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Woodward dépeint une administration américaine déchirée sur le conflit afghan


Les membres du cabinet auraient passé les 20 derniers mois à se disputer sur la politique à suivre en Afghanistan

Les membres du cabinet auraient passé les 20 derniers mois à se disputer sur la politique à suivre en Afghanistan

Les médias américains ont publié ce mercredi des extraits du nouveau livre du journaliste Bob Woodward, « Obama’s Wars », (Les Guerres d’Obama), qui fait état de divergences d’opinion profondes au sein de l’administration sur la stratégie militaire des États-Unis en Afghanistan.

Le nouveau livre du journaliste Bob Woodward, « Obama’s Wars », (Les Guerres d’Obama), fait état de divergences d’opinion au sein de l’administration sur la stratégie militaire des États-Unis en Afghanistan.

Ce 16ème ouvrage du journaliste vedette du Washington Post Bob Woodward repose sur des documents secrets, ainsi que d’innombrables interviews avec divers membres de l’administration. Il révèle que les divisions au sein de l’équipe d’Obama étaient beaucoup plus profondes qu’on ne le croyait, signalent le Washington Post et le New York Times, qui publiaient ce mercredi des extraits de l’ouvrage. Les membres du cabinet auraient passé pratiquement les 20 derniers mois à se disputer.

Woodward, célèbre pour avoir dévoilé l’ampleur du scandale du Watergate dans les années 1970, affirme que l’envoyé spécial des États-Unis pour l’Afghanistan et le Pakistan, Richard Holbrooke, aurait déclaré que la stratégie préconisée par le Pentagone « ne pouvait pas marcher ».

Même son de cloche du côté du vice-président Joseph « Joe » Biden, qui doutait des chances de succès de l’escalade proposée par le général Stanley McChrystal, ce dernier souhaitant qu’on triple le nombre de troupes en Afghanistan.

Selon Woodward, le président Barack Obama aurait estimé qu’il ne disposait pas plus de deux ans pour démontrer au public américain l’efficacité de sa stratégie en Afghanistan. Soucieux d’éviter une escalade des combats, il aurait plaidé lors d’une réunion avec son cabinet : « Je veux une stratégie de sortie ».

L’ouvrage confirme l’animosité entre certains membres de l’administration. Le vice-président Biden aurait qualifié M. Holbrooke de « salopard le plus égocentrique que j’ai jamais rencontré ». Le général David Petraeus, chef des forces internationales en Afghanistan, aurait confié à un collaborateur qu’il n’aimait pas parler avec le conseiller David Axelrod, ne voyant en lui qu’un « spin doctor », un spécialiste en marketing politique incorrigible. Quant au secrétaire à la Défense Robert Gates, il redoutait que le général James Jones, conseiller de la Maison-Blanche pour la sécurité nationale, soit remplacé par son collaborateur Thomas Donilon, ce qui, de l’avis de Gates, aurait été un « vrai désastre ».

Woodward confirme par ailleurs que les services secrets américains, la CIA, ont déployé une armée secrète d’environ 3 000 soldats en Afghanistan. Il s’agit en majorité d’Afghans dont la mission est de capturer ou de tuer des talibans et de s’assurer des appuis dans les zones tribales. Le journaliste révèle également que selon les services de renseignement américains, il semblerait que le président afghan Hamid Karzaï se soigne pour un syndrome maniaco-dépressif.

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