffo.

« C’est pour cela que l’Etat s’estime parfois propriétaire de la terre, parfois gestionnaire principal ou exclusif et à ce titre, attribue des droits de très longue durée, des droits très étendus à des compagnies de multinationales étrangères au détriment des communautés » ajoute-t-il.
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