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Yahya Jammeh accuse le Sénégal d’avoir fermé la frontière, causant le blocus


Le président gambien Yahya Jammeh arrive à la 48e session des chefs d'état et de gouvernement de la Cedeao à Abuja, Nigeria, 16 décembre 2015.

Le président gambien Yahya Jammeh arrive à la 48e session des chefs d'état et de gouvernement de la Cedeao à Abuja, Nigeria, 16 décembre 2015.

Les propos virulents du président gambien, qui accuse le Sénégal d'être le seul responsable du blocus frontalier qui paralyse les deux pays depuis trois mois, auguraient de négociations difficiles dimanche à Dakar entre les deux Etats.

La ministre gambienne des Affaires étrangères Neneh McDouall-Geye rencontrait dimanche son homologue sénégalais, Mankeur Ndiaye pour tenter de trouver une solution au blocus mis en place par les transporteurs sénégalais depuis la mi-février.

Ces derniers bloquent la frontière avec la Gambie, un petit pays enclavé dans le Sénégal, afin d'obtenir de meilleures conditions pour traverser ce territoire.

Le différend est né, début février, de la multiplication par cent du droit d'entrée infligée par la Gambie aux camions qui traversent son territoire. Malgré un revirement des autorités gambiennes, revenues aux droits de douane initiaux, les transporteurs sénégalais maintiennent leur blocus transfrontalier dans l'attente de conditions encore plus favorables.

La semaine dernière, des syndicats de transporteurs sénégalais ont indiqué à l'AFP qu'ils ne lèveraient pas ce blocus tant qu'ils n'obtiendraient pas l'ouverture en permanence de la frontière, fermée chaque jour de 19H00 à 07H00, et des progrès significatifs dans le projet de construction d'un pont qui enjamberait le fleuve Gambie, le long duquel serpente le territoire éponyme. Ce pont éviterait aux Sénégalais un détour de plusieurs centaines de kilomètres pour rejoindre la Casamance.

"Je n'ai pas l'intention de régler ce problème, puisque de notre côté, la frontière est ouverte", a décrété Yayah Jammeh dans une allocution télévisée samedi depuis Banjul, où il accueillait le président guinéen Alpha Condé, venu en médiateur à la veille de l'ouverture des négociations à Dakar.

"Ce sont eux qui ont fermé la frontière, et je ne négocierai pas avec ceux qui ferment la frontière", a-t-il martelé.

Selon la Communauté économique des pays d'Afrique de l'ouest (Cédéao), qui se pose en médiateur, ce blocus provoque des deux côtés de la frontière des pénuries de produits de première nécessité.

"Si le peuple sénégalais souffre de pénuries, ils (les Sénégalais) ne peuvent s'en prendre qu'à leur gouvernement, pas à moi, puisque ce sont eux qui ont fermé la frontière. La vérité, c'est que les gens souffrent", a poursuivi Yahya Jammeh, alors que des rapports indiquent également que la capitale gambienne est effectivement touchée par ce blocus.

De son côté à Dakar, la ministre gambienne des Affaires étrangères a déclaré à la presse qu'elle souhaitait trouver "une solution durable aux problèmes qui nous concernent".

Son homologue sénégalais Mankeur Ndiaye a abondé en son sens, appelant à "construire des relations toujours plus solides et toujours plus stables".

Selon lui, "des échanges francs sur l'ensemble des questions posées" sont nécessaires, dont celle toujours repoussée de la construction du pont sur le fleuve Gambie.

Avec AFP

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