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Violences électorales au Gabon : des précédents en Afrique


La police de prend le contrôle d'une rue bloquée par une barricade en feu, dans le quartier Cocotiers de Libreville, au Gabon, 15 août 2012 (Archives). (AP Photo / Joel Bouopda Tatou)

La police de prend le contrôle d'une rue bloquée par une barricade en feu, dans le quartier Cocotiers de Libreville, au Gabon, 15 août 2012 (Archives). (AP Photo / Joel Bouopda Tatou)

A l'instar de l'élection présidentielle au Gabon, de nombreux scrutins ont été contestés et accompagnés de violences meurtrières en Afrique, même si certains pays ont connu des alternances réussies.

- Kenya -

Après un vote pacifique le 27 décembre 2007, le Kenya s'est embrasé à l'annonce de la réélection du président Mwai Kibaki, contestée par le camp de son adversaire Raila Odinga, que les sondages donnaient gagnant.

Des émeutes ont éclaté dans plusieurs bidonvilles de Nairobi et dans les grandes villes de l'Ouest, fiefs de M. Odinga. Les violences politico-ethniques ont fait quelque 1.300 morts et plus de 600.000 déplacés, selon des documents de la Cour pénale internationale.

En 1992 et 1997, les deux scrutins avaient été marqués par des violences. En 1992, des centaines de personnes avaient été tuées dans la vallée du Rift (ouest) dans des violences interethniques.

- Zimbabwe -

Après la victoire de l'opposition aux élections générales de 2008, les partisans de Morgan Tsvangirai ont été la cible d'une vague de violences (180 morts, selon Amnesty International). Tsvangirai s'est retiré avant le second tour de la présidentielle et son rival, Robert Mugabe, a été réélu lors d'un scrutin qualifié de "farce".

En mars 2002, la présidentielle, remportée par Mugabe, avait aussi été marquée par des violences.

- Nigeria -

Des émeutes ont suivi la présidentielle d'avril 2011, faisant plus de 800 morts dans le Nord (HRW). Les violences ont éclaté après l'annonce de la victoire du sortant Goodluck Jonathan, un chrétien originaire du Sud, sur son rival, Muhammadu Buhari, un musulman du Nord.

En avril 2007, les élections avaient aussi été marquées, selon l'opposition et les observateurs, par des fraudes et des violences. Au moins 39 morts selon le bilan officiel, au moins 200 selon l'Union européenne.

- Côte d'Ivoire -

Le pays a connu une crise née du refus de Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite à la présidentielle de fin 2010 en faveur d'Alassane Ouattara. Arrêté en avril 2011, après deux semaines de guerre et quatre mois de crise, Gbagbo a été incarcéré à La Haye où il est jugé par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l'humanité. La crise post-électorale a fait quelque 3.000 morts.

En 2000, à l'issue d'une élection controversée dont avait été exclu Ouattara, Robert Gueï s'était proclamé vainqueur après avoir fait arrêter le décompte des voix. Gbagbo s'était alors proclamé vainqueur et avait appelé ses partisans à descendre dans la rue. Le général Gueï est renversé par un mouvement populaire et Gbagbo investi après des violences.

- République démocratique du Congo -

Fin 2011, les élections présidentielle et législatives, organisées de façon chaotique et entachées de nombreuses irrégularités, ont été précédées et suivies de violences.

Un rapport de l'ONU, dénoncé par Kinshasa, a fait état d'une trentaine de morts. Il accusait les forces de défense et de sécurité de RDC de "graves violations" des droits de l'Homme.

Le chef de l'Etat sortant Joseph Kabila a été officiellement réélu, mais l'opposant Etienne Tshisekedi, classé deuxième de la présidentielle, a rejeté ces résultats.

Le pays traverse depuis une crise profonde.

- Togo -

Lors de la présidentielle de 2005, à la suite du décès de Gnassingbé Eyadéma, des violences ont ensanglanté le pays après l'annonce de la victoire de l'un de ses fils, Faure Gnassingbé. Elles ont fait 400 à 500 morts et des milliers de blessés, selon l'ONU.

- Madagascar -

En 2001-2002, une crise politique, marquée par des manifestations, a paralysé le pays. Didier Ratsiraka a contesté la victoire de son rival, Marc Ravalomanana, au premier tour de la présidentielle de fin 2001, et répondu à l'autoproclamation de son rival par une confrontation qui a dégénéré en affrontements faisant plusieurs dizaines de morts.

- Gabon -

Déjà en 2009, la proclamation de la victoire d'Ali Bongo, fils du défunt Omar Bongo, à la présidentielle avait été contestée par l'opposition et suivie de trois jours d'émeutes notamment à Port-Gentil. Les violences avaient fait officiellement trois morts, au moins 15 selon l'opposition.

Avec AFP

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