Liens d'accessibilité

Violences intercommunautaires : le gouvernement envoie une mission dans le centre du Mali


Le président Ibrahim Boubacar Keïta du Mali, lors de presse, à Bamako, 21 novembre 2015. (REUTERS/Joe Penney)

Le président Ibrahim Boubacar Keïta du Mali, lors de presse, à Bamako, 21 novembre 2015. (REUTERS/Joe Penney)

Une délégation du gouvernement est retournée samedi au centre du Mali pour réconcilier les Bambaras et les Peuls après les récents affrontements intercommunautaires qui ont causé la mort d’une trentaine de personnes, indiquent des membres du gouvernement.

La mission officielle s’y était déjà rendue vendredi pour les esprits surchauffés.

Une mission officielle revenue vendredi du centre du Mali où une trentaine de civils ont été tués au cours de récentes violences intercommunautaires, y est retournée samedi afin de calmer les tensions, a appris l'AFP auprès de la délégation.

Ces violences, dans la région de Mopti, opposent des Bambaras, la principale ethnie du pays, en majorité agriculteurs, à des Peuls, traditionnellement éleveurs.

"Nous sommes revenus vendredi des localités de Dioura et Malimana, où une trentaine de civils ont été tués au cours de violences intercommunautaires entre Bambaras et Peuls", a expliqué à l'AFP Abdoul Aziz Diallo, président de "Tabital Pulaaku Mali", principale association de cette communauté au Mali.

"Nous sommes encore en route ce samedi pour la même région", a ajouté M. Diallo. "Sur place, la tension est toujours vive, même s'il n'y a pas de nouveaux combats", a-t-il indiqué.

Des élus, ainsi que les ministres de la Solidarité, de l'Action humanitaire et de la Reconstruction du Nord, Hamadou Konaté, de la Décentralisation et de la Réforme de l'Etat, Mohamed Ag Erlaf, et de la Réconciliation nationale, Ould Sidi Mohamed, font partie de cette délégation officielle.

"Nous repartons cette fois-ci pour faire s'asseoir, en vue de discussions de paix, les responsables de la communauté peule et ceux de la communauté bambara", a précisé à l'AFP un membre de l'entourage d'un des ministres.

"Les Bambaras accusent les Peuls d'être des jihadistes, alors que les Peuls accusent les Bambaras armés par l'Etat pour faire la guerre aux jihadistes peuls, de faire l'amalgame et de s'attaquer à tous les Peuls", a résumé cette même source, soulignant que "l'Etat a démenti avoir fourni des armes aux Bambaras".

Cette source faisait référence à la présence dans la région du Front de libération du Macina (FLM), apparu début 2015 et dirigé par le prédicateur radical peul malien Amadou Koufa, qui recrute essentiellement dans sa communauté.

Selon un responsable de la région de Mopti, de nombreux civils peuls ont fui les lieux des affrontements de ces derniers jours.

La Mission de l'ONU au Mali (Minusma) a annoncé jeudi l'envoi prochain sur place d'une équipe "composée d'experts des droits de l'Homme et des Affaires civiles", afin d'enquêter sur ces violences.

De son côté, l'organisation Human Rights Watch (HRW) a appelé jeudi les autorités maliennes à intervenir d'urgence, précisant que selon de premières informations, au moins 20 Peuls "ont été tués par des hommes décrits comme membres de la communauté bambara", armés de Kalachnikov et de fusils de chasse, "lors d'au moins quatre attaques séparées menées le 30 avril, le 1er mai et le 2 mai".

Avec AFP

XS
SM
MD
LG