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Violences intercommunautaires dans le centre du Mali: 37 arrestations


Au total 37 personnes ont été arrêtées cette semaine dans la région de Mopti (centre du Mali) pour leur implication présumée dans les récentes violences intercommunautaires qui y ont coûté la vie à une trentaine de civils, a appris l'AFP jeudi auprès de sources de sécurité maliennes.

"Mercredi, 15 personnes et jeudi 22 personnes soupçonnées d'avoir attisé les violences intercommunautaires ont été arrêtées dans deux villages" de la région, puis "transférées à Mopti", le chef-lieu de région, a affirmé un responsable local de la police.

Elles seront présentées prochainement à la justice, a-t-il ajouté, sans plus de détails.

Les arrestations ont également été rapportées par une source de sécurité malienne parmi les enquêteurs.

Selon cette source, certains des suspects sont directement liés aux tueries. "Ils ont pris des armes contre d'autres civils, d'autres ont indiqué (désigné) des gens à attaquer", a-t-elle dit.

Des flambées de violences sont enregistrées depuis avril dans plusieurs zones de la région de Mopti, opposant des Bambaras, ethnie majoritaire du pays, en majorité agriculteurs, à des Peuls, traditionnellement éleveurs. Elles ont fait une trentaine de civils tués, d'après une association de Peuls.

Selon un responsable de la région de Mopti, ces violences ont également poussé de nombreux civils peuls à fuir les lieux des affrontements. Une mission officielle s'y est rendue la semaine dernière afin de calmer les tensions, mais sur le terrain, l'apaisement demeurait précaire jeudi, a-t-on indiqué à l'AFP de source policière.

La semaine dernière, une source de sécurité avait attribué les tensions entre les deux communautés au fait que "malheureusement, dès qu'on voit un Peul, on pense qu'il est djihadiste", en raison de la présence dans la région du Front de libération du Macina (FLM).

Le FLM, apparu début 2015 et dirigé par le prédicateur radical peul malien Amadou Koufa, est allié au groupe djihadiste du nord du Mali Ansar Dine et recrute essentiellement dans sa communauté, selon des spécialistes.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda. Les djihadistes ont été en grande partie chassés par une intervention militaire internationale, lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, et qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères. Longtemps concentrées dans le nord, les attaques djihadistes se sont étendues à partir de 2015 vers le centre, puis vers le sud du pays.


Avec AFP

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