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USA : la présidente de la Fed s'inquiète des conséquences d'un Brexit


Janet Yellen, présidente de la FED, la banque centrale américaine le 16 mars 2016.

Janet Yellen, présidente de la FED, la banque centrale américaine le 16 mars 2016.

La présidente de la banque centrale américaine (Fed) Janet Yellen a adopté un ton très prudent mardi sur la politique monétaire, expliquant qu'une victoire du Brexit risquerait d'avoir des "répercussions économiques importantes" et qu'une "incertitude considérable" planait sur l'économie mondiale.

Les conséquences d'une sortie du Royaume-Uni de l'UE sont "difficiles à prévoir", a affirmé Mme Yellen lors de son audition bi-annuelle devant une commission du Congrès.

Un vote en faveur du Brexit pourrait initier "une période de volatilité sur les marchés financiers qui pourrait avoir un impact négatif sur les conditions financières et sur les perspectives économiques américaines", a-t-elle averti.

Les Britanniques se prononcent jeudi par référendum sur la sortie ou le maintien de leur pays dans l'UE.

Mme Yellen s'inquiète notamment des changements abrupts chez les investisseurs que peut provoquer le référendum britannique, dans un environnement économique international où déjà la croissance est "léthargique", l'inflation basse et les politiques monétaires "très accommodantes".

Elle a cité par exemple la crainte de mouvements de capitaux vers "la sécurité", ce qui pourrait "pousser le dollar" à la hausse.

"Pour toutes ces raisons, le Comité monétaire surveille étroitement les développements économiques et financiers internationaux", a-t-elle affirmé.

Globalement, "des vulnérabilités demeurent" à l'international, a ajouté la patronne de la banque centrale. Elle a estimé que si les craintes sur un ralentissement chinois s'étaient un peu dissipées, Pékin "continue de faire face à des défis considérables pour rééquilibrer son économie".

Sur le front intérieur, le marché de l'emploi américain a marqué "un ralentissement de sa croissance", après des créations d'emplois décevantes en mai, et la croissance ces récents trimestres "a été irrégulière".

Mme Yellen a souligné notamment qu'il était particulièrement "troublant" que le chômage touche davantage les minorités, en particulier les Noirs et les Hispaniques.

- Yellen 'pas pressée' sur les taux -

Dans ces conditions, Mme Yellen a préconisé une "démarche prudente" avant de relever les taux d'intérêt aux Etats-Unis, qui va permettre aux Etats-Unis "de conserver un soutien monétaire à la croissance économique pendant que nous évaluons si cette croissance va revenir à un rythme modéré".

La semaine dernière, le Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) a décidé à nouveau de laisser les taux d'intérêt inchangés face à "l'évolution irrégulière" de l'activité et au spectre d'un Brexit qui pourrait provoquer des remous sur les marchés.

"Nous allons observer de près le marché de l'emploi pour voir si le ralentissement récent est provisoire, comme nous le pensons", a-t-elle affirmé.

Mme Yellen s'est, malgré tout, dite "optimiste" sur l'amélioration du marché du travail et l'évolution de l'inflation vers l'objectif de 2% de la Fed, "dans les années qui viennent".

Le Comité de politique monétaire prévoit toujours "une hausse graduelle des taux" si l'économie prospère, a-t-elle assuré rappelant que cette instance s'attendait à des taux en dessous de 1% cette année (entre 0,25% et 0,50% actuellement) et en dessous de 2% l'année prochaine, cette dernière prévision ayant été révisée en baisse.

Interrogée sur la possibilité pour la Fed d'avoir légalement recours à des taux négatifs à l'instar de ses consoeurs en Europe ou au Japon, Mme Yellen a répété que ce n'était "pas quelque chose qui était envisagé" pour l'instant.

Pour Jim O'Sullivan, économiste en chef chez HFE, "la présidente de la Fed ne se montre guère pressée de relever à nouveau les taux" à la suite d'une première hausse il y a six mois, après sept ans de politique monétaire à taux zéro.

"Vu ce ton ultra prudent, un resserrement du crédit en juillet apparaît très improbable même en cas de solides chiffres de l'emploi en juin", selon lui.

Avec AFP

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