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Xi Jinping au Zimbabwe


Le president chinois Xi Jinping à son arrivée à l’aéroport de Harare, 1er décembre 2015.

Le president chinois Xi Jinping à son arrivée à l’aéroport de Harare, 1er décembre 2015.

Le président chinois est en visite dans ce pays souvent boudé par les leaders mondiaux

Le président chinois Xi Jinping est arrivé au Zimbabwe pour deux jours dans ce qui constitue l'une des rares visite officielles d'un chef d'Etat dans ce pays régulièrement ciblé par l'Occident pour ses violations des droits de l'Homme.

Xi Jinping a été accueilli à l'aéroport par son homologue zimbabwéen, Robert Mugabe, 91 ans, au pouvoir depuis l'indépendance en 1980 et par des centaines d'enfants qui agitaient des petits drapeaux des deux pays le long des routes de la capitale, Harare.

Il s'agit de la première visite d'un président chinois au Zimbabwe depuis 1996 et de la personnalité la plus importante depuis de nombreuses années, un coup diplomatique pour Robert Mugabe qui entretient de bonnes relations avec la Chine depuis l'indépendance de son pays.

M. Mugabe qui est régulièrement accusé d'enfreindre les droits de l'Homme en menant une répression féroce contre ses opposants a remporté le prix Confucius de la Paix au mois d'octobre, l'alternative chinoise au prix Nobel.

Avant de participer à un banquet d'Etat, les deux présidents doivent se rencontrer pour évoquer notamment les futurs investissements de la Chine. Les projets chinois ont constitué un des principaux piliers d'une économie malmenée ces quinze dernières années par les décisions du président Robert Mugabe, comme la réforme agraire qui a brisé un secteur-clé de l'économie du pays.

"Nous avons déjà plus de 100 entreprises chinoises qui ont investi au Zimbabwe et il y a beaucoup d'intérêt dans tous les secteurs de l'économie de la part des investisseurs chinois" a indiqué mardi le ministre zimbabwéen des Finances Patrick Chinamasa.

"Cette visite donne des garanties aux investisseurs chinois sur le fait que le Zimbabwe est une destination sûre pour leurs investissements" a-t-il ajouté.

La Chine demeure le principal importateur de tabac zimbabwéen et, comme dans de nombreux pays africains, elle a investi dans les secteurs miniers, manufacturiers et dans des projets d'infrastructures.

C'est elle qui a construit le Stade National d'Harare dans les années 80 mais aussi le plus grand centre commercial du pays et des hôpitaux. Elle a également prêté de l'argent au Zimbabwe pour la construction de centrales électriques et de réseaux de distribution d'eau.

"Des accords vont être signés, particulièrement dans les secteurs agricoles, du transport et des infrastructures", a affirmé Joey Bimha, secrétaire d'Etat auprès du ministère zimbabwéen des Affaires étrangères, dans une interview au Herald, le quotidien pro-gouvernemental.

"De nombreux chefs d'entreprises chinois vont rencontrer des hommes d'affaires locaux et cela va conduire à davantage d'investissements chinois, à plus de coentreprises et plus de bénéfices économiques pour le Zimbabwe" a-t-il ajouté.

Mais les déboires économiques du Zimbabwe dont l'inflation a atteint le chiffre démesuré de 500 milliards pour-cent en 2009, avant que le dollar zimbabwéen ne soit remplacé par le dollar américain comme monnaie officielle, ne devraient pas être résolus par quelques nouveaux investissement chinois, selon certains experts.

"Cela ne va pas changer l'avenir à court terme de notre économie", estime Anthony Hawkins, économiste à l'école de commerce de l'université du Zimbabwe, interrogé par l'AFP.

"Considérant ce qu'il s'est passé avec les accords économiques précédents, nous sommes sceptiques face aux promesses de méga-projets. Nous avons eu de nombreuses promesses chinoises par le passé, mais peu d'améliorations se sont réellement produites", ajoute t-il.

"Cette visite soi-disant historique est en réalité un exercice de communication qui ne produira aucun bénéfice tangible à l'économie chancelante du Zimbabwe", pronostique pour sa part le Mouvement pour le Changement Démocratique (MDC), principal parti d'opposition, dans un communiqué.

Après le Zimbabwe, Xi Jinping se rendra mercredi à Johannesburg où il rencontrera le président Jacob Zuma puis participera vendredi et samedi aux côtés des chefs d'Etat de tout le continent africain au sixième forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC).

Ce sommet se tient alors que les investissements chinois en Afrique ont chuté de 40% au premier semestre 2015, après une forte baisse de la demande en matières premières chez le géant asiatique.

Avec AFP

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