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Washington s’inquiète de l’incertitude de l’engagement de Kinshasa à tenir les élections avant fin 2017


Le président Joseph Kabila, 5 avril 2017.

Les Etats-Unis font part de leur inquiétude quant à l’engagement du gouvernement de Kinshasa à mettre en œuvre l’accord du 31 décembre et à organiser des élections d’ici la fin de 2017.

Dans une déclaration sur la nomination d’un nouveau Premier ministre congolais, Washington estime que "la mise en œuvre complète et rapide par le gouvernement de la RDC de l’accord conformément à la résolution 2348 du Conseil de sécurité de l’ONU est essentielle pour assurer le premier transfert démocratique et pacifique du pouvoir en République démocratique du Congo (RDC) ".

"Il est également essentiel de veiller à ce que le désir des Congolais de voter au cours d’élections libres et équitables soit respecté. Malheureusement, l’incertitude quant à l’engagement du gouvernement à mettre en œuvre l’accord et à organiser des élections d’ici la fin de 2017 crée une incertitude inquiétante dans toute la RDC", précise le texte.

Le président Joseph Kabila a nommé vendredi dernier au poste de Premier ministre, l’opposant Bruno Tshibala, issu du parti-phare de l’opposition, l’UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social), et du Rassemblement, principale plate-forme de l’opposition.

Sa nomination est rejetée par une faction de l’opposition et du parti, dirigée par Félix Tshisekedi, fils de l’opposant historique Etienne Tshisekedi décédé le 1er février à Bruxelles et qui n’est toujours pas enterré en raison des querelles en avec le pouvoir. Cette faction a exclu M. Tshibala quelques jours avant sa nomination pour ses déclarations contre une restructuration qui a placé Félix Tshisekedi à la tête de la coalition.

Le Rassemblement et l’UDPS sont divisés depuis le décès de l’opposant Tshisekedi. M. Tshibala, secrétaire général adjoint et porte-parole du Rassemblement, conteste, avec un groupe d’autres opposants, la restructuration qui a conduit à la désignation de Félix Tshisekedi comme président du Rassemblement (poste récemment créé) et de Pierre Lumbi comme président du comité des sages (poste qu’occupait Etienne Tshisekedi et qui pouvait donner accès à la direction du Conseil national de suivi de la transition, CNSA).

M. Tshiabala est donc de l’autre branche du Rassemblement qui a à sa tête Joseph Olenghankoy.

Dans sa déclaration, Washington encourage les dirigeants de la coalition du Rassemblement de l’opposition à travailler avec le Conseil des évêques catholiques et d’autres signataires de l’accord du 31 décembre vers l’objectif des élections et un transfert pacifique et démocratique du pouvoir.

Mais les évêques qui assuraient la médiation du dialogue qui a conduit à la signature d’un accord le 31 décembre dernier, ont rendu le tablier sur un constat d’impasse sur le mode de désignation du Premier ministre et du président de la CNSA.

Le président Kabila a organisé en début de la semaine dernière des consultations, sur base des recommandations des évêques en vue de désigner le Chef du gouvernement.

"Les États-Unis exhortent à la fois le gouvernement de la RDC et les dirigeants de l’opposition politique à s’abstenir de toute déclaration ou action susceptible d’inciter à la violence. Les États-Unis restent prêts à imposer des restrictions aux individus – qu’ils soient du gouvernement ou de l’opposition – qui sapent les institutions démocratiques de la RDC", prévient la déclaration américaine.

La branche du Rassemblement conduite par Félix Tshisekedi, derrière laquelle se place Moïse Katumbi, ancien gouverneur de l’ex-Katanga et candidat déclaré à la prochaine présidentielle, appelle à des manifestations de rue.

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